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Full text of "Bulletin de la Société des anciens textes français"

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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 

DES 

ANCIENS TEXTES 

FRANÇAIS 


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Le Puy, imprimerie de Marchessou fils, boulevard Saint-Laurent, 2 3 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 


DES 

ANCIENS TEXTES 

FRANÇAIS 

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QUATRIÈME ANNÉE H 



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PARIS 

LIBRAIRIE FIRMIN-DIDOT ET C i0 
56 , RUF. JACOB, 56 

1878 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 


DES 

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


STATUTS 


Article premier. 

La Société des anciens textes français a pour but de 
publier des documents de toute nature rédigés au moyen 
âge en langue d’oïl ou en langue d’oc. 

Art. 2. 

Le siège de la Société est à Paris. 

Art. 3. 

Est membre de la Société, après avis du Conseil, 
toute personne qui aura déclaré adhérer aux présents 
statuts. 


Art. 4. 

Indépendamment des cotisations, tout membre, au 
moment de son admission, acquitte un droit d’entrée 
de dix francs. Les trois cents premiers adhérents sont 
dispensés de ce droit. 


Art. 5. 

La Société comprend des membres fondateurs, des 

BULLETIN, I.— 1878 I 

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2 


membres perpétuels et des membres ordinaires. Les 
membres fondateurs payent une somme de cinq cents 
francs une fois pour toutes ; ils reçoivent leur vie du¬ 
rant les publications de la Société tirées sur papier 
Whatman. Les membres perpétuels payent une somme 
de deux cent cinquante francs une fois pour toutes ; ils 
reçoivent leur vie durant les publications de la So¬ 
ciété tirées sur papier ordinaire. Les membres ordi¬ 
naires payent chaque année une cotisation de vingt- 
cinq francs, et reçoivent pour cette année les publica¬ 
tions de la Société tirées sur papier ordinaire. En 
payant cinquante francs, ils les reçoivent tirées sur pa¬ 
pier Whatman. 

Art. 6. 

Les bibliothèques publiques, les personnes civiles, les 
maisons de commerce, ne peuvent faire partie de la 
Société qu’à titre de membres ordinaires. 

Art. 7. 

Les sommes provenant du droit d’entrée, des coti¬ 
sations des membres fondateurs ou perpétuels, et des 
dons qui pourront être faits à la Société, sont capi¬ 
talisées. 

Art. 8. 

La Société tient tous les ans une assemblée générale 
où on élit le Bureau et le Conseil. Tous les membres 
ont le même droit de suffrage. Les élections ont lieu 
à la pluralité des voix des membres présents. Tous les 
membres du Bureau et du Conseil sont indéfiniment 
rééligibles, à l'exception du président, qui ne peut être 
réélu à la présidence qu’après le délai d’un an. 

Art. 9. 

Le Bureau de la Société se compose d’un président, 


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— 3 — 

de deux vice-présidents, d’un administrateur, d’un tré¬ 
sorier, d’un trésorier adjoint, d'un secrétaire et d’un 
secrétaire adjoint. 

Art. io. 

Le Conseil se compose de quinze membres, auxquels le 
Bureau est adjoint de droit. 

Art. ii. 

Le Conseil se réunit tous les mois. Tout membre de 
la Société peut assister aux séances. Le compte rendu de 
l’Assemblée générale et des séances du Conseil sera 
publié. 

Art. 12. 

Le règlement de la Société, préparé par le Conseil et 
voté par la Société, détermine les attributions du Bureau 
et du Conseil, le mode de publication des textes, les 
rapports de la Société avec ses imprimeurs, son éditeur 
et les libraires, etc. Il ne pourra être modifié que par 
un vote de l’Assemblée générale émis sur la proposition 
du Conseil. Pour cette proposition et pour ce vote, la 
majorité absolue des membres présents est de rigueur. 

Art. i3. 

L’Assemblée générale entend chaque année un exposé 
de la situation de la Société par le président, le rapport 
du secrétaire sur l’état des publications et le rapport du 
trésorier sur les comptes de l’exercice. 

Art. 14. 

Dans la première séance de janvier, le Conseil nomme 
une commission de comptabilité, à laquelle le trésorier 
soumet ses comptes de l’année précédente. Cette com¬ 
mission fait son rapport au Conseil à la séance suivante. 


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— 4 “ 

Art. i 5. 

En ce qui concerne le Bureau et le Conseil, l’année 
se compte d’une Assemblée générale à l’autre; mais 
l’année administrative et financière de la Société coïn¬ 
cide avec l’année ordinaire. 

Art. 16. 

La première année de la Société part du r r janvier 
1875. 


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— 5 


RÈGLEMENT 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS. 


Des séances . 

Article premier. 

La Société se réunit en assemblée générale le premier jeudi du 
mois de mai. 

Art. 2. 

Le conseil de la Société se réunit le quatrième mercredi de 
chaque mois. 

Du président et des vice-présidents . 

Art. 3 . 

Le président de la Société ou, en son absence, l’un des vice-pré¬ 
sidents ouvre et lève les séances de l’Assemblée générale et du 
Conseil, met aux voix les propositions en discussion et, en cas de 
partage, a voix prépondérante. 

Art. 4. 

Dans toute commission dont il se trouve faire partie, la prési¬ 
dence lui est réservée. 

Art. 5 . 

En cas d’absence du président et des deux vice-présidents, ils 
sont suppléés par un des anciens présidents ou vice-présidents. 

Art. 6. 

Le président convoque d’office et extraordinairement, lorsqu’il le 
juge nécessaire, les diverses commissions, le Conseil et la Société. 
Néanmoins il doit, dans ce dernier cas, prendre l’avis du Conseil. 

Du secrétaire . 

Art. 7. 

Le secrétaire envoie les convocations, rédige les procès-verbaux 


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— 6 — 

des séances, est chargé de la correspondance et conserve les ar¬ 
chives. 

Art. 8. 

Dans chaque séance du Conseil il prépare Tordre du jour, fait 
connaître Tétât d’avancement des publications entreprises, le nom¬ 
bre des feuilles tirées et composées, les manuscrits dont l’impres¬ 
sion est proposée, etc. 

Art. 9. 

11 est chargé de la rédaction du Bulletin que publie la Société. 
Ce Bulletin comprend le résumé des séances et une série de no¬ 
tices. 

De Vadministrateur. 

Art. 10. 

L’administrateur de la Société est spécialement chargé de la re¬ 
présenter dans ses rapports avec ses imprimeurs ainsi qu’avec les 
libraires et relieurs. 

Art. 11. 

Il prépare et soumet au Conseil les projets des traités qui doivent 
être passés avec eux et en surveille l’exécution. 

Art. 12. 

Il vise tous les comptes financiers de la Société avant leur 
payement par le trésorier. 

Art. i 3 . 

Il surveille la conservation, la distribution et la vente des pu¬ 
blications, et à la fin de chaque exercice rend compte au Conseil 
du nombre d’exemplaires restant en magasin. 

Des publications de la Société . 

Art. 14. 

Les ressources de la Société sont entièrement consacrées à la 
publication de volumes auquels ont droit tous les membres de la 
Société. 

Art. i 5 . 

Les publications de la Société se composent pour chaque exer¬ 
cice : i° d’un Bulletin; 2 0 de volumes en nombre indéterminé 


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— 7 — 

Art. i 6. 

Le Conseil désigne les ouvrages à publier et nomme pour chacun 
d'eux un commissaire responsable chargé d'en surveiller l’exécu¬ 
tion. — Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la So¬ 
ciété sans l'autorisation du Conseil, et s’il ne porte le visa du com¬ 
missaire responsable. 

Art. 17. 

Le Bulletin est expédié directement par les soins du libraire à 
tous les membres de la Société, à Paris, en province et à l'étran¬ 
ger. — Les volumes sont remis aux membres de la Société ou à 
leurs correspondants, par le libraire de la Société en échange d’une 
lettre d’avis qui leur est adressée par le secrétaire. 

Art. 18. 

Le prix de vente de chacune des publications de la Société est 
fixé par le Conseil. — Ce prix pourra toujours être augmenté. 

Art. 19. 

Chaque publication de la Société portera la marque de la So¬ 
ciété, le nom de l’éditeur, la date de l’exercice, le nom et l’adresse 
du libraire. 

Art. 20. 

Lorsqu’une publication est acceptée en principe par le Conseil, 
celui-ci nomme, séance tenante, une commission de trois mem¬ 
bres pour examiner le projet de publication et fixer le chiffre du 
tirage. 

Art. ai. 

Cette commission fait son rapport dans la séance suivante, et, en 
cas d’adoption, il est désigné un membre pour remplir les fonctions 
de commissaire responsable. 


Art. 22. 

Les honoraires attribués aux éditeurs sont déterminés par le 
Conseil pour chaque publication. Cette rémunération ne pourra 
être inférieure à 3o fr. pour chaque feuille d'impression. 

Art. 2 3 . 

Les éditeurs auront droit à dix exemplaires, dont un en papier 
Whatman, de chacune de leurs publications. Dans le cas où une 


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— 8 — 


publication aurait plusieurs éditeurs, il sera attribué à chacun d’eux 
un exemplaire en papier Whatman, imputable sur les dix. Le 
commissaire responsable recevra deux exemplaires, dont un en 
papier Whatman. 

Art. 24. 

La Société n’a pas de bibliothèque. 

Du trésorier et de la commission de comptabilité. 

Art. 25 . 

Le trésorier a l’administration des fonds de la Société. Il perçoit 
les cotisations, délivre les quittances, tient le journal de caisse et 
acquitte les dépenses votées en conseil et visées par l’administra¬ 
teur. 

Art. 26. 

Il propose au Conseil les diverses mesures qui lui paraissent 
utiles pour le placement des fonds de la Société. 

Art. 27. 

Il a voix consultative dans la commission de comptabilité. 

Art. 28. 

La commission de comptabilité, nommée dans la première séance 
de l’année, se compose de trois membres. 

Art. 29. 

Elle vérifie les comptes de l’exercice précédent, dresse un projet 
de budget pour l’année qui s’ouvre et le soumet au Conseil dans la 
séance de février. 

Art. 3 o. 

Elle propose, s’il y a lieu, après avoir entendu le trésorier, la 
radiation des membres qui n’ont pas acquitté leurs cotisations. 

Art. 3 1. 

Ses pouvoirs expirent en mars après approbation donnée par le 
Conseil à ses propositions. 


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LISTE DES MEMBRES 


DE LA 

SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 

AU I er MARS 1878 


MEMBRES FONDATEURS 

Bonnardot (François), [44], attaché au bureau des tra¬ 
vaux historiques de la Ville de Paris, rue Perrier, 5, 
au Grand-Montrouge (Seine). 

Bordier (Henri), [4], bibliothécaire honoraire à la Bi¬ 
bliothèque nationale, rue de Rivoli, 182. 

Didot (Alfred), [408], libraire-éditeur, rue de Va- 
renne, 61. 

Laborde (marquis J. de), [1 5 ], archiviste aux Archives 
nationales, rue Murillo, 4. 

Lamarle (A.), [261], ingénieur, rue de Clichy, 91. 

Laurencon (Léon), [208], député des Hautes-Alpes, bou¬ 
levard Saint-Germain, 262. 

Le Pileur (D r Louis), [388], rue Castellane, 12. 

Lowell (J.-R.) [401], Cambridge, Massachusets (États- 
Unis d’Amérique); corresp. la librairie Franck, rue 
de Richelieu, 67. 

Meyer (Paul), [21], professeur au Collège de France, 
chargé du cours de langues romanes à l’École des 
Chartes, rue Raynouard, 39, Passy-Paris (membre 
fondateur et perpétuel). 

Pannier (Léopold). 

Paris (Gaston), [26], membre de l’Institut, professeur 
au Collège de France, directeur à l’École des Hautes- 
Études, rue du Regard, 7 (membre fondateur et 
perpétuel). 


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10 


Queux de Saint-Hilaire (marquis de), [ 3 o], rue Souf- 
flot, i. 

Richard (Ed.), [237], avocat, rue du Faubourg-Saint- 
Honoré, 58 . 

Rœderer (L.), [452], négociant à Reims, corresp. 
MM. Morgand et Fatout, libraires, passage des Pano¬ 
ramas, 55 . 

Rothschild (baron Arthur de), [112], rue du Faubourg- 
Saint-Honoré, 33 . 

Rothschild (baron Edmond de), [n 3 ], rue Laffitte, 19. 

Rothschild (baron James de), [ 3 i], avenue de Friedland, 
38 . 

Schefer (Charles), président de l’École des langues orien¬ 
tales vivantes, rue de Lille, 2. 

Wailly (Natalis de), [2], membre de l’Institut, rue Ray- 
nouard, 3 o, Passy-Paris. 


MEMBRES PERPÉTUELS 

Andoüillé (A.), [171], rue du Cirque, 2. 

André (Édouard), [1 3 1], ancien député, boulevard 
Haussmann, 1 58 . 

Balsan (Ch.), [247], rue de la Baume, 8. 

Baudry (F.), [ 3 ], conservateur à la Bibliothèque Maza- 
rine. 

Bonnefont (L.), [204], professeur au lycée Fontanes, rue 
Joubert, 26. 

Brads»aw (H.), [343], bibliothécaire de l’Université de 
Cambridge, King’s College, Cambridge (Angleterre) ; 
corresp. M. Champion, libraire, quai Malaquais, i 5 . 

Calderon (Th.), [284], place Royale, 9. 

Colmet d’Aage (Gabriel), [118], doyen de la Faculté de 
droit de Paris, place du Panthéon, 10. 


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Cornu (J.), [ 56 ], professeur à l’Université de Prague 
(Autriche); corresp. la librairie Franck, rue Ricne- 
lieu, 67. 

-}- Didot (Ambroise-Firmin). 

Fagniez (Gustave), [345], archiviste aux Archives natio¬ 
nales, rue de la Chaussée-d’Antin, 42. 

Fournié (D r Éd.) [412], rue Louis-le-Grand, 11. 

Furnivall (Fr.-J.), [37], directeur de YEarly Enslish 
Text Society, 3 , St-George’s square, Primrose Hill, 
Londres, N. 

Joret (Charles), [276,] professeur à la Faculté des Let¬ 
tres à Aix; correspondant la librairie Franck, rue 
Richelieu, 67. 

Lallement (J.), [309], rue du Bac, 63 . 

Limminghe (comte de), [486], au château de Grèves, par 
Namur; corr. M. Porquet, libraire, quai Voltaire, 1. 

Lister (J.-L.), [ 355 ], Shibden Hall, Halifax, Angleterre. 

Longnon (Auguste), [17], archiviste aux Archives natio¬ 
nales, rue Jacob, 46. 

Marchessou (Pierre), [410], imprimeur au Puy (Haute- 
Loire). 

Masson (Georges), [89], libraire-éditeur, rue Haute- 
feuille, 10. 

Metman (Étienne), [371], procureur de la République 
à Autun. 

Morel-Fatio (Alfred), [210], employé au département 
des manuscrits de la Bibliothèque nationale, rue de 
Poissy, 8. 

Nicol (H.), [42], 52 , Thornhill-road, Barnsbury, Lon¬ 
dres N. 

Paris (Paulin), [1], membre de l’Institut, rue de l’Uni- 
versité, 82. 

Picot (Émile), [20], vice-consul de France, chargé de 
cours à l’École des langues orientales vivantes, avenue 
de Wagram, 84. 


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12 


Poinsignon (J.), [248], libraire, place de T Hôtel-de-Ville, 
10, au Hâvre. 

Rajna (Pio), [296], via Palermo, 5 , Milan. 

Reuss (Rod.), [184], bibliothécaire de la ville de Stras¬ 
bourg; corresp. MM. Sandoz et Fischbacher, libraires, 
rue de Seine, 33 . 

Ritter (Eug.), [202], professeur à l’Université de 
Genève, à Malagnou (Eaux - vives), près Genève; 
corresp. M. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, 9. 

Rothschild (baron Alphonse de), [m], rue Saint-Flo¬ 
rentin, 2. 

Rothschild (baron Gustave de), [114], rue Laffitte, 23 . 

Smith (Miss Lucy Toulmin), [459], Wood lane, High- 
gate, Londres N. 

Stimming (D r Albert), [ 32 i], Kiel; corresp. la librairie 
Franck, rue Richelieu, 67. 

Süchier (H.), [164], professeur à l’Université de Halle; 
corresp. M. Champion, libraire, quai Malaquais, i 5 . 

Templier (Armand), [384], de la librairie Hachette, bou¬ 
levard Saint-Germain, 77. 

Tobler (Adolf), [60], professeur à l’Université de Berlin, 
65 , Grossbeerenstrasse, Berlin; corresp. M. Cham¬ 
pion, libraire, quai Malaquais, i 5 . 

f Urbain (Fr.), [217]. 

Villemessant (H. de), [307], directeur du Figaro, rue 
Drouot. 

Wahltjndt (C.), [447], à l’Université d’Upsal (Suède). 


MEMBRES ORDINAIRES 1 

Arbois de Jubainville (H. d’), [477], correspondant de 
1 ’ I nstitut, à Troyes (Aube). 

1 . Les membres dont le nom est précédé d’un astérisque sous¬ 
crivent à un exemplaire sur papier Whatman. 


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— i 3 — 


Adert (J.), [68], directeur du Journal de Genève , à 
Genève: correspondant la librairie Franck, rue Ri¬ 
chelieu, 67. 

Amyot (L.), [66], de la librairie Franck, rue Richelieu, 

67- 

Anconà (Aless. d’), [221], professeur à l’Université de 
Pise. 

Armitage (Rev. Fr.), [274], 40, S. Giles, Oxford; cor¬ 
respondant la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Arsenal (Bibliothèque de 1 ’), [116] ; corresp. M. Chos- 
sonnery, libraire, quai des Grands-Augustins, 47. 

* Artaud (Em.), [199], rue de Larochefoucauld, 24. 

Astor library, [ 458 ], New-York; corresp. M. Reinwald, 
libraire, rue des Saints-Pères, i 5 . 

Atkinson (D r ), [192], Clare College Lodge, Cambridge. 

Atkinson (R.), [ 38 ], professeur à l’Université de Dublin; 
corresp. M. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, 9. 

Aubineau (Joseph), [271], rue du Cherche-Midi, 23 . 

Audran (Eug.), [ 385 ], professeur à Bâle, 1 5 , Hirschgasse. 

Aumale (duc d’), [2o5], de l’Académie française, rue du 
Faubourg-Saint-Honoré, 129. 

Aumond (T.-A.), [ 256 ], libraire, boulevard de Strasbourg, 
35 . 

* Auriol (A.), [167], quai de Bosc, à Cette. 

Bailey (H.-F.), [ 335 ], chez M. Dulau, libraire, Lon¬ 
dres; corresp. M. Bossange, rue du Quatre-Septem- 
bre, 16. 

Baillieu (M.-J.), [ 238 ], rue d’Erlanger, 1, à Auteuil. 

Bale, (Bibliothèque de l’Université de), [ 58 ]; corresp. 
la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Barclay [442], 3 o, Queen Road, Bayswater, Londres; 
correspondant M. Borrani, libraire, rue des Saints- 
Pères, 9. 

Barthès et Lowell [269], libraires à Londres; corres¬ 
pondant M. Champion, libraire, quai Malaquais, i 5 . 


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— i4 — 

* Bataille (Édouard-Odon), [92], capitaine d’état-major, 
rue d’Amiens, 46, à Rouen. 

Batilliat, [ 3 16], architecte à Vichy (Allier); correspon¬ 
dants MM. Schulcz et fils, libraires, rue de Seine, 
12. 

Baudet (L.), [440], rue des Archives, 14. 

Beauvoir (marquis de), [ 3 n], rue de Miroménil, i 5 . 

Beauvoir de Priaulx (O.), [334], par M. Dulau, libraire, 
37, Soho square, Londres; correspondant M. Bos- 
sange, rue du Quatre-Septembre, j 6. 

Réhague (comte Octave de), [206], avenue Bosquet, 18. 

Behrend (H.), [142], 5 , Unter den Linden, à Berlin ; 
corresp. M. Champion, libraire, quai Malaquais, i 5 . 

Belfast (Queen’s college, à), [492], correspondant 
M. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, 9. 

Bellanger (l’abbé), [268], professeur à l’Université 
catholique d’Angers; correspondant M. Mulot, li¬ 
braire, rue Saint-Jacques, 120. 

Bêmont (Charles), [298], ancien élève de l’École des 
Chartes, rue du Cardinal-Lemoine, 21. 

Béraldi (Henri), [93], rue Blanche, 68. 

Berger (B.), [291], inspecteur de l’enseignement pri¬ 
maire , boulevard du Montparnasse, io 5 . 

* Bernstein (D r Cari), [483], Berlin; corresp. M. Rein- 
wald, libraire, rue des Saints-Pères, i3. 

'Berthier (comte), [ 338 ], avenue du Roi de Rome, 9. 

Berthelet, [395], à Arlay (Jura). 

Bethmont, (Paul), [266], député, rue Matignon, 14. 

Biblioteca Vittorio-Emmanuele, [456] , au Collège 
Romain, à Rome; corresp. M. Mellier, libraire, rue 
Séguier, 17. 

Blancard, [264], répétiteur à l’École des langues orien¬ 
tales vivantes, rue Bonaparte, 49. 

Blanchemain (Prosp.), [299], au château de Longepont, 
par Saint-Gautier (Indre). 


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— i 5 — 


Bôcher, [252], professeur à l’Université de Boston; cor¬ 
respondant M. Champion, libraire, quai Malaquais, 
i 5 . 

Bodinier (Guillaume), [329J, avocat, rue Saint-Joseph, 2, 
à Angers. 

Bohomoletz (M me ), [286,] boulevard Malesherbes, 142. 

Boldakof (Innocent), [ 85 ], rue Troïtskoï, i 5 , à Saint- 
Pétersbourg ; corresp. M. Loth, rue de Naples, 25 . 

Bonnote (Ferdinand), [117], de la librairie Fontaine, 
rue Jacob, 3 . 

Bormans (S.), [172], rue Rennequin, à Liège. 

Bos (D r Alph.), [154], boulevard de Muy, 45 a, Marseille; 
corresp. M. D. Grand, boulevard Henri IV, 6. 

Bossange, [425], rue du Quatre-Septembre, 16, (3 exem¬ 
plaires.) 

Bossert (A.), [ 3 10], professeur à la faculté des lettres de 
Douai. 

Boston (la bibliothèque publique de), [441]; corresp. 
M. Reinwald, libraire, rue des Saints-Pères, i 5 . 

Boucher (Aug.), [362], boulevard Haussman, 190. 

Boucherie (Anat.), [ 5 ], professeur au lycée de Mont¬ 
pellier. 

Boully (Em.), [317], professeur de rhétorique au collège 
de Verdun (Meuse). 

Bouteiller (E. de), [70], ancien député, rue du Re¬ 
gard, 3 . 

* Bouton (V.), [421], boulevard Saint-Denis, i 5 bis. 

Bréal (Michel), [444], membre de l’Institut, professeur 
au Collège de France, boulevard Saint-Micnel, 63 . 

Brigola (Gaetano), [267], libraire, corso Vittorio-Em- 
manuele, 26, Milan; correspondant M. Lemoigne, li¬ 
braire, rue Bonaparte, 12. 

Caix de Saint-Aymour (Amédée de), [64], directeur du 
Musée archéologique , rue de Milan, 11 bis . 

*Calvet-Rognat (baron Pierre), [399], rue Saint-Ho¬ 
noré, 374. 


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— i6 — 


*Calvet-Rognat (vicomte), [400], rue Saint-Honoré, 
374. 

Cambridge (Bibliothèque de l’Université de), [367]; cor- 
resp. M. Champion, libraire, quai Malaquais, i 5 . 

Carrel, [3o2], quai de l’Est, 92, à Lyon. 

Castonnet-Desfosses, [224], avocat, rue des Saints- Pè¬ 
res, 1. 

Caussade (F. de), [200], bibliothécaire du ministère de 
l’Instruction publique, rue de Laval, 25 . 

Chabaneau (Camille), [95], receveur des postes, à Co¬ 
gnac. 

Champion (H.), [245], libraire, quai Malaquais, i 5 , (4 
exemplaires). 

Chance, [ 35 o], Burleigh House, Sydenham Hill, Lon¬ 
dres; correspondant la librairie Franck, rue Riche¬ 
lieu, 67. 

Charavay (Ét.), [422], libraire, rue de Seine, 5 i. 

Chartres (duc de), [ 3 12], rue Jean Goujon, 35 . 

Chavagnac (Xavier de), [497], place de la Madeleine, 19. 

*Chavane (P.), [328], à la manufacture de Bains en 
Vosges; corresp. M. J. Charnier, rue de Lancry, 42. 

Chazal (L.), [ 233 ], contrôleur de la Banque de France, 
rue Radziwill, 2. 

Chenevières (marquis de), [474], directeur des Beaux- 
Arts, boulevard Saint-Michel, 64. 

Cherrier (Henri), [1 32 ], notaire, rue.Jean-Jacques-Rous¬ 
seau, 47. 

Chilhaud-Dumaine (Alfred), [2^3], ancien élève de l’ɬ 
cole des Chartes, rue Dauphine, 3 o. 

Claudin (A.), [234], libraire, rue Guénégaud, 3 . 

Clemm (Ferd.), [ 253 ], libraire, rue de l’Université, 24, 
à Gand; corresp. M. Lemoigne, libraire, rue Bona- 
naparte, 12. 

Cocheris (Hippolyte), [279], inspecteur général de 
l’enseignement primaire, carrefour de l’Odéon, 10. 


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Coe (Edw.), [71], professeur à Yale College, New-Ha¬ 
ven (Etats-Unis d’Amérique); corresp. M. Porquet, 
libraire, quai Voltaire, 1. 

*Comte (Hipp.), [262], chef de service au chemin de 
fer du Nord, rue de Dunkerque, 18. 

Constans (L.), [173], professeur au lycée de Sens. 

Copenhague (Bibliothèque royale de), [ 1 5 1 J; correspon¬ 
dant M. Loones, libraire, rue de Tournon, 6. 

Coppeaux (Th.), [448], conseiller référendaire à la Cour 
des comptes, rue Malesherbes, 6. 

Cormenin (R. de), [242], rue de l’Arcade, 25 . 

Couberttn (baron Paul de), [489], attaché au Musée du 
Louvre, rue de la Ferme-des-Mathurins, 3 o. 

Coulet (C.), [260], libraire-éditeur, à Montpellier. 

Courcel (Valentin de), [269], boulevard St-Michel, 81. 

Crâne (J.-F.), [437], professeur à l’Université d’Ithaca 
(États-Unis d’Amérique); corresp. M. Reinwald, li¬ 
braire, rue des Saints-Pères, i 5 . 

Crouslé, [373], maître de conférences à l’École nor¬ 
male supérieure, rue Saint-Jacques, 161. 

Daffis (P.), [ 3 y 5 ], libraire, rue Guénégaud, i 5 . 

*Daguin, [174], ancien président du tribunal de com¬ 
merce, rue Castellane, 4; corresp. M. Rouquette, li¬ 
braire, passage Choiseul. 

Dareste (Rod.), [168], avocat au Conseil d’État, quai 
Malaquais, 9. 

Darmesteter (Arsène), [6], maître de conférences à la 
Faculté des lettres de Paris, répétiteur à l’École des 
Hautes-Études, place Vaugirard, 7. 

De Beer (T.-H.), [ 332 ], professeur à Amsterdam, P. C. 
Hooft-straat, 83 (Hollande); corresp. MM. Sandoz et 
Fischbacher, libraires, rue de Seine, 33 . 

Decisy (Ch.), [443], rue Jacob, 46. . 

Dehaisnes (l’abbé C.), [431], pour les Archives du dé- 
département du Nord, à Lille. 


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Delaborde (François), [73], ancien élève de l’École des 
Chartes, au palais de l’Institut. 

Delahaye (Jules), [ 263 ], archiviste du dép. de Loir- 
et-Cher, à Blois. 

Delaville Le Roulx (Joseph), [ 3 oo], ancien élève de 
l’École des Chartes, rue de Lisbonne, 10. 

Delboulle (A.), [481], professeur au lycée du Hâvre. 

Delisle (L.), [7], membre de l’Institut, administrateur 
général de la Bibliothèque nationale, rue Neuve-des- 
Petits-Champs, 8. 

Delius (N.), [175], professeur à l’Université de Bonn; 
correspondant la librairie Franck, rue Richelieu, 
67. 

Deloche (M.), [416], membre de l’Institut, rue Sol- 
férino, i 3 . 

Delombre, [119], rue de Rougemont, 7. 

Demaison (Louis), [295], ancien élève de l’École des 
Chartes, rue Rogier, à Reims. 

*Doazan (A.), [ 258 ], au château de Fins, parSaint-Chris- 
tophe-en-Bazeille (Indre); corresp. M. Rouquette, 
libraire, passage Choiseul. 

Donnet (Gustave), [495], rue de St-Pétersbourg, 29. 

Doyon (D r Adrien), [ 3 1 3 ], à Uriage-les-Bains (Isère). 

Dreyfus (Ferd.), [ 203 ], avocat, rue Saint-Lazare, 94. 

Drujon (Fernand), [219], attaché au cabinet du préfet de 
police. 

*Dubois (Alfred), [1 52 ], rue du Faubourg-St-Honoré, 47. 

Dubois (Paul), [493], à Bordeaux, cours du Jardin pu¬ 
blic, 7. 

Dubois (Virgile), [1 25 ], vérificateur de l’enregistrement, 
rue d’Assas, 53 . 

Duboy (Hipp.), [445], avocat à la Cour de cassation, 
rue Richelieu, 27. 

Dufourmantelle (Ch.), [457], archiviste de la province 
de Constantine, à Constantine (Algérie). 


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— i 9 — 

Duhamel (Louis-François), [166], avocat, conseiller gé¬ 
néral du Pas-de-Calais, rue des Martyrs, 41. 

Dulau et C i# , [190], libraires, Soho-square, 37, à Lon¬ 
dres; correspondant M. Bossange, rue du Quatre- 
Septembre, 16, (2 exemplaires). 

Duloup, [283], rue de Rome, 60. 

Dumouchel (J.), [265], professeur à l’Université de Mos¬ 
cou; corresp. la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Dunoyer de Noirmont (baron), [407], rue Neuve-des- 
Capucines, 22. 

Duperret (Henri), [147], professeur au lycée de Troyes. 

Dykes [391], Wakefield and Barnsley Union Bank, à 
Wakefiela (Angleterre). 

École des Chartes, [122], rue des Francs-Bourgeois, 
58 ; corresp. la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

École normale supérieure, [121], rue d’Ulm, 45. 

Egger (Émile), [9], membre de l’Institut, professeur à 
la Faculté des lettres de Paris, rue Madame, 68. 

Eichthal (Eügène d’), [207], rue Greffulhe, 6. 

Ellis and White, [201], libraires, New Bond Street, 29, 
à Londres, (2 exemplaires J 

Epernay (la Bibliothèque de la ville d’), [451]. 

Ephrussi (Ch.), [ 502 ], rue de Monceaux, 81. 

Eudes (A.), [ 235 ], libraire, rue des Saints-Pères, 40. 

Fanjoux (G.), [364], boulevard Latour-Maubourg, 25. 

Farge (D r Em.), [339], directeur de l’École de médecine 
d’Angers. 

Faucon (Maurice), [487], élève de l’École des Chartes, 
rue de Médicis, 19. 

Favre (Camille), [47], ancien élève de l’École des 
Chartes, à la Grange, près Genève (Suisse). 

Fécamp (Albert), [44g], professeur à l’école Monge, rue 
Rivay, 42, à Levallois-Perret. 

Fischbacher, [157], libraire, rue de Seine, 33 . 

Flach (Jacques), [414], avocat, rue Saint-Benoît, 5 . 


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20 


Flavigny (comtesse de), [148], rue d’Anjou-St-Honoré, 4 2. 

Fœrster (D r Wendelin), [41], professeur à l’Université 
de Bonn ; correspondant la librairie Baer et C ie , rue 
du Quatre-Septembre, 2. 

* Fontaine (Auguste), [95], libraire, passage des Pano¬ 
ramas, 35 (2 exemplaires, dont un pap. Whatman). 

Fontaine (E.-Jean), [96], libraire, rue Vivienne, 10. 

Fornet [289], boulevard Saint-Michel, 22. 

Fournier (D r Alfred), [90], agrégé de la Faculté de mé¬ 
decine, médecin des hôpitaux, rue Saint-Arnaud, r. 

Frèmaux (A.), [i 56 J, avocat, à Béthune (Pas-de-Calais); 
corresp. M. Guien, rue de Ponthieu, 58 . 

Füster, [ 33 i], pasteur à Genèvç, correspondant 
M. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, 9. 

Gadala (Charles), [144], agent de change, boulevard 
PoissonnièTe, 21. 

Gariel (H.), [82], bibliothécaire de la ville de Grenoble; 
correspondant M. Chossonnery, libraire, quai des 
Grands-Augustins, 47. 

Garnier (Ed.), [97J, rue des Francs-Bourgeois, 56 . 

Gasté /Armand), [249], professeur au lycée de Caen, 
rue Élie de Beaumont, 5 , à Caen. 

Gaujal (baron de', [246], conseiller à la Cour de cassa¬ 
tion, rue des Écuries-d’Artois, 11. 

Gausseron (Henri), [145], professeur de langues moder¬ 
nes, à l’Académie d’Ayr, Bath-place, 2, à Ayr, Écosse. 

Gautier (Léon), [10], professeur à l’École des Chartes, 
rue Vavin, 8. 

Geijer (Pierre-Adolphe), [ 358 ], professeur à l’Université 
d’Upsal; correspondant M. Champion, libraire, quai 
Malaquais, i 5 . 

Geneste (Eug.), [254], rue du Chemin-Vert, 42. 

Genève (la Bibliothèque publique de), [428] ; corresp. 
MM. Sandoz et Fischbacher, libraires, rue de Seine, 
33 . 


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— 21 


Georg (la librarie), M. Kundig, gérant, [243J, Corraterie, 
10, à Genève; corresp. M. Borrani, libraire, rue des 
Saints-Pères, 9. 

Gevaert (Aug.), [ 63 ], directeur du Conservatoire royal 
de musique, à Bruxelles. 

Gilliéron(J.), [468], rue Beudant, 12. 

Gillot (H.), [450], professeur de rhétorique au collège 
de Remiremont (Vosges). 

Giraud (Charles), [120], membre de l’Institut, à l’Ecole 
de droit. 

Giraudeau (Abel), [i 23 ], rue Richer, 12. 

*Goldschmidt (L.), [376], rue Rembrandt, parcMonceaux. 

Gotha (Bibliothèque ducale de), Allemagne, [86] ; cor¬ 
respondant la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Gratz (Styrie) (la bibliothèque de l’Université de), [465] ; 
correspondants MM. Didot etC ie , libraires, rue Jacob, 
56 . 

Grouchy (V 1 * de), [ 36 1], secrétaire d’ambassade, rue de 
Sèze, 10. 

Guessard (Fr.), [12], membre de l’Institut, professeur à 
l’École des Chartes, Grande-Rue de Passy, 87. 

Guiffrey (J.-J.), [ 38 1], archiviste aux Archives nationa¬ 
les, rue Hauteville, 1. 

Guilmoto (Gust.), [ 3 o 3 ], archiviste des Vosges, à 
Épinal, et à Paris, rue de Chabrol, 34. 

Guizot (Guillaume), [1 3 ], professeur au Collège de 
France, rue de Monceaux, 42. 

Hambourg (Bibliothèque de la ville de), [io 3 ]; corresp. 
la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Hatzfeld (Ad.), [14], professeur de rhétorique au lycée 
Louis-le-Grand, rue de l’Odéon, 7. 

Hautcœur, [382], chanoine honoraire,.à Lille. 

Havet (Julien), [45], employé à la Bibliothèque natio¬ 
nale, route de Saquet, à Vitry (Seine). 

Havet (Louis), [46], répétiteur à l’École des Hautes-Étu¬ 
des, route de Saquet, à Vitry (Seine). 


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22 


Hayem (Julien), [75], rue du Sentier, 38 . 

Herbet (Félix), [482], rue de Condé, 1. 

Hertz (Wilhelm), [462] ? à Münich; correspondant 
MM. Hartgéet Le Soudier, libraires, rue de Lille, 19. 

Hessels (J.-H.\ [ 36 ], Trinity college, Dublin; corr. 
M. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, 9. 

Hirt (la librairie) [476], à Breslau; correspondant la 
librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Hock (Auguste), [ 52 ], membre de la Société des biblio¬ 
philes belges, à Liège. 

Hodges, Foster et C ie , [337], libraires, Dublin; corres¬ 
pondant M. Bossange, rue du Quatre-Septembre, 16, 

Hôst (Christian), [482], libraire à Copenhague; corres¬ 
pondant M. Baudry, libraire, rue des Saints-Pères, i 3 . 

Hucher (E.), [346], au Mans. 

J amain (Joseph), [490], à la direction des Beaux-Arts, rue 
de Valois, 3 . 

Jamet (Alph.), [ 438 ], rue du Faubourg-Saint-Denis, 9. 

Jarnik (Jean-Urbain), [87], à Pottenstein (Bohême). 

Jolivald (l’abbé Ph.), [ 368 ], à la manufacture de Bains 
(Vosges). 

Jonquière (J.), [126], vérificateur de l’enregistrement, 
Grande-Rue de Passy, 84. 

Joubert (André), [ 33 o], aux Lutz de Daon, près Châ- 
teau-Gontier (Mayenne). 

Jouon (Fréd.), [379], rue de Clisson, 2, Rennes. 

Jourdain (Charles), [160], membre de l’Institut, rue de 
Luxembourg, 21. 

Kann (Max), [149], rue de Lisbonne, 55 . 

Kerby et Endean, [ 336 ], 190, Oxford St., Londres; cor¬ 
respondant M. Bossange, rue du Quatre-Septem- 
bre, 16. 

*Kermaingant (P.-L. de), [389], avenue des Champs- 
Elysées, 102. 

King’s Inns library, [290], Henrietta Street, Dublin. 


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— 23 — 


Klotz (Eugène), [ 3 i 5 ], négociant, place des Victoires, 2. 

Labitte (Adolphe), [244], libraire, rue de Lille, 4. 

La Borderie (Arthur de), [427], ancien député, à Vitré; 
correspondant M. L. Delisle, rue Neuve-des-Petits- 
Champs, 8. 

Laboulaye (Edouard), [ 236 ], sénateur, membre de l’Ins¬ 
titut, administrateur du Collège de France, au Col¬ 
lège de France. 

Lacroix (Paul), [127], conservateur à la bibliothèque de 
l’Arsenal . 

Lafenestre (Georges), [191], sous-chef du bureau des 
Beaux-Arts, rue de Valois, 1. 

Lafite (Émile), [270], libraire, à Buda-Pest; correspon¬ 
dants MM. Hartgé et Le Soudier, libraires, rue de 
Lille, 19. 

La Germonière (Éd. de), [88], place Vendôme, 20. 

Lair (J.), [74], ancien élève de l’École des Chartes, 
directeur des entrepôts et magasins généraux de Paris, 
boulevard de la Villette, 204. 

Laloy (D r L. Henry), [i 33 ], rue de la Villette, 5 . 

Lamé (L.), [41 3 ], rue de Chabrol, 48. 

La Trémoïlle (duc de), [187], rue de Varennes, 69. 

Lavisse (Louis-Ern.), [134], professeur d’histoire au 
lycée Henri IV, rue de Médicis, 5. 

*Lebigre [405], notaire, rue Beauharnais, à Lille ; cor¬ 
respondant M. Allouard, libraire, rue Serpente, 

Le Blondel, [661], libraire, à Meaux (Seine et Marne). 

Lecesne (Henri), [304], imprimeur, à Châteaudun. 

Legouez(E.), [39], professeur au lycée Fontanes, rue de 
la Rochefoucauld, 28. 

Lelong (Eug.), [ 223 ], avocat, rue des Jardins, 9, Angers. 

Le Masson, [472], notaire, à Rouen. 

Lepetit (J.), [ 365 ], à la librairie A. Fontaine, passage 
des Panoramas, 35 . 


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— 24 — 


Leroy (A.), [16], membre de l’Académie de Belgique, 
professeur à F Université de Liège. 

Leroy-Beaulieu (Anatole), [i 5 o], rue Pigalle, 69. 

*Le Sourd (D r ), [394], directeur de la Galette des Hôpi¬ 
taux y rue de Rennes, 78. 

Lespinasse (René de), [398], ancien élève de l’École des 
Chartes, rue de Lille, 36 . 

Leveau (A.), [100], rue de Maubeuge, 20. 

*Liepmannssohn (Léo), [ 386 ], libraire à Berlin, Markgra- 
fenstrass, 52 ; correspondant M. Reinwald, libraire, 
rue des Saints-Pères, i 5 . 

Lieutaud (V.), [178], bibliothécaire de la ville de Mar¬ 
seille. 

Littré (Ém.), [102], sénateur, membre de l’Institut, rue 
d’Assas, 44. 

Livet (Charles), [209], à Vichy. 

Loghem (M.-G.-L. Van), [340], professeur à l’École 
moyenne, à Goes(Hollande) ; correspondants MM. San- 
doz et Fischbacher, libraires, rue ae Seine, 33 . 

Long (Robert), [222], archiviste des Hautes-Alpes, à 
Gap; corresp. M. Picard, libraire, rue Bonaparte, 82. 

Lormier (C.), [430], avocat, rue Socrate, à Rouen; cor¬ 
respondant M, Champion, libraire, quai Malaquàis, 
i5. 

Luce (Siméon), [18], archiviste aux Archives nationa¬ 
les, boulevard Saint-Michel, 95. 

Lyon , la Bibliothèque académique [464], correspon- 
dantM. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, 9. 

Lyon-Cahen, [378], avocat, rue Saint-Marc, 22. 

Magen (A.), [179], à Agen. 

Maillet 0 [327], libraire-éditeur, boulevard Hauss- 
mann, 72. 

Mall (Ed.), [475], professeur à l’Université de Breslau; 
corresp. M. Champion, libraire, quai Malaquais, i 5 . 

Mallet (D.), [ 25 g], au Mans. 


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— 25 — 


Mandrot (Bernard), [76], ancien élève de l’École des 
Chartes, boulevard Malesherbes, 29. 

Mans (la bibliothèque de la ville du) [257]; corresp. 
M. Rouquette, libraire, passage Choiseul. 

Marbourg, (Bibliothèque de Y Université de), [211]; cor¬ 
respondant la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Marbourg, (le Séminaire pour l’étude des langues roma¬ 
nes à l’Université de), [212]; corresp. la librairie 
Franck, rue Richelieu, 67. 

Marescot (baron F. de), [326], rue Caumartin, 10. 

Marin, [288], à Btilh, par Guebwiller (Alsace). 

Marty-Laveaux (Charles), [19], ancien secrétaire de l’É- 
cole des Chartes, rue de Sèvres, 2. 

Mas Latrie (L. de), [428], chef de section aux Archives 
nationales, professeur à l’École des Chartes, boule¬ 
vard Saint-Germain, 229. 

Masson (G.), [359], professeur à l’École de Harrow, 
Middlesex (Angleterre); corresp. M. Champion, li¬ 
braire, quai Malaquais, 1 5 

Mathieu, [282], à Thouars (Deux-Sèvres) ; corr. la librai¬ 
rie Franck, rue Richelieu, 67. 

Mayrargues (A.), [ 25 ], rue Miromesnil, 74. 

*Meissonnier (E.), [392], membre de l’Institut, Clos de 
l’abbaye, à Poissy; correspondant M. Champion, li¬ 
braire, quai Malaquais, i 5 . 

Mengin (Paul), [ 83 ], à Colmar, 37, rue des Clefs; corres¬ 
pondant la librairie Didot, rue Jacob, 56 . 

Menu (Henri), [49], libraire, quai Malaquais, 7. 

Mer a y (Antony), [146], rue de Sèvres, 3 i. 

'Mercier (L.), [1 35 ], rue d’Argenson, 3 . 

Mercier (P.), [429], avoué, rue du Sentier, 33 . 

Mikhaïlowski [454], professeur à l’université de Mos¬ 
cou; corresp. la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

*Mïchelant (Henri), [22], conservateur du dép. des 


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— 2Ô — 


manuscrits de la Bibliothèque nationale, avenue Tru- 
daine, n. 

Mitantier (Edm.), [478], quai des Comtes de Cham¬ 
pagne, 1, à Troyes. 

Moinery, [189], Cloître Saint-Merri, 18. 

Moisy (H.), [ 325 ], juge-suppléant au tribunal civil de 
Lisieux. 

Moland (Louis), [128], boulevard du Montparnasse, 157. 

Monnier (Marc), [180], professeur à l’Académie de 
Genève, rue Verdaine, i 3 , Genève. 

Monod (Gabriel), [ 23 ], directeur-adjoint à l’Ecole des 
Hautes-Études, rue d’Assas, 76. 

Montaiglon (A. de), [24], professeur à l’École des Char¬ 
tes, place des Vosges, 9. 

*Montebello (comte de), [344], à l’ambassade de France, 
Londres. 

Montel (Achille), [162], archiviste de la ville de Mont¬ 
pellier. 

*Morgandet Fatout, [98], libraires, passage des Panora¬ 
mas, 55 (trois exempt., dont deux pap. Whatman). 

Munich (Bibliothèque de la Cour et de l’État, à), [ 3 oi] ’ 
correspondant M. Reinwald, libraire, rue de Seine, i 5 

Munich (Bibliothèque de l’Université de), [ 23 o]; corresp. 
J. Baer et C ie , libraires, rue du Quatre-Septembre, 2. 

Munich (le séminaire royal de philologie moderne à 
l’Université de), [424],; corresp. M. Baudry, libraire, 
rue des Saints-Pères, i 5 . 

Munster (la Bibliothèque Paulina, à) [ 333 ]; correspon¬ 
dant 4 a librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Muquardt, [411], libraire à Bruxelles, rue dè la Ré¬ 
gence, 1 5 . 

Muret, (Maurice), [1 58 ], libraire-éditeur, rue Neuve-des- 
Mathurins, i 3 . 

Mussafia (Ad.), [84.], correspondant de l'Institut, profes¬ 
seur à l’Université de Vienne; corresp. M. Champion, 
libraire, quai Malaquais, i 5 . 


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— 27 — 

Nadaillàc (marquise de), [470], rue d’Anjou-Saint-Ho- 
noré, 12. 

Nau de Champlouis (baron), [129], avenue de la Tour- 
Maubourg, 8. 

Naville (Louis), [281], cours des Bastions, i 5 , à Genève. 

Newcastle upon Tyne, the Literary and Philosophical 
Society, [349], (Angleterre). 

Niemeyer (Max.), [485], maison Lippert, Halle; corres¬ 
pondant M. Champion, libraire, quai Malaquais, i5. 

Nigra (C.), [377], ambassadeur d’Italie à St-Pétersbourg. 

Noiriel (J.), [272], libraire à Strasbourg; correspondant 
la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Normand (Georges), [498], rue Richelieu, 82. 

Normand (Jacques), [77], ancien élève de l’École des 
Chartes, boulevard Malesherbes, 8. 

Nuitter (Ch.), [41719 archiviste de l’Opéra, rue du Fau- 
bourg-Saint-Honoré, 83 . 

Nutt (D.), [273], Strand 270, Londres; correspondant 
la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Nyrop (K.), [488], rue Saint-Benoît, 3 o. 

Oxford (la Bibliothèque Bodléienne, à), [ 3 o 5 ] ; corres¬ 
pondant M. Bossange, rue du Quatre-Septembre, 16. 

Pagès (Alphonse), [ 322 ], directeur de VÉcho de la Sor¬ 
bonne, rue des Écoles, 54. 

Paillet (Eugène), [99], juge au tribunal de la Seine, 
rue de Berlin, 40. 

Pajot (Léon), [78], élève de l’École des Chartes, rue du 
Cardinal-Lemoine, 62. 

Paris (Émile), [181], à Moscou. 

Parker and-C 0 , [ 5 oo], libraires, Oxford. 

Pasquier (l’abbé), [406], directeur de l’École des Hautes- 
Etudes ecclésiastiques, place du Château, à Angers. 

Passier (Alphonse), [390], rue de Bellechasse, 42. 

Passy (Louis), [240], député, rue de Clichy, 45. 

Pasteur [435], rue de Lisbonne, 2. 


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— 28 — 


Pastureau [ 353 ], capitaine au 41 e rég. d’inf., à Rennes. 

Patallier (Victor), [473], rue Saint-Jean, à Elbeuf. 

Patinot(G.), [220], préfet de Seine-et-Marne, à Melun. 

Pauffin (Camille), T 5 o], juge au tribunal civil, à Char- 
leville (Ardennes). 

Pauly (Alphonse), [494], bibliothécaire à la Bibliothèque 
nationale, rue Bréa, 22. 

Payne (W.), [197] Hatchlands, Cuckfield, Sussex (An¬ 
gleterre). 

Peacok (R.), [ 225 ], Sunderland; correspondant M. J. 
Nuwendam, rue Turenne, 76. 

Pecoul (Auguste), [104], ancien élève de l’École des 
Chartes, rue de Ponthieu, 58 . 

Pelletan (Camille), [182], ancien élève de l’École des 
Chartes, rue du Cherche-Midi, 33 . 

Pelliot (Ch.), [477], négociant, rue du Roi de Sicile, 26. 

* Parier (Ferdinand), [275], riie de Provence, 59. 

Petit (Fernand), [455], docteur en droit, boulevard 
Malesherbes, 99. 

Petit de Jülleville, [27], professeur à la Faculté des 
lettres de Dijon. 

P iat (A.), [161], rue Saint-Maur, 85 . 

Picard (Alph.), [420], libraire, rue Bonaparte, 82. 

Pichon (baron J.), [28], président de la Société des bi¬ 
bliophiles françois, quai d’Anjou, 17. 

Picot (Georges), [i 83 ], directeur au ministère de la Jus¬ 
tice, rue Pigalle, 54. 

Pierson (Paul), [347], rue Portefoin, 11. 

Porquet [416], libraire, quai Voltaire, 1. 

Portalis (baron Roger), [292], boulevard Haussmann, 
1 44 - 

Poügny, [280], ancien préfet, rue Boissy-d’Anglas, 11 bis. 

Prague (la Bibliothèque de l’Université de) [496] ; cor¬ 
respondant la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 


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— 29 — 


Prarond (Ern.)? [460]; correspondant M. Champion, 
libraire, quai Malaquais, i 5 . 

Pressensé (Fr. de), [214], rue d’Assas, 76. 

Püymaigre (comte de), [354], rue de PUniversité, 17. 

Quentin-Bouchart (Ernest), [137], rue François I ep , 64. 

Raynaud (Gaston), [79], employé à la Bibliothèque na¬ 
tionale, rue de Constantinople, 28. 

Regnier (Adolphe), [241], membre de P Institut, rue de 
Vaugirard, 22. V 

Reinwald (C.), [229], libraire, rue des Saints-Pères, i5. 

Renault (L.), [374], député, boulevard Haussmann, 77. 

Repoux (Léopold), [467], juge suppléant à Autun; cor¬ 
respondant M. Lhomme, boulevard Saint-Germain, 70. 

Reynald (H.), [232], professeur à la Faculté des lettres, 
à Aix (Bouches-du-Rhône). 

Robert (Ulysse), [387], employé au département des 
manuscrits de la Bibliothèque nationale, rue Plisson, 
6, à Saint-Mandé (Seine). 

Robin (Camille), [ 25 1], rue Lord Byron, 1. 

Robineau (C.), [91], rue de Marignan, 25 . 

Roi des Belges (Bibliothèque de S. M. le), [196], aux 
soins de M. Scheler, bibliothécaire du Roi, rue Mer- 
celis, Ixelles, banlieue de Bruxelles. 

Rolland (Eugène), [r 85 ], rue du Sommerard, 9. 

Roofe (William), [195], Craven Cottage, Merton Road, 
Wandworth, Surrey; corr. la librairie Franck, rue 
Richelieu, 67. 

‘Rouquette [i 38 ], libraire, passage Choiseul, 85 (2 exem¬ 
plaires, dont 1 pap. Whatman). 

Royer (Ch.), [ 352 ], boulevard de la Madeleine, 17, cité 
Vindé. 

Rozeère (Eug. de), [ 32 ], membre de l’Institut, inspec- 

. teur général des archives, rue d’Albe, 8. 

Ruble (baron Alphonse de), [186], rue de Luxem¬ 
bourg, 43. 


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- 3 o 


Rupalley (Ern.), [499], rue Lafayette, i 3 . 

Saint-Johanny (G.), [372], archiviste de la Seine, avenue 
Victoria, 6 . 

*Saintsbury (J.), [341], Savile Club, i 5 , Savile Rows, 
Londres. 

Sauton [426], libraire, rue du Bac, 41. 

Sauvan (F.), [227J, rue de Laborde, 46. 

Say (Léon), [i 3 o], ministre des finances, sénateur, rue 
La Bruyère, 45. 

Scholle (D r Fr.), [ 356 ], Ltitzowstrasse, 48, à Berlin; cor¬ 
respondants MM. Hartgé et Le Soudier, libraires, rue 
de Lille, 19. 

Schuchardt (Hugo), [139], professeur à l’Université de 
Gratz (Styrie); corresp. M. Didot, libraire, rue 
Jacob, 56 . 

Schuré (Ed.), [21 5 ], rue d’Assas, 104. 

Séguier (Jean-Joseph-Alfred de), [io 5 ], conseiller à la 
Cour, rue des Saints-Pères, 56 . 

Seigneur (l’abbé), [432], rue du Colysée, 44. 

Sellier (L.), [ 38 o], rue Sainte-Croix, 5 , Châlons-sur- 
Marne. 

Sénemaud (Ed.), [43], archiviste des Ardennes, à Méziè- 
res; corresp. M. Champion, libraire, quai Man¬ 
quais, i 5 . 

Sieber (L ), [57], bibliothécaire de l’Université de Bâle; 
correspondant la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Simion (L.), [143I, 5 , Unter den Linden, à Berlin; 
correspondant M. Champion, libraire, quai Man¬ 
quais, i 5 . 

Simpson (Alex.), [198], Shakspeare Terrace, 16, Sunder- 
land (Angleterre). 

Smyth (J.-D.-H.), [480], libraire, Gower Street, 137, 
Londres. 

Sorel (A.), ,[409], secrétaire général du Sénat, profes¬ 
seur à l’École libre des sciences politiques, avenue 
Percier, 8. 


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— 3 i — 


Stecher (J.), [ 5 i], professeur à PUniversitéde Liège. 

Stengel (Edm.), [21 3 ], professeur à PUniversité de Mar- 
bourg; corresp. la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Stephens (Georges), [ 35 1], professeur à PUniversité de 
Copenhague; corresp. MM. Hartgé et Le Soudier, 
libraires, rue de Lille, 19. 

Stockholm (la Bibliothèque royale de), [370], corresp. 
M. O. Lorenz, libraire, rue des Beaux-Arts, 3 bis. 

Storejenko [45 3 J, professeur à PUniversité de Moscou; 
correspondant la librairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Strasbourg (Bibliothèque de PUniversitéde), [231]; cor¬ 
respondant la librairie J. Baer et C i# , rue qu Quatre- 
Septembre, 2. 

Strasbourg (le Séminaire pour Pétude des langues ro¬ 
manes, à PUniversité de), [404 1 ; corr. M. Champion, 
quai Malaquais, i 5 . 

Straus (Emile), [106], avocat, rue Saint-Georges, 9. 

Stuerzinger(J.), [469], chez M. Deuzler, notaire, à Win- 
therthur (Suisse). 

Sundby (Thor), [ 323 ], professeur à PUniversitéde Co¬ 
penhague; correspondant M. Lebrun, rue Casimir- 
Delavigne, 7. 

Talbert (F.), [107], professeur à La Flèche; corr. 
M. Thorin, libraire, rue Médicis, 7. 

Tamizey de Larroque (Ph.), [n 5 ], correspondant de 
l’Institut, à Gontaud (Lot-et-Gar.); corr. M. Cham¬ 
pion, libraire, quai Malaquais, i 5 . 

Tarneau (Jules), [ 3 o 6 ], notaire, à Clermont-Ferrand, Puy- 
de-Dôme; corresp. M. Billard, place Dauphine, 27. 

Taulier (L.), [ 366 ], professeur au lycée de Lyon, place 
des Cordeliers, 5 , à Lyon. 

Techener (Léon), [239], libraire, rue de l’Arbre Sec, 52 . 

Temrier (D.), [i 65 ], archiviste des Côtes-du-Nord, à St- 
Brieuc ; corresp. M. E. de Zabern, rue Dauphine, 20. 

Ten-Brink (B.), [433], professeur à ^Université de 
Strasbourg. 


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32 


Terrât (Barthélemy), [ 25 o], professeur de droit à l’Uni¬ 
versité catholique de Paris, rue de Grenelle-Saint- 
Germain, 33 . 

Thévenin (M.), [108], répétiteur à l’Ecole des Hautes- 
Etudes, rue du Cherche-Midi, 55 . 

Thompson (E. Maunde), [193], du Musée Britannique, 
Londres; correspondant M. Borrani, libraire, rue des 
Saints-Pères, 9. 

Thürot (Ch.), [ 33 J, membre de l’Institut, maître de 
conférences à l’École normale supérieure, rue Vaugi- 
rard, 22. 

Tissot (Amédée), [ 53 ], bibliothécaire de la ville de Li¬ 
sieux; corresp. M. Dumoulin, libraire, quai des 
Grands-Augustins, i 3 . 

Tivier (H.), [ 383 ], professeur à la Faculté des lettres de 
Besançon, corresp. M. Leissus, rue des Saints-Pères, 
38 . 

Tourtoulon (baron Ch. de), [34], au château de Randon, 
par Montpellier. 

Trier (Émile), [357], Kôbmagergade, 22; corresp. 
M. Lebrun, rue Casimir-Delavigne, 7. 

Trier (Gerson), [54], Kongensgade, 66, à Copenhague; 
corresp. M. Lebrun, rue Casimir-Delavigne, 7. 

Trochon (l’abbé Charles), [297], avenue d’Orléans, 8. 

Truebner (K.), [434], libraire à Strasbourg; corresp. 
M. Leroux, libraire, rue Bonaparte, 28. 

*Truelle-Saint-Evron, [109], rue Saint-Honoré, 229; 
corresp. M. Rouquette, libraire, passage Choiseul. 

Tubingue (la Bibliothèque de l’Université de), [471]; 
corresp. M. Pedone-Lauriel, libraire, rue Cujas, 7. 

Tw^etmeyer, [216], libraire, à Leipzig; corresp. M. Rein- 
wald, libraire, rue des Saints-Pères, i 5 . 

Ulbrich (D r ), [491], aux soins de M. W. Weber, Berlin, 
Markgrafenstr. 46 ; correspondants MM. Hartgé et Le 
Soudier, libraires, rue de Lille, 19. 

Ulrich (Jacob), [463], boulevard Saint-Michel, 3 i. 

Upsal (le Séminaire philologique de l’Université d’), 


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Suède, [ 5 oi], correspondants MM. Hartgé et Le Sou- 
dier, libraires, rue de Lille, 19. 

Vaesen (Joseph), [294], archiviste-adjoint du départe¬ 
ment du Rhône, à la préfecture, Lyon. 

Vanderaehghen (F.), [ 36 o], bibliothécaire de l 1 Univer¬ 
sité de Gand; corr. M. Lemoigne, libraire, rue Bona¬ 
parte, 12. 

Vendeuvre (baron de), [140], rue de Penthièvre, 4. 

Vian (L.-R.), [141], ancien notaire, à Saint-Chéron 
(Seine-et-Oise). 

Vieweg (F.), [67], libraire, rue Richelieu, 67. 

Villard (Th.), [287], boulevard Malesherbes, 1 38 . 

Vitu (Auguste), [ 3 o 8 ], avenue de Wagram, 36 . 

Vogué (comte de), [110], membre de Flnstitut, ambas¬ 
sadeur de France à Vienne. 

V ollmœller (D r Karl), [ 3633 , privât-docent àTUniversité 
de Strasbourg ; correspondant M. Champion, libraire, 
quai Malaquais, i 5 . 

Waddington (W.),.[^ 36 ], sénateur, membre de Flnstitut, 
ministre des affaires étrangères, rue Dumont-d’Ur- 
ville, 11. 

Ward (H. L. D.), [226], du Musée Britannique, Lon¬ 
dres; corresp. M. Borrani, libraire, rue des Saints- 
Pères, 9. 

Warner (G. F.), [194], du Musée Britannique, Londres; 
corresp. M. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, 9. 

Watson (Robert-Spence), [348], Moss Croft, Gateshead, 
Durham (Angleterre). 

Weber (D r Alfred), [396], privât docent à l’Université de 
Berne (Suisse) ; correspondant la librairie Franck, rue 
Richelieu, 67. 

Weber (W.), [439], libraire à Berlin; correspondant 
MM. Hartgé et le Soudier, libraires, rue de Lille, 19. 

Weimar (Bibliothèque de), [1 5 3 ] ; correspondant la li¬ 
brairie Franck, rue Richelieu, 67. 

Wesselowsky (Alex.), [446], professeur à T Université de 

3 


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- 3 4 - 

Saint-Pétersbourg; correspondant M. Champion, li¬ 
braire, quai Malaquais, i 5 . 

Wey (Fr.), [ 35 ], inspecteur général des archives, rue 
Joubert, 28. 

White (George), [40], Court House, Epsom, Angle¬ 
terre. 

Willems (A.), [ 65 ], membre de la Société des bibliophi¬ 
les belges, chaussée de Haecht, 70, Bruxelles. 

Wright (Wm.), [342], professeur à l’Université de Cam¬ 
bridge (Angleterre) ; correspond. M. Borrani, libraire, 
rue des Saints-Pères, 9. 

Wurtenberger (Auguste), [ 3 i 8 ], propriétaire de la li¬ 
brairie Loescher, via Tornabuoni, 20, à Turin 

Yale College, [415], New-Haven (Etats-Unis d’Amé¬ 
rique) ; correspondant M. Porquet, libraire, quai 
Voltaire, 1. 


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LISTE DES MEMBRES 


DU 

CONSEIL D’ADMINISRATION 


EN FONCTION JUSQU'AU MOIS DE MAI 1878 


MM. Baudry. • MM. Paris (G.'. 


Bonnardot. 

Bordier. 

Didot. J 

Egger. I 

Gautier. 

Laborde (marquis de). 
Luce. 

Marty-Lave aux. 
Meyer. I 

1 

Michelànt. 

Moland. j 

Montaiglon (de). j 


Paris (P.). 

Picot (É.). 

Queux de Saint-Hi¬ 
laire (marquis de). 
Raynaud. 

Rothschild (baron J. 
de). 

Rozière (de). 

Ruble (baron de). 
Thurot. 

Wey. 


BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 


Président .* MM. Michelànt. 

Vice-présidents .. .. Thurot, de Montaiglon. 

Administrateur . Marquis de Queux de Saint- 

Hilaire. 

Secrétaire .... ». Meyer. 

Secrétaire-adjoint .. Raynaud. 

Trésorier . Baron J. de Rothschild. 

Trésorier-adjoint ... Picot (É.). 


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PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 


SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 

Tenue chez M. le baron J. de Rothschild, le 26 décembre 1877, 
à 2 heures et demie. 


Présidence de M. Michelant, président . 

Nouveaux membres : MM. K. Nyrop; Maurice Fau¬ 
con, 19; Ulbrig (correspondant MM. Hartgé et Le Sou- 
dier). 

État des impressions. — Imprimerie Chamerot : Le 
Débat des Hérauts d'armes n’a pas fait de progrès, 
mais M. Raynaud, secrétaire-adjoint, donne lecture 
d’une lettre dans laquelle M. Meyer fait savoir qu’il 
vient de partir pour l’Angleterre afin d’achever la rédac¬ 
tion des notes du débat anglais, et qu’il espère que le 
volume sera prêt dans peu de semaines. 

Imprimerie Marchessou : Eustache Deschamps, 18 
feuilles tirées, 2 en bon à tirer. — Toute la composition 
du Voyage en Terre-Sainte du sieur d’Anglure est 
depuis longtemps déjà entre les mains des auteurs. — 
Vie de Saint Gilles, 8 feuilles tirées; l’impression est 
arrêtée au milieu du glossaire. 

M. le baron de Rothschild fait connaître au Conseil 
que 14 feuilles du Mistere du Vieil Testament sont 
tirées, et les feuilles i 5 à 24 en épreuves. 

Le Conseil décide que le volume d'Aiol et le tome II 
des Miracles de Nostre Dame étant cartonnés, seront 


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- 3 7 - 

immédiatement mis en distribution, et fixe à Soo exem¬ 
plaires sur papier ordinaire et ioo sur papier Whatman, 
le tirage du Voyage en Terre-Sainte . 

Le Conseil approuve un projet de prospectus préparé 
par le Secrétaire et destiné à faire connaître le but et les 
publications de la Société. Ce prospectus sera tiré à 600 
exemplaires, dans le format du Bulletin , et la composi¬ 
tion en sera gardée. 

Le Conseil décide qu’on mettra sous presse la Chro¬ 
nique normande de la fin du xiv* siècle, éditée par M. Si- 
méon Luce (voy. séances du i 3 juin et du 18 juillet 1877), 
aussitôt que l’éditeur aura mis la dernière main au com¬ 
mentaire. Le tirage de cet ouvrage, qui offre un grand 
intérêt historique, est fixé à 900 exemplaires sur papier' 
ordinaire et 100 sur papier Whatman. 


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— 38 — 


NOTICE 

DU MS. F I49, DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE MADRID 

Le ms. F 149 de la Bibliothèque nationale de Madrid 
paraît être resté inconnu de toutes les personnes qui 
s’intéressent à notre ancienne littérature. Comme la 
mention qui en est faite au catalogue manuscrit de cette 
bibliothèque n’en laisse guère soupçonner le contenu, il 
n’est pas surprenant qu’il ait échappé jusqu’à présent aux 
recherches. Un ms. du xm e siècle qui renferme sept 1 poè¬ 
mes français tous inédits, entre lesquels deux ne parais¬ 
sent pas se rencontrer ailleurs, mérite assurément une 
notice détaillée. Ayant eu à m’occuper d’autres recher¬ 
ches, et tout d’abord ayant voulu lire en entier le cata¬ 
logue, je n’ai pu consacrer à ce volume que bien peu 
d’heures pendant les quelques jours que j’ai passés à 
Madrid en octobre 1876. Cependant, les extraits que 
j’en ai pris, bien qu’ils n’aient pas toute l’étendue dési¬ 
rable, suffiront à en faire apprécier la valeur. 

Le ms. F 149 est un volume d’une centaine de feuil¬ 
lets écrit en France vers le milieu du xm e siècle. L’écri¬ 
ture m’a paru assez analogue à celle du ms. de la Bib. 
nat. fr. 1 553 (qui est de la fin du même siècle), mais un 
peu plus ancienne. Les feuillets de parchemin dont il est 
formé, ont 23 o mill. sur 95. Je n’y ai remarqué aucun 
indice pouvant indiquer sa provenance, et on n’a pu, à 
Madrid, me renseigner sur l’époque à laquelle il est en¬ 
tré à la Bibliothèque, mais depuis j’ai acquis la convic- 


1. Pcut-ctre huit, voir plus loin g V. 


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- 3 9 - 


tion qu’il avait fait partie de la riche collection du mar¬ 
quis de Cambis-Velleron, dont le catalogue, rédigé parle 
possesseur, a été publié en 1770 l . Le sort de la plupart 
de ces mss. est jusqu’à présent demeuré inconnu. M. De- 
loye, le savant conservateur du Musée Calvet, à Avignon, 
a bien voulu m’écrire à cet égard ce qui suit : « La col- 
« lection des mss. du marquis de Cambis-Velleron a été 
« dispersée et nous n’en avons qu’un petit nombre. Sa 
a bibliothèque, d’après ce que j’ai appris de M. l’abbé 
« Corenson, d’Avignon, fut vendue en 1773 au prix de 
« 20000 livres à deux libraires d’Avignon, Niel et Au- 
« banel, sous la réserve des mss. qui furent plus tard 
« proposés au préfet de la bibliothèque du Vatican. Ce- 
« lui-ci ayant demandé à les voir, il ne fut pas donné 
« suite à la proposition, et bientôt la tourmente révolu¬ 
es tionnaire en amena la dispersion. » 

Je suis convaincu que plusieurs des mss. du marquis 
de Cambis sont entrés à la Bibliothèque de Madrid. J’en 
suis assuré pour deux d’entre eux. Le n° 81 du marquis 
de Cambis contient, selon la description du catalogue, 
dix-sept ouvrages parmi lesquels un Turpin en 19 feuil¬ 
lets, les Gesta Alexandri en 29 feuillets, suivis de Ylter 
Alexandri magni ad Paradisum, et en dernier lieu les 
Gesta Francorum. La description très-détaillée du cata¬ 
logue correspond parfaitement avec mes notes du ms. F. 
i 52 de la Bibliothèque nationale, lequel commence avec 
un Turpin, suivi, au fol. 20, des Gesta Alexandri, puis, 
au fol. 49, de Ylter ad Paradisum , et qui se termine par 

1. Catalogue raisonné des principaux manuscrits de M. Joseph- 
Louis-Dominique de Cambis, marquis de Velleron, seigneur de 
Cayrane et de Fargues, ancien capitaine de dragons et colonel gé¬ 
néral de l’infanterie de la ville d’Avignon et du comté Venaissin. 
— Avignon, chez Louis Chambeau, mocclxx. vi (plus un feuillet 
non numéroté; 766 pages, et trois pages d’errata. 


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— 4 o 


les Gesta Francorum . J’ajoute que Ylter ad Paradisum 
et les Gesta Francorum 1 qui m’intéressaient particuliè¬ 
rement, sont des ouvrages dont les mss. sont assez rares. 

Le second des mss. du marquis de Cambis que j’ai 
reconnus à Madrid est notre ms. français F 149, le n° 84 
du catalogue Cambis. 

« Ce manuscrit » dit le marquis dans son catalogue, 
« est in-quarto, écrit sur velin d’une écriture qui re- 
a monte au xm° siècle. Il contient cent un feuillets, 
a faisant deux cent deux pages. Il est relié d'une étoffe 
« verte, et est tout écrit en françois. » 

M. de Cambis n’indique que les pièces suivantes : 

1 0 a La fondation, en vers françois, de Vabbaye de 
Fescamp. 

2 0 « La vie et le martyre de saint Jean P Evangéliste, 
en vers françois . 

3 0 a La vie et le martyre de saint Eustache et de ses 
compagnons, en vers françois . 

4 0 « Traduction en vers françois des Distiques moraux 
de Caton le Censeur. » 

En réalité, le ms. F 149 contient huit ouvrages, et non 
quatre, mais ceux que M. de Cambis a négligés n'ont pas 
de rubriques, et par suite ont pu échapper à son exa¬ 
men. — On verra tout à l’heure que j’ai probablement 
commis une erreur du même genre, en ce sens que je n’ai 
noté que sept ouvrages, et que c’est très-tardivement, 
en étudiant mes extraits, que j’ai reconnu qu’il devait 
y en avoir huit. 

D’ailleurs le marquis s’est probablement guidé sur 
une notice écrite au xv e siècle sur une page blanche 
(après la vie de saint Eustache) et qui est ainsi conçue : 


1. L’ouvrage qui est publié dans les Gesta Dei per Francos de 
Bongars, et qui est l’original deTudebode, deBaudri deDol, etc.. 


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— 4 1 — 


« En ce livre est contenu comment l'eglise et abbeye de Fes- 
camp fu premièrement fondée; 

La vie et le martire de saint Jehan l’euvangeliste ; 

La vie et le martire de saint Eustace; 

Le livre et les enseignemens de Caton. » 

Voilà qui correspond fort exactement avec la descrip¬ 
tion du marquis. Mais la notice n’est pas finie : elle 
contient encore les lignes suivantes où sont indiqués 
des ouvrages qui manquent actuellement dans le ms., et 
qui manquaient assurément au temps du marquis : 

L’ystoire et le rommant d'un roy de Bretaigne qui fu nommé 
Lauridj et de la belle Oriole qui fu s’amie, très loyale fille du duc 
de Bourgongne. 

Après s’ens. le dit de unicorne. 

Item, autre dit...u... anel. 

Et finalement d’un orne qui ot .iij. amis. 

De ces quatre écrits, les trois derniers sont faciles à 
identifier : le dit de l’unicorne et celui des trois amis 
sont deux contes empruntés au roman de Barlaam et 
Josaphat. Du premier on a une version en vers octosyl- 
labiques qui a été publiée deux fois et dont les mss. 
sont très-nombreux. Je les ai indiqués, ainsi que les édi¬ 
tions, dans la Romania , I, 207 et VI, 20. Du second 
nous possédons une rédaction due à Jean de Condé, 
sous ce titre que rappelle la notice du ms. de Madrid : 
Li dis de Vome qui avoit .iij. amis l . Mais J. de Condé 
a commencé à composer trente ou quarante ans après 
l’époque où paraît avoir été exécuté notre ms.. A moins 
donc que la partie perdue de ce ms. ait été notablement 

1. Scheler, Dits et contes de Baudouin de Condé et de Jean de 
Condé, III, 111* 


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postérieure à la partie conservée, on doit supposer (et 
cette supposition n’a elle-même rien que de très-vrai¬ 
semblable) que, bien avant J. de Gondé, on avait traité 
en vers 1 le sujet des trois amis, qui, du reste, figurait 
à sa place dès le xiii® siècle dans les diverses versions 
françaises en vers de Barlaam et Josaphat. 

L’avant-dernier item, doit probablement être com¬ 
plété ainsi: [du] v[rai] anel. On sait qu’un dit portant ce 
titre, et composé après 1270, a été publié par M. Tobler, 
d’après le ms. fr. 25566 (La Vall. 81) qui paraît être le 
seul à l’avoir conservé. 

Quant à l’histoire d’un roi de Bretagne nomm éLaurid 
(Alfred?) et de sa femme Oriole , je n’en ai aucune con¬ 
naissance. 

Au verso du dernier feuillet, on lit ces mots qui pa¬ 
raissent écrits vers la fin du xiii® siècle : vechi le liver 
Jehan Marlot que... 

Il est temps maintenant de faire connaître le contenu 
du ms. 

I. — PRIÈRE A LA VIERGE ’ 


Pièce en £7 quatrains alexandrins, rimés avec grand 
soin. Il s’y trouve beaucoup de rimes léonines. Je ne 


1. Je dis « en vers » quoique cela ne résulte pas de la notice, car 
une rédaction en prose de ce sujet n’est pas à supposer. 

2. Le premier cahier du ms., qui renferme cet ouvrage et le com¬ 
mencement du suivant, est dans un complet désordre par suite du 
mauvais placement du quatrième feuillet double, qui, au lieu d’oc¬ 
cuper le centre du cahier, c’est-à-dire la quatrième place, occupe 
la seconde. Voici la figure des quatre feuillets doubles de ce cahier 
avec les numéros de succession régulière des feuillets simples : 



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- 4 3 - 

connais qu’un autre exemplaire de la même pièce, 
dans le ms. 3142 de l’Arsenal (ancien B. L. fr. 175), 
fol. 297 c -299 d , où elle porte le titre de Bible Nostre 
Dame . Elle a, dans cette copie, si j’ai bien compté, qua¬ 
tre-vingt-quinze quatrains, soit, par rapport au texte 
de Madrid, une différence en plus de huit quatrains. 
On trouvera plus loin en note, sept de ces quatrains. 

I Encor ne soit loenge de pecheor pas bele, 

Si m’enhardirai ge de loer la puchele 

Qui porta Jhesu Crist; buer s'apcla ancele, 

4 Ker humilité est de paradis l’eschiele. 

II Souvrainne humilité en lui s’edefia; 

Abygay la sage bien la senefia : 

Kant David la wout prendre tant fort s’umelia, 

8 Les piez as ses serjans a laver s’otroia. 

in Par Rebe(r)que la sage puis bien la virge entendre : 

Kant ele vit Ysaac, du camail wout deschendre ; 

Quant il Tout espousée d’amor Tarna si tendre 
12 Ke la coulor que il out de sa mère en fu mendre. 

iv Se je voil espondre que la leitre discerne, 

Judit la senetie qui ochit Olimferne 
Nostre anemi cruel qui vers Deu nos ferne, 

16 Mès chele le soumist qui par tout nos guverne. 

v Ester, par qui Aman fu li orgüeuz chaiïz, 

Par qui fu délivrez de mort Mardocheüz 
Et au pueple Israhel fu saluz recheüz, 

20 Marie senefie, se ne sui decheüz. 

Variantes du ms. de VArsenal. — 5 en li. — 6 le s. — 8 de ses. 
— 10 cl v. — dou charnel. — 12 la dolor. — 1 3 Se je ce vueil des¬ 
pondre. — 14 Oloferne. — i 5 mortel q. en vers. — 17-8 par cui.— 
20 sc n’en s. 



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— 44 — 


vc De vos, virgipe, n’est ne nombre ne mensure : 

Chelui regarda Dex, che nos dit l’escripture, 

Plus c’une autre vertu ; bien est ame aseüre 
24 Qui a humilité et virginité est pure (sic). 

vu Humilité briement nos est escu et targe, 

Les autres vertus garde, orgueux ne s’i esparge ; 

Et la porte deu chiel est basse et petit large : 

28 Qui bas est em bas liu entre, qui poi se carge. 

viii D’entrer em paradis a humbles avantage ; 

Or soions domques humbles selonc le dit le sage. 

Orgueux est fix de rois et si est de haut parage : 

32 Ne deigneroit passer par si estroit passage. 

Fin, fol. 4 v®. 

lxxxi Dame, de vos loier {sic) n’ai nule digneté, 

Mès j’ai presontion de vostre charité; 

Nului ne despisiez par nulle iniquité, 

324 Ne vostre jougleor faitez vo largeté. 

lxxxii Drois est a haute dame que ele ait naite maisnie 

Cortoisse et bien vestue, qu’en ne puet gaber mie : 

Uns sui de vos serjans; or neitoiez ma vie, 

328 x Et si me donnez robe, quer nus n’irai je mie. 

lxxxiii La robe d’innoscence ai uséfej et descoute. 

Au monde, quant g’i servi, ma painne i perdi toute. 

Dame, or vos voill servir et estre de vos toute, 

332 Ker largement paiez ; n’est nul qui de chen doute. 

lxxxiv Por chen qu’a moi aidier vos pithé plus se move, 

21 De vo virginité n’est nombre. — 23 seüre. — 24 Qui a vir¬ 
ginité et humilité p. — 26 c’orguex. — 27 Se la. —- 3 1 et de si h. 

— 32 Passer ne d - 324 A v. j. — 32 5 nete m.— 326 n’en puist. 

— 329 Ma r.... desroute. — 33 o Au mont. — 33 1 de vo route. — 

— 333 miex s’esmueve. 


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— 4 ^ — 


D’escripture devine vos voil dire une prouve : 

Raisons et droit si dit se aucuns pert et trouve, 

336 Rendre la doit celui qui ele est quant la rouve. 

lxxxv Li angre si vos dit que grasse avez trouvée, 

Et je sui cil quil l'ai perdue et desmanée. 

Se vos tenez la loy que nos avez donnée 
340 Rendre la moi devez, c'a vos l’a conmandée. 

lxxxvi Dame, moût i gaaignerons a vos de cuer servir, 

Ke le régné del chiel i puet om deservir, 

Mès ram or du monde faut et fait i’omme asservir, 

344 Et les \ertus enchache et les fait assernir (sic). 

334 vous ferai u. — 333 perte t. — 336 celui cui — 338 qui 
î’a — 339 que Diex a commandée— 340 quant vous l'ai demandée. 
— 341 m. gaaignons en vous. — 342 Car le r. d. c. i poons. — 
343 dou mont. — 344 anervir. Ici le ms. de VArsenal place ces 
couplets ; 


Hé! vaine amour dou mont, corn ies amére et sure! 
S'un poi as de douçour, après vient la pointure, 

Car, pour petit délit qui pou vaut et pou dure, 
Enbas Pâme en grant paine et le cors en ordure. 

Li amours de ce mont descroist et amenuise, 

Et se nus s'i embat ne faut qu'il ne s'en cuise, 

Mais en l'amour dou ciel chascuns i prent et puise, 
Et s’embrase le cuer et a bien faire aguise. 

Or laissons dont l'amour qui en dolor define, 

Ou il convient lechier le miel desus l'espine ; 

Et se nus veut amer, s’aint dou ciel la royne : 

El mont ne trouverait si pure ne si fine. 

S'on aime por biauté, por sens ne por largèce, 

Pour debonaireté, courtoisie et largèce fsicj, 

Fols est qui a autrui joint son cuer ne adrèce 
Puis k’en li trueve tout et sans cui ses cuers sèche. 

C'est cele qui tous tans les desvoiez ravoie, 

Les desperés conforte et a son fill raloie. 

Li hom est hors dou sens qui a li ne s’otroie, 

Ja nus n’iert desconfis qui de vrai cuer la proie. 


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- 46 - 

lxxxvii En amor conmenchai, en amor doi finner; 

L’en dit amor vaint tout, mon cuer i woil clinner. 

Or pri Dex par amor qu’il woille enluminer 
348 Nos cuers et qu’il woille estre a nostre definner! 

Amen . 

II. - HISTOIRE DE L'ABBAYE DE FÉCAMP 

C’est l’ouvrage le plus considérable de notre ms. Il 
contient environ 635 o vers. Non-seulement il n’a été, 
jusqu’à présent, signalé par personne, mais, aussi loin 
que mes recherches s’étendent, je n’en puis découvrir un 
second exemplaire. Il a pour source un récit latin qui 
existait en manuscrit, au xvn e siècle, à l’abbaye de Fé- 
camp, et dont de copieux extraits ont été rapportés par 
Du Monstier dans sa Neustria pia (1 663 ), p. 193 et suiv.. 
Depuis lors, on ne sait ce qu’il est devenu. En voici 
Vincipit , d’après Du Monstier : 

Indpit libellus de revelatione et authoritate Fiscannensis monas- 
terii, in quo quidem libello invenire potes, si sedulo legas, qualiter 
ædificata et dedicata fuit dicta Fiscannensis ecdesia, in nomine 
sanctæ et individuæ Trinitatis. 

A défaut du livre latin, dont le texte entier ne sera 
peut-être jamais recouvré, la version française du ms. de 
Madrid mériterait d’être publiée, d’autant plus qu’elle 
se donne comme fort exacte, voy. v. 35 . Le Roux de 
Lincy n’eût sans doute pas manqué, s’il l’avait connue, 

Hé ! las, pour quoi n'amons celui qui tout créa, 

Qui por dolor de mort enz en la crois cria? 

Nous estiens descreé quant il nous récréa ; 

Celui doit on loer qui tel los, tel cri, a. 

Par amour vainqui Dieu Marie Magdelaine, 

Ja n'enterrons en gloire s'amours ne nous i maine, 

En l'amour de ce mont n'a fors dolor et paine, 

Et si faut au besoing, car ele est vuide et vaine. 

3 q 5 vueil f. — 3 qô On d. 


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d’en faire la pièce principale de son Essai historique et 
littéraire sur Vabbaye de Fécamp (Rouen, 1840), où il 
a publié (p. 139-172) un document, également en vers 
français, mais de bien moindre importance, Thistoire du 
précieux sang de Fécamp, petit poëme que nous a con¬ 
servé le ms. fr. 1 553 (ancien 7595-2) de la Bibliothèque 
nationale l 2 3 . 

Chi conmenche conment Vy glisse de Fescamp fu premerement 
fondée par un chers (sic) et par Ansegis duc de Franche , et en 
après par seint Vanins et par le roi Lotaire , et en après par le 
duch Guillaume 2, et par les ,ij. dus Richars api'ès. (Fol. 5 .) 

Chil qui de conter s’entremet. 

Qui sa cure et s’entente meit 
A rimer la plus haute estoire 
4 Ke nus puisse avoir en mémoire, 

Mande salus premièrement 
A touz cheuz qui parfaitement 
Jhesu Crist ennorent et servent, 

8 Et qui la soee amor deservent. 

Nostre ewangille nos raconte 
Que petit waut et riens ne monte 
Lumière quant ele est couverte 
12 Mès, s’en la tient haute et aperte, 

Tuit chil seront enluminé 

1. On trouvera divers renseignements sur le même sujet et le 
texte d’un document du xn e siècle dans Y Histoire du précieux 
sang de Notre Seigneur Jésus-Christ , conservé en Vabbaye de 
la Sainte Trinité de Fécamp , légende normande. Publié pour la 
première fois d’après nn manuscrit de la Bibliothèque de Rouen, 
par André Pottier, conservateur, Rouen, i 838 , 27 p. in-8°. — Ce 
mémoire fait partie de la Revue rétrospective normande, Rouen, 
1842. 

2. Ce mot n’est pas entièrement lisible dans le ms. 

3. Voy. Matth. v, i5. 


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- 4 8 - 

Quil la verront de sa clarté. 

Por cen ai une ouvraigne emprise 
16 A translater, conme l’yglise 

De Fescamp fu primes fondée, 

Et conment el fu achevée, 

Et de latim en romans meitre; 

20 Ke cil quil ne sévent la leitre, 

Kant en franchois l’orront retraire, 

Que l’estoire lor puisse plaire 
Se de cuer i woullent entendre ; 

24 Ker cascuns doit volentiers tendre 

A l’ouvraigne Deu relever 
Et as segrez le roi cheler l . 

Et vos qui cest livrez vesrez, 

28 Oïr et croire le porrez, 

K’assez wouldroie je mex taire 

Del tout que menchonche avant traire. 

Chil quil l’estoire en latim mist 
32 Et os (sic) ses mains les moz escripst 

Par estoit de si seinte vie 
Ke il por voir n’en mentist mie. 

Ja riens nule n’i ajoindrai, 

36 Mès l’estoire vos conterai 

Au plus que je porrai bricment. 

Mès anchiez, el conmenchement, 

Wos woil les capitres descrivre 
40 Dont je wouldrai faire le livre. 

Chi orrez por quoi sont fondéez 
Et des cors seinz enluminéez 
Les yglises et les monstiers ; 

44 Ce ert nostre (sic) capitres premiers. 

1. Allusion à Tobie, xn, 7 ; Etenim sacramentum regis abscon 
dere bonum est. 


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~ 49 — 


Li segont iert de la valéc (c) 

De Fescamp seinte et honorée, 

Con Dex l’eslit et woult sacrer ; 

4 » . 

Li tiers si sera d’Ansegis, 

Uns dus vaillant et de grant pris 
Qui grant part de Franche tenoit 
Et noblement la maintenoit. 

Le récit commence ainsi : 

52 Quant Dex vout que fust délivré (fol . 6 a) 

Som pueple, qui estoit livré 
A mort et a destrution, 

Que deable en subjection 
56 Tenoit, si descendi en terre 

Por lui sauver et por lui querre. 

L’ouvrage se termine par ces vers : 

Li moigne moût grant joié en firent ; 

Si tost com lor venue oïrent 
Sont revestuz grant et menor 
Por la hautesche et por l’ennor 
Del sanc Dieu que cil raportérent. 

Li saint a grant joie sonnèrent, 

Clerc chantant et ho haute voiz, 

O candélabres et o croiz 
Et o riche procession, 

Conme gent de religion, 

Le sanc Dieu recever alérent; 

Grâces a Dieu assez chantèrent ; 

De pueple i ot grant assemblée. 

L’awenture n’ai pas emblée. 


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— 5 o — 


III. — PARAPHRASE DU PSAUME ERUCTAVIT (XLIV) 

Ouvrage composé pour Marie de France, comtesse de 
Champagne de 1164 à 1198, et dont on connaît jusqu'à 
présent onze mss. Voy. Romania, VI, 9. 

Une canchon que David fist, 

Ke nostre Sire el cuer li mist. 

Dirai ma dame de Compaigne (sic), 

Cele que Damledex enseigne 
Et espire de toz ses biens, 

Si qu’em lui ne faut nule riens, 

Anchois i a, que dire Pose, 

Um poi trop d’une sole chose : 

Tant i mist cil quil la cria 
Largesche que trop en i a. 

Fin : 

Sainte vertuz, sainte clartez, 

J a de moi ne vos départez, 

Jusque cil qui par vos m’a faite 
Par vos m’ait a sa gloire traite, 

Et touz mis cuers puisse obéir 
A lui amer et benelr. 

Amen; que tel sire l’otroit 
Qui cen bien set et ot et voit ! 

Explicit iste psalmus Eructavit. . 

IV. _ vers DE LA MORT 

Ce quatrième poëme est celui qui est connu sous le 
nom de Vers de la mort et qui. a pour auteur le moine 
Hélinand. J’ai rapporté dans la Romania (I, 366 ) un 
passage de la Somme le roi , ouvrage composé en 1279 


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— 5i — 


par le confesseur de Philippe le Hardi, qui ne laisse 
guère de doute sur cette attribution. J’ai indiqué à 
cette occasion dix-sept 1 mss. du même poème. 11 en 
faut compter maintenant trois de plus : celui de Madrid 
et deux autres qui avaient échappé à mes précédentes 
recherches: Bibl. nat. fr. 12483, fol. 59, et bibl. de 
Tours, n° 1 36 , fol. 201. 

Jncipiunt versus de morte. 

Mort, qui m'as mis muer en mue 
En tele estuve ou li cors sue 
Ce qu'a fait au siecle d'outrage, 

Tu lievez sor toz ta machue; 

Mès nus por cen sa pel ne mue 
Ne ne cange son viez usage. 

Mort, toi soient douter li sage. 

Or cort cascuns a son damage ; 

Qui n’y puet avenir s’i rue 
Por ç’a cangié mon viex usage 
Et ai laissié et gieu et rage : 

Mal se moille qui ne s’essuie. 

Mort, va a ceuz qui d’amor chantent; 


Voici le couplet qui est cité dans la Somme le roi : 

Mort, crie a Romme et crie a Raims : 

Seignors, toz estez en mes mains, 

Ausi les haut comme les ba(u)s. 

Ovrés vos eulz, ceigniez vos rai ns, 

1. Il n'y en a que seize de mentionnés dans la liste de la note 1 
de la p. 365 , mais j'ai oublié d’y faire entrer le ms. du Mont-Cas- 
sin mentionné à la tin de la même note. 


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Ançois que je vos preinne as frains 
Et vos face crier a las i ! 

Et si port dez de .ij. et d’as 
Por vos faire jeter les mains. 

Laisiez vos coufez et vos gas : 

Tel me cove desoz ses dras 
Qui tôt cuide estre fors et sains. 

Fin : 

Ha! Dex, por quoi est (tant) desierrée 
Joiie carnex envenimée 
Qui si corront nostre nature 
Et qui si a corte durée? 

Après est si chier comperée ! 

Com est male cele pointure 
Qui fait Taine acroire a usure 
Amertume qui toz jors dure, 

Por dolçor quil luez est alée ! 

Fui lech[er]ie, fui luxure! 

De si chier morseil n’ai [je] cure, 

Metz aim mes pois et ma porrée ! 

Chi definne le flabel de la mort. 


V. - VIE DE SAINT JEAN L’ÉVANGÉLISTE 

J’ai considéré comme appartenant à un seul poëme, 
ayant en tout, sauf erreur, 462 quatrains, les treize qua¬ 
trains numérotés ci-après i-viii et xxii-xxvi , et les trois 
autres numérotés cdlx-cdlxii. La facture des uns et des 


1. Il manque ici un vers qui est dans Védition de Mèon : Certes, 
j’akeur plus que le pas. Je ne répondrais pas que Vomission ne soit 
pas de mon fait. 


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— 53 — 


autres est la même, et je n’ai remarqué dans le ms., en¬ 
tre les premiers et les derniers de ces quatrains, rien qui 
annonçât la fin d’un poëme et le commencement d’un 
autre. Mais il se peut que je me sois trompé, et qu’en 
réalité les trois derniers quatrains soient la fin d’un ou¬ 
vrage dont je n’aurais pas aperçu le début. Les premiers 
vers, en effet, annoncent une vie de saint Jean l’évangé¬ 
liste, voy. coupl. xxii et suiv., et les derniers paraissent 
bien plutôt se rapporter à un poëme sur la Vierge. A la 
vérité, les deux sujets sont connexes, mais il y a un au¬ 
tre motif de croire qu’il se trouve deux poëmes là où je 
n’en ai vu qu’un. C’est qu’il existe de la vie de saint Jean 
l’Évangéliste une autre copie dans le ms. fr. 2039 de la 
Bibliothèque nationale, et cette copie a, non pas 462, 
mais 200 quatrains, dont les derniers n’ont aucun rap¬ 
port avec ceux du ms. ds Madrid qui sont transcrits ci- 
après sous les n os 460 à 462 comme étant la fin du 
poëme sur saint Jean. 

On trouvera, en une note à part, à la suite de cette 
notice, les vers du ms. 2039 qui correspondent à ceux 
du ms. de Madrid, et de plus la fin de la vie de saint 
Jean. On constatera sans peine que la leçon du ms. de 
Paris est très corrompue, au point d’être parfois inintel¬ 
ligible : ainsi, au début, le copiste a écrit plusieurs fois 
douce et douche au lieu de doute ce qui détruit abso¬ 
lument le sens. Mais néanmoins on y peut recueillir 
quelques bonnes variantes. Ainsi au v. 1 Salomons doit 
certainement prendre la place de Yauctorité du ms. de 
Madrid, puisque l’idée exprimée à cet endroit paraît 
tirée de l’Ecclésiastique, 1, 16. Le v. 5 , est aussi plus cor¬ 
rect dans P 1 . Au v. i 3 amour, dans M, est une leçon 
fautive dont P fournit la correction : clamour . Les vers 

1. P désigne le ms. de Paris, M celui de Madrid. 


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— 5 4 — 

2 i-4 sont diversement corrompus dans l’un et l’autre 
texte. Je crois que les deux premiers sont corrects dans 
M, mais qu’il faut rétablir ainsi les deux suivants (où je 
puis bien avoir commis quelque faute de lecture) : Mès 
qui 1 por Vamistié au grant soignor des chieux | Lef 'ait , 
si Vasavore ... 


L’auctorité nos dit une raison par voir, 

Ke el conmenchement de sens et de savoir 
Convient il a chascuns, par fim doit estouvoir, 

4 Amor de Dieu et doute dedenz son cuer avoir. 

il Ker on dit que Tourne ainme que il le doute et crient, 
Ker amor si est doute; mès de chen me souvient 
Que doute sanz amor a moût de gent revient, 

8 Et servir et douter malgré euz lor couvient. 

m Mès la raison divine nos mostre ceste affaire, 

Qu’il nos couvient a Dieu ches deuz servises faire : 

Et amer et douter. Iche est por mielx desfaire 
12 Les granz malx dont la char nos semont a mal faire. 

iv D’une chose fait Dex a nos touz grant amor, 

K’a peinne nos souvient de lui ne de s’amor; 

Ker, s’en enfer n’avoit tant mal ne tant doulor, 

iô Ja ne se retrairoit nus hons de sa folor. 

v Dont ne [se] sauve chil fors solement por doute(r), 
Qu’il crient des ennemis l’asemblé[e] et la route ; 


i. Quil dans M , qui emploie très-souvent cette forme au lieu de 
qui . 

5 Corr, d'aprcs P, le premier que en qui ; le sens est : a Car 
on dit que celui qui aime l'homme le redoute, » 


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— 55 — 


Mès sa conoissanche est si en deus meitiez route 
20 Qu’il ne voit que d’un oil, et en l’autre a la goûte. 

vi Mort est chil quil ne voit (fors) que de l’un des .ij. euz, 
Qui por fuïr enfer fait a s’ame son mieuz. 

Nos quil par la moistié a grant soignoz des cheuz, 

24 Leffait, sil l’asavore, plus douchement que milz. 

vu Ker Damledex nos dit, gel sai weraiement, 

Qu’em trois maniérés font les genz lor sauvement, 

Mès l’une lor savore assez plus douchement 
28 Ke les deuz ne feroient ensemble omniement. 

viii Les unes gens se sauvent par redot de la painne 
Quil d’enfer naist et sort si orde et si willainne, 

Ke cil quil la s’embat et qui on la le mainne 
32 Sent touz jors les doulors et male vie meinne. 


xxii Qui haute matière a, bien doit hautement dire, 
Lore ne me puis plus par raison escondire 

De dire et raconter en rommans et descrivre 
88 La vie de chelui que j’aim moût et desierre. 

xxiii Ch’est li sires de quoi j’ai fait mon avoié(e), 

Et por s’avoerie sil li ai je voié 

K’ainz que j’aie mon senz perdu ne aloé, 

92 Woil bien dire de lui, quer maint hom a loé. 

xxiv 111 a loee (sic) touz ceuz quil de cuer l’ont servi, 
Et se serf bien de cuer tart l’avrai deservi ; 

Dont ne me doi je domques trouver a aservi 

96 Ke devant son servise nul autre aie encouvi. 

xxv Chel seint ewangeliste dont ma manere sort, 

Quil suscita maint mort et fist oîr maint sort, 
Ch’est uns des quatre flueves qui em paradis sort, 

100 Ch’est chil qui si bien est de Dieu et de sa cort. 


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— 56 — 


xxvi Ch’estchil quil Dex apele près de lui et aclieinne, 

Ch’est chil quil reposa sor son piz en la cheinne, 

La ou but en dormant de la sainte fontainne, 

104 Par quoi seinte Yglise est de divinité plainne. 

Voici maintenant les quatrains que j’ai pris pour la fin 
de la vie de saint Jean l’évangéliste, mais qui maintenant 
me semblent appartenir plus probablement à un poëme 
sur la Vierge. L’auteur se nomme au dernier vers : 
Henri de Wallentinnes. Je suppose que Wallentinnes est 
Valenciennes. Faut-il, en ce cas, identifier cet Henri avec 
le Henri de Valenciennes qui a écrit l’histoire de Henri, 
empereur français de Constantinople, et sur qui nous 
sommes fort à court de renseignements? Je ne saurais le 
dire. Je note en passant, pour arrêter toute conjecture 
inutile, qu’il ne faut pas songer à corriger <c Herman de 
Valenciennes ». Le poète Herman est plus ancien, et 
écrit d’un autre style. 

cdlx Mès trop est decheüs quil l’ennemi sousprent, 

E qui croit son conseil et qui a lui se prent, 

Ker vostre fil l’en het et grant wainjanche em prent. 

Sages est qui vos sert, fous (est) quil vers vos mesprent. 

cdlxi Jamès, se Dex plaist, dame, vers vos ne mesprandrai. 

De chen que j’ai mespris penitanche prendrai, 

Et a la bone gent wolentiers aprendrai 

Gest dit et wos .vij. joies, et souvent reprendrai. 

cdlxii Vos qui cest dit orrez et lirrez dedenz livre, 

Proiez a Jhesu Christ quil félon et ivre 1 

Que des peinnes d’enfer face sauf et delivre 

Henri de Wallentinnes qui cest traitié vos livre. Amen . 

1. Sic. On pourrait suppléer [het] avant félon. 


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VI. - VIE DE SAINT EUSTACHE 


Je connais six traductions françaises en vers de la 
vie de saint Eustache : une en alexandrins monori¬ 
mes, par un certain Beneoit, une en alexandrins accou¬ 
plés, dont l’auteur se nomme Guillaume de Ferrières, 
une en quatrains de vers alexandrins, une en qua¬ 
trains de vers décasyïlabiques, deux en vers octosylla- 
biques. De ces deux dernières l’une, œuvre d’un nomme 
Pierre, connu d’ailleurs, se rencontre en plusieurs mss., 
mais l’autre, celle du ms. de Madrid, est, je crois, jusqu’à 
présent, un texte unique. U Histoire littéraire , qui, du 
reste, néglige à peu près complètement ce genre d’ou¬ 
vrages, ne mentionne aucune de ces vies de saint Eusta¬ 
che. Voici le début et la fin de la version de Madrid, qui 
contient environ 2100 vers : 

Ici conmenche la vie seint Eüstacse; oie\ la : ele est bone. 

Qui weult oïr sarmon novel, 

Drois (sicJ et verai et bon et bel, 

Face escout et entende a moi, 

Que je les dirai sanz desvei 
D’un seint martir la passion 
De grant mérité et de haut non. 

Eüstase fu apelé 
Puis que il fu régénéré. 

La vérité vos en dirai 
Si comme enn escrit la trovai, 

Conment Jhesus le converti 
Conment de son pals issi, 

Com[me] grant duel out et grant peinne 
Puis que il fu hors de son reinne; 

De sa famé et de ses emfanz 
Ke il perdi par plusors anz ; 


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— 58 — 


Com l’emperere le fist querre, 

Com fa trouvé en autre terre 
Et o quel joie il repaira ; 

Com Pemperere l’ennora, 

Conment ses .ij. filz retrova 
Et sa famé que il laissa 
Dedenz la barge au notonnier 
Que en la mer le vuolt noier; 

Et en la fin o quel amor, 

O quel joie et o quel douchor 
Il souffri mort por Jhesu Crist 
Qui saint Gabriel li tramist, 

Qui le condist en itel reine 
Ou est toz jors repos sanz painne. 

El tens Troien Pempereor 

Qui des Rommains estoit seignor... 

Fin : 

Or avez moût briement oïe 
Des glorioz martirs la vie, 

Et conment il se combatirent 
Contre deable qu’il vesquirent (sic), 

Touz ceuz qui d’eys avront mémoire 
Aient partie en la lor gloire, 

Et quil lor feste hennoreront 
Et dévotement la feront 
Puissent vers Dieu le grant loieir 
De lor pramesse averier, 

Si qu’il soient em pareïs 
Issi conme il lor fu pramis; 

Et Dex l’otroit en real sen (sic) 

Qui sanz fin vit et régné, amen. 

Expîicit vita beatissimi Eustachii et sue ... et suorum filiorum . 


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— 5 9 — 


VII. - CATON TRADUIT PAR ADAM DE SUEL 

Ouvrage dont on connaît treize exemplaires, qui ont 
été indiqués dans la Romania , VI, 20. 

Incipit prologus Caionis . 

Seignors, ainz que je vo& commanz 
Espondrai (sic) Chatons en roumanz 


Fin : 

Adans de Suel qui se repose, 
Nos dit a toz a la parclose 


Ke wolentiers devez oïr, 

Et Dex nos en doinst bien oïr. 

Explicit iste Cato dans castiga mina na... m p. a. (?) 

Paul Meyer. 


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— 6o. — 


NOTE 

SUR LE MS. DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE PARIS 
FR. 2039. 

Le t. I du Catalogue des manuscrits français (1868) 
indique dans ce ms. sept articles différents. Le sixième 
est la vie de saint Jean l’évangéliste que contient aussi, 
comme on l’a vu ci-dessus, le ms. de Madrid. C’est ce 
poëme que j’ai surtout en vue présentement; cependant 
je ferai quelques remarques sur d’autres parties du même 
ms. qui n’ont pas été décrites avec exactitude dans le 
Catalogue . 

i° « Ensengnemens», commençant par : « Contre les viertus et le 
puinture dou cief, prendes cierfiel... » et finissant par « ... ki font 
plus adroit à gugier, si sont chil des iex et dou vissage. Explichit 
des Ensengnemens. » 

Il n’eut pas été superflu d’ajouter que ces « ensen¬ 
gnemens » contiennent des morceaux bien distincts : 
i° des recettes médicales; 2 0 (fol. 6 d )des prévisions mé¬ 
téorologiques déduites du jour de la semaine avec le¬ 
quel coïncide Noël, opuscule dont les rédactions, en 
latin ou en français, en vers ou en prose, sont infini- 
ment nombreuses; 3 ° (fol. 7 b ) les jours égyptiens; 
4 0 (fol. 7 d ) quelques règles de comput pour trouver les 
fêtes mobiles; 5° (fol. 8 a ) quelques préceptes d’hygiène 
pour divers mois de l’année; 6° (fol. 8 d ) autres précep¬ 
tes relatifs aux jours de jeûne; 7 0 (fol. 9 a b ) quelques 
indications sur la division de l’année, sur la longueur 
variable des jours et des nuits en chaque mois; 8° (fol. 9 c ) 
« ch’est comment vous porés savoir le complasion dou 
cors selonc nature », petit traité où on détermine le ca- 


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— 6i — 

ractère moral de l’homme d’après ses particularités 
physiques. 

La vie de saint Jean l’Évangeliste occupe du fol. 22 c 
au fol. 34 b . Je copie les quatrains qui correspondent à 
ceux qui ont été transcrits ci-dessus p. 54-6 d‘après le 
ms. de Madrid : ils sont très-corrompus, mais toutefois 
ils offrent en quelques endroits un texte plus correct que 
celui de Madrid. 

1 Sallemons dist et conte une raisson pour voir//. 22 c) 
Que au conmenchement de sens et de savoir 
Convient il a cascun par fin droit estavoir 
4 Amour de Diex le douche dedens son cuer avoit. 

II Car cil dist qui Tomme ainme que il le doute et crient, 
Pou[r] çou k’amours est douce ; mais de chou me souvient 
Ke doute sans amour a moût de gent remaint, 

8 Ke siervir et douter malgré(l) iaus lor couvient. 

III Mais la raisson devinne nos moustre en cest afaire 
Qu’il nos couvient a Diex chou desiervir et faire ; 

L’amer et redouter; et c’est pour miex desfaire 

1 2. Les grans maus dont la cars nos semont a fourfaire. 

iv D’une cosse fait Diex a nos tous grant clamour 
Ch’a painnes nos souvient de lui ne de s’amour; 

Car, s’en infier n’avoit tans maus, tante dolour, 

16 Trop pau s’en retrairoit nus hons de sa folour. (d) 

v Dont naisse mais fors seullement par doute, 

K’il crient les anemis l’asanlée et la route; 


4 Le copiste, qui ne comprenait pas, a mis ici et au v. 6 douche 
et douce pour doute. — 17 naisse, cf. M. — 18 les, corr. des 
d'après M. 


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Mais sa connisanch’est en .ij. momens si route 
20 Qu’il ne voit ke d’un oel ; en l’autre a il la goûte. 

vi Chius ki ne voit goûte ke de l’un de ses iex. 

Qui pour fuir son mal fait a l’arme son miex. 

Et ki pour la mainnie le fait a roy des chieus, 

24 Je croie ii biens saweure plus douchement ke miex. 

vu Une cosse dist Diex ke jou sai vraiement, 

K’en .iij. maniérés font les gens lor sauvement, 

Mais l’unne le saweure assés plus douchement 
28 Ke les .ij. ne feroient ensamble omniement. 

vin Aucunne gens saweurent pour redout de la painne 
D’infier ki est trop et hideuse et villainne, 

Ke chil ki s’i enbat et qui on n’i amainne (/. 22) 

32 Sent tous tans la dolour et li est bien proçainne. 


xxi Ki haute matere a bien doit hautement dire; (/. 23 d) 
Dont ne m’en puis jou plus par raisson escondire 
De dire et de trouver del baron et d’èscrire 
84 Ke Diex weut deseur tous et amer et eslire. 

xxii C’est li sires de cui j’ay fait men avoet, 

Et pour s’avouerie se li ai jou vouet 


19 momens, lis . avec M, moitiés. — 21-4 Voy. la restitution 
proposée p, 54 . — 24 V i de li a été gratté , et il y avait entre 
croie et li un autre i qui a été gratté aussi. — 28 Les deux mss . 
sont d* accord pour donner omniement, comme si Vétymologie était 
omnis. Z)’ autre part la forme qu'on rencontre toujours au moyen 
dge est onniement, ou (ce qui n'est peut-être qu'une mauvaise 
lecture) ouniement. De même onni et oni. Il me paraît donc im¬ 
possible, malgré la coïncidence des sens , de rattacher ce mot à 
unitus, comme on le fait ordinairement. — 29 saweurent, cf. M. 


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K’ains que j’aie men sens pierdut ne alevet; , 

88 Wel jou dire de luy, car maint homme a levet. 

xxiii Chiens alieuve tous chiaus qui de cuer Font siervit, 

Et se jel sierc, bien say tos Tara desiervit ; 

Dont ne doi jou mie (/. 24) trouver si aviertit 
92 Ke devant son sierviche nulle autre wevre aie empris. 

xxiv Del saint evangelistre ceste matere sourt, 

Ki sussita maint mort et fîst olr maint sourt, 

C’est uns des .iiij. flueves qui en paradis court, 

96 C’est chieus qui si bien est de Diex et de sa court. 

xxv C’est chieus qui Diex apielé pries de lui et achainne, 

C’est chieus ki reposa sour son pis a la chainne, 

U il but en dormant de la douche fontainne, 

100 Par cui sainte eglisse est de divinitet plainne. 

Voici maintenant la fin, qui manque peut-être au 
ms. de Madrid, ou que du moins je n’ai pas su y 
trouver. 

cxciv Puis que j’ai translatet ceste vive matere (/. 34 a) 

De dire et de despondre trestout adies m’atire, 

Pour coy l’evang[e]listre ne soufiri nul martire, 

776 Et que sa cars hum^inne demoura toute entire. 

cxcv Entière demora toute s’umainne cars 

Car de tous biens fu larges et de pechier escars, 

K’il ne fu décollés, cruchefiiés ne ars; 

780 Ensement le weut Diex qui tous jours le warda. 

cxcvi Conment Diex rechut mort et fu en crois plaiiés 
Puet dont iestre chis sains sans martire apaiiés i 
Oïl et s’en fu il de mains maus asaiiés, 

784 Mais ains ne fu pour çou n’esfreés n’esmaiiés. 


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cxcvii Voirs est ke Diex SQuffri grief martire pour nous, 

Puis fist souffrir martire a ses apostles tous ; 

Che fist il pour pitiet de toutes et de tous, 

788 Mais sans mal trespassa l’evangeliste dous. 

cxcviii 11 fu de s. eglisse confors, sollas, lumière, 

Dont Diex dist une fois a monsigneur Saint Piere : 
a A toy, » fait il, ne monte ne cils ne sa maniéré, 

792 a Ains wel que ensi maingne tant que revenus ierc ». 

cxcix Del s. evangelistre ai la vie retraite 

Et mis tout en roumans et del latin estraite, 

Et tant de me sienche i rai misse et retraite 
796 Que nus ne m’en doit dire viilain mot ne retraite. 

cc Si proie au haut barom dont j’ai fait recordanche 
K’il fâche venir m’arme a si droite acordanche 
K’elle fâche en cest siecle de ses maus amendanche, 

800 Et il par se pitiet m’en doinst faire aydanche. 

Amen. Explichit dou roumant de S . Jehan le Vangelistre . 

Ces extraits de la vie de saint Jean sont tout ce qu’il y 
a à tirer du ms. 2039 pour compléter la notice du ms. 
de Madrid; mais, puisque l’occasion s’en présente, nous 
poursuivrons l’examen commencé. Le septième et der¬ 
nier article du Catalogue des mss . français est ainsi 
conçu : 

7° « Des Paines d’infier et des tourmens, et des joies de para¬ 
dis », commençant (fol. 34) par : « Se tu weus savoir de paradis 
qui tant vaut, comment tu le pues deservir... » et finissant par : 
a Quant il sont angoussiet de froidure asprement, 

Tourmentet de grésil et noif et de trenchant tourment. » 

Le rédacteur de cette notice a été trop vite en beso¬ 
gne. On y regarde à deux fois avant d’affirmer qu’un 


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— 65 


ouvrage commence en prose et finit en vers. Le fait est 
que le petit traité en prose, sur les peines d’enfer, n'a 
qu’une page dans l’état actuel du ms. Il s'interrompt au 
bas du fol. 34 v°, à ces mots : 

Apriès tu mesfais enviers toutes biestes et enviers oisiaus et en- 
viers tous poissons et enviers toutes teriiennes... 

Et les feuillets 35 et 36 sont occupés par un fragment 
de poëme que le rédacteur du Catalogue a entièrement 
ignoré. Ce fragment appartient à la Vie de sainte Thaïs , 
l’un des ouvrages les plus remarquablement écrits, sans 
aucun doute, que nous ait laissés le moyen âge. J’ai pu¬ 
blié un extrait de cette légende dans mon Recueil d'an¬ 
ciens textes, deuxième livraison, n° 20 , d’après six mss., 
et j’en ai indiqué un septième dans VAvertissement de 
cette livraison. Avec le ms. 2039 nous arrivons à huit. 
Je donne ci-après le texte des vers que contient le 
fol. 35, plaçant entre parenthèses, lorsqu’il y a lieu, les 
numéros des quatrains qui sont déjà publiés dans mon 
Recueil . Après le fol. 35, quatre feuillets, qu’on a eu le 
tort de ne pas comprendre# dans la pagination, ont été 
coupés avec des ciseaux ; il ne reste plus que des bouts 
de vers. Le fol. 36 se termine par les deux vers que cite 
le catalogue, et il y a ensuite deux petits fragments de 
feuillets contenant encore quelques bouts de vers. Je 
donne ce texte sans en entreprendre la comparaison avec 
les autres mss.: il n’en vaut pas la peine, car c’est assuré¬ 
ment la moins correcte des copies que nous possédons 
de la Vie de sainte Thaïs. 

Qués pechiés k’il ait fait, lues k’il s’en retraira, (f. 35 ) 
S’amendise en weut faire (ja) Diex nel reffusera, 

Se maus wet relenkir Diex les oubliera. 


5 


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- 66 — 


(i) Qui Diex donne droit sens, chertes moût puet haïr 
Iteus weuvres qui font l’omme de Diex partir. 

Cest dure départie qui l’arme fait morir 
Es tourmens en infier sans nulle fin souffrir. 

(ix) Mainte arme pecheresse est en infier gietée, 

Se mauvais maistres ne fust, qui ja ne fust dampnée; 
Telle i est, se li fust la voie Diex moustrée, 

Le mal euist laissiét, se fut vers Diu tornée. 

(x) Qui les brebis Diex gardent lept sont et perecheus; 
De sauvement des armes ne sont gaires songneus. 
Moût est mués li siècles, li tans moût perilleu6. 

Car teus deüst iestre paistres qui est devenus leus. 

(xxviii) Qui tant ad de savoir que bien et mal entent, 
Encontre Diex se dreche trop aouviertement, 

Et bien set que mal fait se il ne s’en repent. 

Hé las ! cieus iert gietés el plus haspres tourment. 

(xxxvi) De cascun a sauver uns preudons se penoit, 

A Diex sans conpaignon pas aler nevoloit; 

Bien savoit, devant Diex que plus en i menroit. 

Tant seroit miex vignans, a Diex plus amenroit (sic). 

Bien sai cil qui Diex servent que grant joie averont 
Il aront tant de bien que ja plus n’en voront. 

Et li malewireus qui tout adiès mal font 
Nus ne poroit a dire les maus qu’il souferont. 

Txlvii) Si com li livres dist cascuns son fais portra, 

Et caskuns pour sa coupe grant painne souffera. 

Ky soy piert et autrui, caitif, que devenra? 

Il est plus durs que piere qui de çou pavour n’a. 

Se li uns hons voit l’autre caiir et tresbuskier, 

Et pitiés ne l’en prent et ne li weut aydier 
L’escristure tiemoingne k’i[l] le conpara cier, 

Car il puet si ne voit son proime redrechier. 


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“ 6 ; — 

Las ! conment respondra et fra droit pour autrui 
Qui ne pora respondre et droit faire pour lui t 
Dont dira, mais a tart : a Com je sui mal baillis! 

« Or me revient devant que jou si mauvais fuy! » 

A grant painne pora cascuns son fais porter. 

Qui autrui fais portra comment pora durer ? 

Maleuwireys chelui qui ne se weut sauver. 

Mais encor plus chelui qui autrui weut damner ! 

Mai[n]s hons fust délivrés et escapés de mort, 

Sans péril fust venus et arivés a port 

Se ne fut mais essempies et par mauvais confort. 

Se Diex en prent vengance quidiés qu’il fâche tort ? 

Sachiés que de tous maus sera prise venganche. 

Mais quoy que li hons fâche, s’il vient a repentanche, 

En la merchit de Diex doit avoir grant flanche ; 

Il lait moût de son droit par vraie peneanche. 

Li livres dist un mot c’on puet bien redouter : 

A paines se pora li justes hons sauver; 

Que fera dont pekieres? u se pora tourner ? 

Ciertes n’a point de sens qui chi ne weut penser. 

Qui chi ne weut penser, a tout chose qu’il a fait. 

Et que Diex pas n’oublie point ce petit fourfait, 

Ne petites pensées sans va[n]ganche ne lait, 

A grant miervelles est que de mal ne se retrait. 

Autrui et lui meïsmes trait a perdision 
Qui s’esgolst de çou qu’il ne fait se mal non, 

Qui de tote et de reube a plainne se maisbn. 

D’autres. (/. 35 bis) 

< Paul Meyer. 


Le Puy, imprimerie Marchessou, boulevard Saint-Laurent, 2 3. 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 

DES 

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 


SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 

Tenue chez M. le baron J. de Rothschild, le 23 janvier 1878, 
à 2 h. 1/2. 


Présidence de M. Michelànt, président. 

Nouveaux membres : Queen’s College, Belfast (Ir¬ 
lande); M. P. Dubois, à Bordeaux; la Bibliothèque ae 
P Université de Prague. 

État des impressions. — Imprimerie Chamerot : Bul¬ 
letin, feuilles 7 et 8 (fin de l’année 1877) en page. 

Imprimerie Marchessou : Mystère du Vieil Testa¬ 
ment, 20 feuilles tirées, feuilles 22 à 26 en épreuves. 

M. le baron de Rothschild fait savoir au Conseil qu’il 
avait d’abord paru possible de faire entrer dans le pre¬ 
mier volume la partie du mystère qui s’étend jusqu’au 
sacrifice d’Abraham inclusivement, c’est-à-dire les pre¬ 
miers 11,000 vers. Mais cette partie, qui est imprimée, 
occupe 3 i feuilles, sans les notes qui y sont afférentes. 

6 


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— 7 o 


Afin de réduire le volume à de justes dimensions, il a 
paru à propos de faire des 6 dernières feuilles les 6 pre¬ 
mières du tome suivant. Le tome I se composera donc 
de 25 feuilles de texte et des notes. 

M. le Trésorier fait connaître au Conseil le nombre 
des exemplaires qui ont été vendus séparément de cha¬ 
cune des publications de la Société. Il résulte de cette 
communication qu’on peut prévoir le moment où cer¬ 
tains volumes, notamment les Chansons du xv e siècle, 
seront épuisés. Le Conseil, informé en même temps que 
plusieurs membres n’ont pas retiré leur exemplaire, et 
considérant que la Société ne peut être indéfiniment 
responsable envers ces membres des exemplaires qu’ils 
n’ont pas réclamés en temps opportun, décide qu’il leur 
sera adressé une circulaire afin de les inviter à retirer 
chez MM. Didot les publications auxquelles ils ont droit. 


SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 
Tenue chez M. le baron J. de Rothschild, le 27 février 1878, 
à 2 h. 1/2. 


Présidence de M. Michelant, président . 

Nouveaux membres : MM. X. de Chavagnac; E. Ru- 
palley; G. Normand; Parker,libraire à Oxford; Ephrus- 
si; le séminaire philologique à l’Université d’Upsal. 

Etat des impressions. — Imprimerie Chamerot : le 
n° du Bulletin qui termine l’année 1877 est tiré. 

Imprimerie Marchessou : Eüstache Deschamps , le 
texte du premier volume est tiré ; les notes sont à la 
composition. — Voyage en Terre-Sainte, 2 feuilles ti- 


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rées, 2 en bon à tirer, feuilles 5 à 7 en page. — Vie de 
saint Gilles, texte tiré, le glossaire est en placards. 

Le Conseil décide qu’il sera joint au Voyage en 
Terre-Sainte une carte itinéraire. 

La commission de comptabilité, composée de 
MM. Baudry, Bonnardot, le M l# de Laborde, fait au 
Conseil son rapport sur les comptes de l’exercice de 
1876. Les conclusions de ce rapport sont approuvées. 


SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 

Tenue chez M. le baron J. de Rothschild, le 28 mars 1878, 
à 2 h. 1/2. 


Présidence de M. Michelant, président . 

Nouveaux membres : MM. G. Beer (pap. Whatman); 
R. de Saint-Pierre. 

État des impressions. — Imprimerie Chamerot : Dé¬ 
bat des hérauts d* armes, les notes, tant du Débat fran¬ 
çais que du Débat anglais, sont entièrement composées. 

Imprimerie Marchessou : Eustache Deschamps, les 
notes du premier volume, qui formeront environ 3 feuil¬ 
les, sont en placards. — Voyage en Terre-Sainte, 
4 feuilles tirées; la fin du texte est en page. 

M. le président donne lecture d’une lettre par laquelle 
M. L. Havet, membre de la Société, demande que les 
volumes publiés par la Société soient livrés rognés au 
moins en tête, sinon sur les trois tranches. Cette propo¬ 
sition n’est pas adoptée. On fait remarquer que beaucoup 
de membres préféreront certainement recevoir leurs vo- 


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72 — 


lûmes non rognés; que, d’autre part, on ne pourrait 
avoir en magasin les volumes dans les deux états, les 
uns rognés, les autres intacts, sans compliquer singuliè¬ 
rement le service de la remise des publications. 

M. Picot fait connaître qu’une Université d’Allema¬ 
gne demande à acquérir, avec un rabais, dix exemplaires 
de Y Album des anciens monuments de la langue . Le 
Conseil décide que le prix de l’album étant, pour les 
acheteurs étrangers à la Société, de 3 o francs, pourra ex¬ 
ceptionnellement, en cas semblable, être abaissé à 20 
francs. 


SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 
Tenue chez M. le baron J. de Rothschild, le 24 avril 1878, 
à 2 h. 1/2. 


Présidence de M. Michelant, président . 

Etat des impressions. — Imprimerie Marchessou : les 
Miracles de Nostre Dame, t. III, 4 feuilles en bon à ti¬ 
rer et 4 feuilles en placards. — Le texte du t. I d'Eusta- 
che Deschamps est tiré, les notes sont en bon à tirer; 
t. II, 14 feuilles en placards. — Le i er n° du Bulletin de 
1878 est en bon à tirer. — Le I er vol. du Mystère du 
vieil Testament sera prêt dans quelque temps; il ne reste 
plus à achever que les notes et l’introduction. 

Proposition de publication. 

M. P. Meyer propose deux nouvelles publications 
à la Société. Il s’agit de deux poëmes dont les mss. sont 
en Angleterre; le premier, Yder, est un roman de la 
Table ronde; le second, Doon de la Roche , est une chan¬ 
son de geste du cycle carolingien. — Renvoi des deux 


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- 73 - 

projets de publication à une commission composée de 
MM. Michelant, G. Paris et G. Raynaud. 

Le Conseil, prenant en considération le petit nombre 
d'exemplaires restant en magasin des Chansons du xv* 
siècle décide que le prix de ce volume sera élevé de 
5oo/o, c’est-à-dire porté à fr. 18,75, pour le papier ordi¬ 
naire et à 37,5o, pour le papier Whatman. 

Le Conseil fixe au 1 5 mai sa prochaine réunion, et 
l’assemblée générale, ne pouvant avoir lieu le jeudi 3o, 
jour de l’Ascension, se tiendra le mercredi 29. 


SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 
Tenue chez M. le baron J. de Rothschild, le 22 mai 1878, 
à 2 h. 1/2. 


Présidence de M. Michelant, président . 

État des impressions. — Imprimerie Marchessou : 
Voyage en Terre-sainte, tout le texte, 7 feuilles, est tiré ; 
les éditeurs rédigent la table des noms et le glossaire. — 
Miracles de Nostre Dame , t. III, 4 feuilles tirées, feuil¬ 
les 5 à 8 en bon à tirer, 3 feuilles en placards. — Vie de 
saint Gilles, 9 feuilles tirées. 

M. le président fait savoir au Conseil que le Ministre 
de l’Instruction publique a souscrit à 3 o exemplaires des 
publications de la Société pour 1876 (arrêté daté du 
7 mai dernier). 

M. Michelant fait un rapport sur le projet de publica¬ 
tion du roman d 'Yder, proposé par M. P. Meyer à la 
séance précédente, et conclut à son admission. Ces con- 


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74 — 


clusions sont adoptées, et M. Michelant est nommé comr 
missaire responsable de cette publication. 

M. G. Paris fait un rapport sur le projet de publica¬ 
tion de la Chanson de Ék)on de la Roche, proposé par 
M. P. Meyer à la séance précédente, et conclut à son admis- 
sion. Ces conclusions sont adoptées, et M. G. Paris est 
nommé commissaire responsable de cette publication. 

Le Conseil invite M. de Montaiglon à préparer le plus 
promptement possible la première partie du Recueil gé¬ 
néral des sotties, monologues , moralités, farces , celle 
qui contiendra les sotties. M. de Montaiglon se dé¬ 
clare en état de satisfaire prochainement au vœu du 
Conseil. 

Le Conseil prépare Tordre du jour de la séance géné¬ 
rale qui aura lieu le 29 du même mois. 


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

Tenue à la Bibliothèque nationale (salle du cours d'archéo¬ 
logie), le 29 mai 1878. 


Présidence de M. Michelant, président. 

La Société entend la lecture du discours du président, 
des rapports du secrétaire et du trésorier. 

Sont élus membres du Bureau et du Conseil, pour 
siéger jusqu'à la prochaine assemblée générale, les 
membres de la Société dont les noms suivent : 

BUREAU. 

Président. ..... MM. G. Paris. 

Vice-présidents . . . Thurot, de Montaiglon. 

Administrateur . . . M u de Queux de Saint-Hilaire. 


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MM. P. Meyer. 

G. Raynaud. 

Baron J. de Rothschild. 
E. Picot. 

CONSEIL. 


Secrétaire . 

Secrétaire-adjoint .. 

Trésorier . 

Trésorier-adjoint. . 

MM. F. Baudry. 

F. Bonnardot. 

H. Bordier. 

Alfred Didot. 

E. Egger. 

L. Gautier. 

M u J. de Laborde. 
S. Luce. 


MM. Ch. Marty-Laveaux. 
H. Michelant. 

P. Paris. 

U. Robert. 

E. de Rozière. 
Baron A. de Ruble, 

F. Wey. 


Discours de M. Michelant, president . 

Messieurs, 

Mes premières paroles seront pour vous remercier de 
l’honneur que vous m’avez fait en m’appelant à succéder 
au savant éminent qui a le plus contribué à fonder 
notre Société, et en me chargeant de la diriger pendant 
l’année qui vient de s’écouler. Si, comme je l’espère, je 
ne suis pas resté trop au-dessous de ma tâche, je le dois 
au concours bienveillant et empressé des membres du 
Bureau et du Conseil, dont une partie a suivi nos séances 
avec un zèle qui ne s’est pas ralenti : grâce à nos efforts 
réunis, j’ose croire que la Société s’est maintenue au 
rang élevé où elle s’est placée dès son origine, et elle 
semble marcher dans une voie de plus en plus prospère. 
Nous avons cependant essuyé quelques pertes qu’il est de 


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— 7 * - 

mon devoir de vous signaler. C’est d abord M ma Poisson, 
veuve d’un ancien notaire et membre delà Sociétéde l’his¬ 
toire de France, renommée par son goût pour les lettres et 
les arts qu’elle n’a cessé d’encourager, et son amour pour 
les beaux livres dont elle avait formé une superbe 
bibliothèque; puis M. Babinet de Rencogne, archiviste 
du département de la Charente, qui a publié, dans le 
recueil de la Société archéologique d’Angoulême, divers 
opuscules sur l’histoire de son pays, des généalogies 
importantes et une bonne dissertation sur les différents 
systèmes adoptés pour fixer le commencement de l’année 
au moyen âge jusqu’à la réforme de 1564; enfin 
M. de Grandgagnage, sénateur du royaume de Belgique, 
président de plusieurs sociétés littéraires, auteur d’excel¬ 
lents travaux de philologie et notamment d’un diction¬ 
naire du dialecte wallon, justement estimé des érudits, 
mais dont la publication s’est malheureusement arrêtée 
quoiqu’il fût entièrement achevé. Espérons que quelque 
société savante du pays continuera une œuvre aussi 
utile : c’est une tâche qui nous semble dévolue à la 
Société de littérature wallonne comme un hommage 
à la mémoire de son ancien président J . A ceux que je 
viens de nommer, il faut joindre la retraite de quelques 
membres, dont l’adhésion n’avait été qu’un acte de 
complaisance passager, mais ils ont été bientôt rempla¬ 
cés par d’autres plus dévoués à notre œuvre. En outre, 
M. le Ministre de l’Instruction publique, aux instances 
de votre président, sur la proposition bienveillante de 

1. Par disposition testamentaire M. de Grandgagnage a assuré 
la publication de son œuvre qu’il a confiée aux soins d’un philo¬ 
logue distingué, M. A. Scheler, son ami. 


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— 77 ~ 


M. le Directeur des sciences et des lettres, nous a accordé 
une souscription égale à celle de la Société de l’histoire 
de France. En nous mettant au même niveau qu’une 
Société qui, depuis si longtemps, s'est placée au premier 
rang dans l’estime publique, par le choix et l’excellence 
de ses publications et par l’impulsion qu’elle a donnée 
aux études historiques, M. le Ministre nous a prouvé 
d’une manière éclatante son estime pour nos travaux, 
et nous saurons nous en montrer dignes en redoublant 
d'efforts pour la justifier aux yeux du public. 

Nous avons une noble et vaste tâche à remplir ; c’est de 
faire connaître à la France qui l’a produite et aux autres 
peuples qui l’ont imitée, notre littérature nationale au 
moyen âge. Nous y trouverons nous, des jouissances 
plus vives qu’on ne se l’imagine généralement ; la com¬ 
paraison des œuvres anciennes fera mieux ressortir, à 
nos yeux, la valeur de nos grands écrivains. Pour en 
citer un exemple, soyez assurés que la lecture de nos 
vieux fabliaux peut seule nous révéler combien a été 
parfois imitateur celui que nous appelons l’inimitable, 
et nous découvrir tout ce que, sous sa feinte naïveté, il 
y a puisé de finesse et de malice. Aux étrangers nos 
publications offriront un intérêt non moins vif. Personne 
ne l’ignore aujourd’hui, mais il nous sera permis de le 
rappeler en quelques mots : il fut une époque où notre 
littérature charmait l’Europe entière qui l’a traduite et 
s’en est inspirée. Au xiv* siècle, la légende carlovingienne 
était si répandue en Italie, qu’elle enfantait un livre 
populaire qu’on réimprime encore journellement, les 
Reali di Francia , généalogie fabuleuse des premiers 
rois de France composée de chansons de geste, mala¬ 
droitement soudées à la suite l’une de l’autre; puis 


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— 7 » — 

vinrent en foule des traductions en vers et en prose, des 
remaniements où nous ne relèverons que le Morgante 
maggiore, attribué d’abord à Pulci, qui n’a fait que le re¬ 
toucher, et l’interminable Orlando de Bojardo, refait en¬ 
tièrement par Berni, jusqu’au jour où, par un trait de gé¬ 
nie, l’Arioste, combinant les aventures delà Table ronde 
avec les prouesses des paladins de Charlemagne, écrivit 
un des chefs-d’œuvre de la langue italienne. Passons sur 
Alamanni, Bernardo Tasso, et tant d’autres; mais 
Torquato qui connaissait toutes nos anciennes épopées, 
fixé après de longues hésitations sur le choix de son 
sujet, n’a pas craint d’emprunter des épisodes intéres¬ 
sants aux poèmes qui, chez nous, racontaient la prise de 
Jérusalem. Quant aux romans de la Table ronde, Dante, 
dans un seul vers, nous a dit quelle impression pouvait 
produire leur lecture. — L’Espagne, dans ses luttes 
contre l’islamisme, a créé un genre de poésie, les Ro¬ 
mances, qui nous doivent peu de chose, tout au plus 
quelques réminiscences, sous des noms fictifs. Plus 
tard cependant, elle adopta l’Alexandre, Apollonius de 
Tyr, etc. Dans la poésie dramatique, où elle a excellé, 
Lope de Vega, Calderon, ont introduit le cycle carlovin- 
gien dans la las Mo\edades de Roldan , Valentin y Ur - 
son, Roncesvalles, la Pohreqa de Reynaldos et la Puente 
de Mantible . Enfin, si le chef-d’œuvre de la littéra¬ 
ture espagnole a été écrit pour combattre l’in¬ 
fluence toujours croissante des Amadis, il faut re¬ 
connaître que le premier et le meilleur des romans de 
ce nom, dont la qationalité est encore douteuse à nos 
yeux, ne se compose que d’épisodes empruntés aux 
grands romans d'Artus et de sa cour; et, sous ce rapport, 
l’Espagne nous est encore redevable. — En remontant 


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— 79 “ 


au nord, nous trouvons d’abord l’Angleterre, qui, par 
suite de la conquête normande et des relations conti¬ 
nuelles des deux pays, avait adopté la plupart de nos 
romans. Les citations abondent ici : ce sont les Lais 
de Marie de France, Merlin, Artus, Gui de Warwick, 
Otioel, Roland et Ferragus, Floire et Blancheflor, 
Ypomédon, Amadas et Idoine, Cliges, Guillaume de 
F*lefn&, et tant d’autres que nous omettons pour 
abréger cette nomenclature déjà trop longue. L’Allema¬ 
gne, U est vrai, avait eu dans les époques les plus recu¬ 
lées ses épopées nationales dont il ne reste que les 
Niebeiungen, Gudruti et divers fragments conservés 
daos le Heldenbmh qui remontent aux temps héroïques. 
Cependant, dès la fin du xiii* siècle, elle traduisait déjà 
une partie de nos romans, Atys et Prophilias , la Guerre 
de Trotte, la Chanson 4 e Roland; et ses mirmesinger les 
plu* illustres, Wolfram d’Eschenbach, Gotfried de Stras¬ 
bourg, Hartmann von der Aue, etc., marchant sur les 
traces de Chrestien de Troyes, venaient puiser leur inspi¬ 
ration dan* nos légendes carlovingiennes et bretonnes. La 
Scandinavie a suivi cet exemple : du xiv 8 au xv« siècle, 
le Danemark, la Norwège et la Suède, parfois sous Pin- 
fluence et par les soins de leurs souverains, ont recueilli et 
admis dans leur langue la plupart de nos compositions 
littéraires. L’Islande en a tiré nombre de Sagas . De la 
poésie, ces récits ont passé dans les chroniques ; puis 
au xvn° et au xvm 0 siècle, fait bizarre, ils se sont de 
nouveau introduits dans la poésie, en un pauvre coin 
de terre isolé, sous un des plus rudes climats du nord 
de l’Europe, aux Fœrœe, dont le peuple chante 
encore les exploits de Roland et de ses compagnons. 
J’ai cru devoir vous rappeler brièvement tous ces faits : 


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— 8o - 


ils sont bien connus du monde savant ; aussi, de toutes 
parts, voit-on accourir des travailleurs qui viennent 
étudier notre ancienne littérature. Parmi les étrangers 
qui affluent dans nos bibliothèques, il en est surtout qui 
aspirent à l’honneur de nous surpasser et de nous devan¬ 
cer dans la publication de nos anciens textes. Quiconque 
fréquente notre département des manuscrits, est à peu 
près sûr d’y rencontrer de jeunes étudiants fraîchement 
sortis des universités allemandes, souvent même des 
professeurs, qui sans relâche s’empressent de transcrire 
tout ce que nous a légué notre moyen âge : poëmes, 
romans, chansons, fabliaux, légendes, chroniques; ils 
copient tout pour l’imprimer à leur retour. Devons-nous 
leur laisser le champ libre et marcher à leur suite? Non, 
Messieurs, c’est surtout à nous qu’il appartient de 
publier nos anciens textes; telle est la tâche à la¬ 
quelle vous êtes conviés et que votre président 
vous recommande de la manière la plus pressante. 
Son appel, je l’espère, sera entendu et vous y répondrez 
avec ardeur. Ce sera notre gloire, aujourd’hui, de re¬ 
mettre en lumière les œuvres littéraires qui ont fait 
celle de nos ancêtres : et cette exposition, aussi complète 
que possible, des productions de la muse nationale mon¬ 
trera aux autres nations que si, dans le cours de ses 
destinées, la France a subi des échecs passagers dont 
elle n’a pas tardé à se relever, il est une arène où de 
tous temps elle a gardé une supériorité incontestée et 
incontestable. 


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— 8i — 


Rapport sur les travaux de la Société des anciens 
textes français en 1877, par M. Paul Meyer, se - 
crétaire. 

Messieurs, 

Depuis notre dernière assemblée générale, trois volu¬ 
mes vous ont été distribués : Les Sept Sages de Rome 9 
pour compléter l’exercice 1876, — le second tome des 
Miracles de Nostre Dame et VAiol qui forment deux des 
trois volumes dont se composera l’exercice 1877. Le 
troisième est l’édition du Débat des hérauts de France 
et d'Angleterre y mise sous presse en 1875 par notre re¬ 
gretté confrère Léopold Pannier, et dont l’achèvement a 
été confié à votre secrétaire, qui, cette fois encore, est 
obligé de réclamer votre indulgence pour un retard dont 
toutefois il n’est pas entièrement responsable. Les der¬ 
nières pages du Débat ont été envoyées à l’impression 
il y a quelques semaines, au moment où la grève des 
ouvriers typographes jetait le désarroi dans les principa¬ 
les imprimeries de Paris. Les expédients auxquels on 
eut recours pour faire face aux besoins les plus urgents, 
ne pouvaient convenir à une publication plus anglaise 
que française, hérissée de notes, et réclamant de toutes 
façons des soins particuliers. Il a donc fallu, dans l’in¬ 
térêt même de l’édition, en suspendre l’achèvement. Tel 
est le motif pour lequel le Débat ne peut encore vous 
être livré. Du reste, le retard qu’il subit n’aura pas été 
sans compensation. John Coke, l’auteur du Débat an¬ 
glais que nous avons imprimé à la suite du Débat fran - 
çais, a été mentionné par plusieurs bibliographes an¬ 
glais, mais aucun n’a pu fournir sur sa personne d’autres 
renseignements que ceux qu’il nous a lui-même trans- 


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— 82 — 


mis au début de son ouvrage, et ces renseignements 
se bornent à peu près à la qualification de « clerc des 
Statuts de l’Estaple de Westminster ». Des investigations 
faites tout récemment au Record Office , les Archives na¬ 
tionales de l’Angleterre, m’ont permis de préciser cette 
notion, et de déterminer à la fois la nature de l’office dont 
J. Coke était pourvu et le temps pendant lequel il l’a 
exercé. Ce sont là des recherches qui s’éloignent de l’ob¬ 
jet propre de notre Société, mais nous ne devons pas ou* 
Wier que le Royaume-Uni nous a fourni un important 
contingent de souscripteurs, et lorsque noüs rencontroils 
une occasion — qui du reste ne se présentera pas souvent 
— de traiter des questions ayant pour nos voisins 
d’Outre-Manche un intérêt particulier, nous ne devons 
pas la laisser échapper. 

D’ici à peu de semaines, ce volume si long à paraître 
sera entre vos mains, et vous reconnaîtrez sans doute 
que le retard — que votre secrétaire regrette tout le pre¬ 
mier — est, en une certaine mesure, excusé par les re¬ 
cherches longues et minutieuses qu’a exigées le com¬ 
mentaire. Ces recherches étaient indispensables. J. Coke, 
par exemple, s’efforçant de réfuter son devancier, l’au¬ 
teur du Débat français, le suit pas à pas, lui opposant 
sur chaque point, des arguments bons ou mauvais, plus 
souvent mauvais que bons, recueillis dans des lectures 
aussi mal conduites que mal digérées, mais très-variées. 
Il était nécessaire de retrouver les livres français, fla¬ 
mands, anglais surtout, où il a puisé sa science de se¬ 
conde main, et d’indiquer la source de ses assertions. 
Ç’a été un travail fort long, dont votre secrétaire s’est 
chargé, non par goût, non qu’il y fût le moins du monde 
préparé par ses études habituelles, mais parce que vrai¬ 
semblablement personne n’eût voulu l’entreprendre. 

Pour l’année présente, nous espérons être en état de 


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- 83 - 


distribuer quatre volumes : let. I d'Eustache Deschamps, 
le Voyage eri Terre sainte, du sieur d’Anglure, la Vie de 
saint Gilles , par Guillaume de Bemeville, et le t. III 
des Miracles de Nostre Dame . Ces quatre volumes sont 
très-avancés, les deux premiers même sont presque ache¬ 
vés ; il serait regrettable qu'aucun d'eux dût être remis à 
l'année prochaine, mais nous avons lieu de croire que, 
grâce à la vente de nos publications précédentes, grâce 
aussi à la souscription ministérielle dont nous jouissons 
cette année pour la première fois, nous ne serons pas 
réduits à cette extrémité. 

Cette année encore, ainsi que je l'annonçais il y a un 
an, sera distribué le tome I 9 * de l'importante, et longue 
publication entreprise par notre trésorier, et dont il veut 
bien faire à la Société le magnifique présent. La partie 
du Mystère du Vieil Testament qui doit entrer dans ce 
premier tome est imprimée, et M. de Rothschild s'oc¬ 
cupe actuellement de l’annotation qui doit y être jointe. 

Toute société a naturellement le désir de donner le 
plus de preuves possible de sa vitalité, et ce désir s’ac- 
croît chez nous en raison de l’étendue de la matière qui 
s'offre à nos publications. Mais un motif particulier 
nous fait un devoir encore plus strict d'accroître nos dis¬ 
tributions annuelles. C’est la nécessité de donner en cha¬ 
que exercice à tout le moins un ou deux ouvrages com¬ 
plets en un volume. Les dimensions des textes ne se 
peuvent régler selon notre convenance; il en est de très- 
importants qui ont été jusqu'ici négligés, en raison même 
de leur étendue, et qu'une Société a seule les moyens, et 
par suite, en un certain sens, a le devoir, de mettre au 
jour. Cette considération nous a déterminés, dès nos dé¬ 
buts, à entreprendre la publication des Miracles de Nos¬ 
tre Dame et des œuvres d'Eustache Deschamps qui forme¬ 
ront deux séries comprenant chacune six ou sept volu- 


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mes. Mais ces entreprises de longue haleine ont un in¬ 
convénient : c’est que les nouveaux souscripteurs 
reçoivent des suites dont ils n’ont pas le commencement, 
inconvénient inévitable qui n’a pas empêché la Société 
de l’Histoire de France, notre aînée et notre modèle en 
bien des points, d’entreprendre des éditions de Brantôme 
et de Froissart dont les volumes se répartissent sur un 
grand nombre d’exercices. Ne pouvant supprimer l’in¬ 
convénient, nous nous efforçons d’en limiter le plus pos¬ 
sible les effets, en pressant l’achèvement des longs ou¬ 
vrages. Nous ferons en sorte que les volumes des 
Miracles et d’Eustache Deschamps se succèdent à raison 
d’un par an. Mais en même temps, afin d’attirer à nous 
de nouveaux souscripteurs, nous multiplierons, autant 
que faire se pourra, les ouvrages en un volume. Nous 
en avons plusieurs en préparation, ou même sous presse, 
sans compter ceux qui seront distribués cette année. 

L’an dernier j’annonçais, comme étant à l’impression, 
un recueil des anciennes traductions en vers de l’é¬ 
vangile de Nicodème. Cette publication ne pouvant 
prendre place parmi celles de l’année où nous sommes, 
les éditeurs, MM. G. Paris et Alph. Bos, ne se sont pas 
pressés de l’achever, réservant toute leur activité pour 
la Vie de saint Gilles, qui se termine actuellement, 
M. G. Paris consacrant, en outre, ce que de multiples 
occupations lui laissent de loisirs, à la rédaction du 
texte qui doit accompagner VAlbum des plus anciens mo¬ 
numents de la langue française, qui a été l’une de nos 
premières publications. 

Un autre ouvrage, qui sera aussi complet en un vo¬ 
lume, et qui vient d’être mis sous presse, c’est la Chro¬ 
nique du Mont Saint-Michel, dont j’ai déjà dit un mot 
l’an dernier, et que M. Luce nous a présentée dans des 
conditions aussi désirables que rarement obtenues, c’est- 


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— 85 — 


à-dire entièrement préparée pour l'impression, depuis la 
préface jusqu'à la dernière des pièces justificatives. Cette 
chronique, signalée au siècle dernier par La Porte du 
Theil, utilisée il y a une dizaine d’années par M. L. 
Delisle *, est l’œuvre successive de plusieurs moines du 
Mont Saint-Michel qui ont raconté sommairement les 
faits de l'histoire générale, et avec plus de détails ceux 
de l'histoire de Normandie, depuis 1343 jusqu'à 1468. 
C'est une composition en forme d'annales qui ne peut 
prétendre à aucun mérite littéraire, mais qui, pour les 
vingt dernières années de la période qu'elle embrasse, 
est très-riche en notions nouvelles. L'importance de la 
publication de M. Luce consistera moins dans la Chro¬ 
nique elle-même, que dans les accessoires qu'il y a 
joints. Je ne parle pas seulement du commentaire, dès 
maintenant entièrement achevé et qui est conforme kce 
qu’on doit attendre du savant éditeur de Froissait, mais 
de nombreuses pièces inédites qui, étant en français, 
ont droit de figurer dans la série de nos publications et 
qui, tout en servant d’éclaircissement et de complément 
à la Chronique , jettent des lumières toutes nouvelles sur 
l'occupation de la Normandie par les Anglais auxv*siè. 
cle. La publication de M. Luce ayant un caractère plu¬ 
tôt historique que littéraire ou philologique, sera chez 
nous une sorte d'exception : non que nous ayons aucune 
tendance à repousser nos anciennes chroniques, qui ont 
assurément tout droit à une place honorable dans le ca¬ 
dre que nous travaillons à remplir, mais parce qu'il a 
été depuis longtemps pourvu à leur publication, soit par 
les travaux d'érudits isolés, soit par les soins du minis¬ 
tère de l’instruction publique, soit par l'initiative de so- 


1. Histoire du château et des sires de Saint-Sauveur-le- Vicomte. 
Valogne, 1867, p. 267-74. 


7 


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86 — 


ciétés plus anciennes que la nôtre. Nous ne pouvons son¬ 
ger de longtemps à réimprimer Villehardoùin, Joinville, 
Froissait, Monstrelet; tout au plus pourrait-on extraire 
de certaines grandes collections, que leur format rend peu 
maniables, les documents français qui y sont renfermés, 
mais actuellement du moins nous avons des travaux plus 
urgents à accomplir. 

Ces travaux sont ceux qui ont été annoncés dans les 
précédents rapports de votre secrétaire, et qui, à mesure 
qu’ils s’achèveront, prendront place dans les distribu¬ 
tions de nos prochains exercices. C’est notamment le ro¬ 
man de YEscoufle, complément nécessaire de Guillaume 
de Palerne , publié il y a deux ans: c’est le roman en 
prose d'Artus, c’est surtout le recueil des Sotties, sermons 
joyeux, farces et moralités , préparé par M. de Montai- 
glon. Ce recueil, qui formera un grand nombre de vo¬ 
lumes, se divisera en plusieurs séries dont chacune 
correspondra à un genre. Une première série, qui n’oc¬ 
cupera pas plus de deux ou trois volumes, est celle des 
Sotties , sortes de parades souvent fort peu dramatiques 
que les comédiens récitaient avant la représentation pro¬ 
prement dite. Votre Conseil a décidé que cette série se¬ 
rait mise sous presse aussitôt que M. de Montaiglon en 
aurait terminé le manuscrit. Il est assez naturel de pla¬ 
cer en tête du recueil général les pièces par lesquelles 
s’ouvrait ordinairement la représentation. Un autre mo¬ 
tif a influé sur la décision du Conseil : c’est que les Sot¬ 
ties viennent d’être l’objet de recherches qui faciliteront 
singulièrement le travail de l’éditeur. Je vous disais, il 
y a un an, que notre confrère M. E. Picot s’occupait 
d’une bibliographie générale de l’ancien théâtre français 
oü seraient classées et décrites, avec bien d’autres, tou¬ 
tes les pièces du recueil projeté par M. de Montaiglon. 
M. Picot a détaché de ce vaste travail le chapitre consa- 


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— 87 — 

cré à la Sottie, et le publie en ce moment dans 1 a Roma - 
nia *. Après avoir caractérisé ce genre plus curieux que 
recommandable, après l’avoir étudié tant en France que 
dans ses ramifications à l’étranger, M. Picot passe en re¬ 
vue toutes les sotties , au nombre de vingt-cinq, qui nous 
sont parvenues, et décrit les éditions ou les manuscrits 
qu’on en possède, cherchant en même temps à fixer le 
lieu d’origine et la date de chacune d’elles. Le plan 
d’une édition se trouve par le fait, sauf contrôle, tout 
tracé, et votre Conseil a pensé qu’il y avait tout avantage 
à faire cette édition sans retard, tandis qu’il pourrait y 
avoir de sérieux inconvénients à la différer. La publica¬ 
tion d’un recueil complet de notre ancien théâtre pro¬ 
fane est si désirable à divers points de vue, et si désirée, 
qu’elle se ferait très-probablement en dehors de la So¬ 
ciété, si d’abord nous ne la prenions en main. Et il 
vaut mieux à tous égards qu’elle soit faite par la Société: 
précisément parce que notre ancien théâtre, fidèle image, 
non seulement des mœurs, mais de la conversation 
d’autrefois, offre des situations risquées, des plaisante¬ 
ries d’un goût peu délicat, il importe que l’édition ait ce 
caractère scientifique que nous nous efforçons de don¬ 
ner à nos travaux, afin de montrer qu’elle est destinée à 
des littérateurs sérieux. 

J’ai encore à vous entretenir de deux projets réservés 
à un avenir moins prochain, mais au sujet desquels il 
importe de prendre date. Il s’agit de deux poèmes, en¬ 
core inédits, dont l’un même n’est vraisemblablement 
connu que des membres de la Société à qui la copie en a 
été communiquée. Ce sont le roman d'Yder et la chan¬ 
son de Doon de la Roche . 

Il est question dans plusieurs romans de la Table 

I. T. VII, p. 236 - 326 . 


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— 88 — 

ronde du chevalier Yder, fils de Nut, qui est toujours 
présenté comme un guerrier d’un grand renom, mais on à 
ignoré jusqu’à présent l’existence du poëme dont il est 
le héros. La scène de ce poëme, comme de tous les ro¬ 
mans de la Table ronde, est en Galles. On y voit figu¬ 
rer, outre le roi Artus, la reine Geneviève et l’inévitable 
sénéchal Kai, plusieurs personnages qui ne se montrent 
qu’en un petit nombre des romans du même cycle : ce 
Taulac de Rougemont, par exemple, que nous connais¬ 
sons par le Chevalier aux deux épées, par Durmart, et 
par le roman provençal dé Jaufré. Yder est un poëme 
d’un excellent style et tout-à-fait digne de Chres- 
tien de Troyes, encore qu’il n’y ait aucune raison de 
le lui attribuer. Il a certainement été écrit par un 
français du Continent, ayant peut-être séjourné en An¬ 
gleterre, à en juger par certains détails. Le ms. unique, 
conservé à Cambridge, est malheureusement incomplet 
du début et fort incorrect. Nous ferons tous nos efforts 
pour en tirer un texte sinon toujours grammaticalement 
correct, — résultat assez facile à obtenir, mais qui exige 
trop de corrections pour une édition-princeps, — du 
moins intelligible. 

Doon de La Roche est une chanson de geste d’environ 
4,600 vers dont l’action se passe sous Pépin le Bref. Pé¬ 
pin a donné en mariage sa sœur Olive à Doon de la Ro¬ 
che. Injustement accusée, la malheureuse épouse est 
chassée par son mari, et le poëme est le récit des exploits 
à la suite desquels le jeune Landri, fils d’Olive et de 
Doon, réussit à se venger des traîtres qui ont calomnié sa 
mère. Ce thème, d’ailleurs connu, est traité avec origi¬ 
nalité. Le récit est bien conduit, on peut même dire 
bien écrit, et abonde en traits intéressants. La chanson 
de Doon est ancienne : tout entière en assonances, on ne 
peut guère la faire descendre plus bas que la fin du 


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- 89 ~ 

xii® siècle. Signalée pour la première fois, il y a plus de 
quarante ans, par M. Fr. Michel, dans un manuscrit du 
Musée britannique, analysée sommairement il y a vingt 
ans par M. le D p Sachs, elle est restée jusqu’à ce jour iné¬ 
dite, et aucun nouvel exemplaire n’en a été découvert. 
M. Guessard ayant bien voulu nous faire don de la copie 
qu’il avait fait exécuter autrefois du ms. du Musée bri¬ 
tannique, votre Conseil a pensé qu’il y avait lieu de placer 
Doon de la Roche aussi bien qu’lier/au nombre des pu¬ 
blications dont il convient de s’occuper dès maintenant. 

Nous ne nous occupons pas seulement du présent, nous 
nous préoccupons longtemps d’avance d’assurer pour 
l’avenir à nos travaux une base de plus en plus solide. 

Vous savez, Messieurs, qu’un des plus grands obsta¬ 
cles que les éditeurs d’anciens textes français aient à sur¬ 
monter, consiste dans la difficulté de réunir les maté¬ 
riaux dont leurs éditions offrent la mise en œuvre. Les 
manuscrits français sont dispersés par toute l’Europe. Il 
n’est presque aucune bibliothèque de quelque impor¬ 
tance qui n’en contienne quelques-uns ; des bibliothè¬ 
ques ignorées en renferment parfois de très-précieux, 
comme celle de Châlons-sur-Marne où se trouve Tuni¬ 
que manuscrit de Jehan le Bel, le devancier et le modèle 
de Froissart. Il s’en faut que toutes les collections ma¬ 
nuscrites aient été cataloguées, il s’en faut de plus encore 
que les auteurs de catalogues aient apporté à la descrip¬ 
tion des livres français le même soin et la même compé¬ 
tence qu’à la description des livres latins. Parmi ces ca¬ 
talogues, il en est qui ne peuvent que détourner les 
recherches en inspirant aux lecteurs trop confiants une 
fausse sécurité, qui réellement cachent ce qu’ils devraient 
montrer. Cependant, toutes les fois qu’un livre nous est 
proposé à publier, il importe que l’éditeur en connaisse 
tous les mss., sauf à éliminer ceux de nulle valeur. Il y 


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— 9 0 — 


a là pour chaque éditeur un travail préliminaire souvent 
très-long, dont nous voudrions peu à peu réduire l’é- 
tendue. C’est pourquoi nous avons commencé dans notre 
Bulletin une série de notices très-détaillées ayant pour 
objet des manuscrits que nous choisissons — et la ma¬ 
tière n’est que trop abondante — parmi les moins con¬ 
nus et les moins facilement accessibles. Nous avons déjà 
publié la description de neuf manuscrits, dont plus de la 
moitié étaient entièrement ignorés, dont deux seulement 
sont à Paris, les autres appartenant à des bibliothèques 
de la province ou de l’étranger. Nous avons beaucoup 
d’autres notices en portefeuille, que nous publierons 
d’autant plus prochainement que l’état de nos finances 
nous permettra d’augmenter davantage le nombre des 
pages de notre Bulletin . 

C’est ainsi, Messieurs, que, ne pouvant accomplir 
qu’une bien faible partie de la tâche commencée avec 
votre concours il y a trois ans, nous cherchons à prépa¬ 
rer des matériaux à ceux qui viendront après nous. 


Rapport sur les comptes des recettes et des dépenses 
de la Société , pendant Vannée 1877, par M. le baron 
J. de Rothschild, trésorier . 

Messieurs, 

Les résultats financiers de l’exercice 1877 n’ont pas 
entièrement répondu à notre attente. Nous n’avons reçu 
qu’un petit nombre d’adhésions nouvelles et les anciens 
membres de notre Société ne se sont pas tous acquittés 
envers nous avec la ponctualité désirable. Notre capi¬ 
tal s’est accru de 1,110 fr. par suite des versements reçus 


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— 9i — 


d’un membre fondateur et d’un membre perpétuel, et par 
la perception de trente-six droits d’entrée. Quant aux re¬ 
cettes rentrant dans notre budget courant, nous avons 
encaissé d’abord un reliquat de ioo fr. sur l’exercice 
1875 et un reliquat de 825 fr. sur l’exercice 1876; enfin 
les cotisations de 1877 ont produit une somme de 
10,401 fr. 65 c., que sont venus grossir trois trimestres 
de nos rentes, soit 735 fr. Le chapitre sur lequel nous 
avons éprouvé d’assez graves mécomptes est celui qui 
concerne nos ventes aux personnes étrangères à la So¬ 
ciété. Nous avons naturellement souffert du ralentisse¬ 
ment général des affaires de librairie et nos encaisse¬ 
ments de ce chef se sont réduits à la somme de 1,111 fr. 
25 c. Nos ressources totales pour Tannée 1877 se sont 
élevées ainsi à 12,247 fr. 90 c. 

Avant de régler les dépenses de 1877, H nous a fallu 
solder celles de 1876. 

Nous avions à notre actif l’année dernière, au mo¬ 
ment où nous nous sommes présentés devant vous, 
4,695 fr. 55c., mais il nous restait à payer l’édition de 
Guillaume de Paterne, celle du Roman des Sept Sages 
et une partie de notre Bulletin. Il nous a fallu débour¬ 
ser, pour les deux premiers articles, 6,653 fr. 60 c. et 
pour le troisième, 855 fr., ensemble 7,508 fr. 60 c. Nous 
avons dû ainsi prélever, sur notre budget de 1877, une 
somme de 2,81 3 ir. o 5 fr., ou, en tenant compte de nos 
rentrées pour 1875 et 1876, une somme de 1,888 fr. 
o 5 c. Les ressources disponibles pour 1877 se sont dès 
lors trouvées réduites à 10,359 fr* 85 c. Les dépenses ef¬ 
fectuées jusqu’ici se décomposent comme suit : frais géné¬ 
raux, 725 fir. 25 c.; remises aux libraires, 532 fr. 5 o c.; 
Bulletin, 1,234 fr. 40 c.; Aiol, 3,999 * T - 7 8 Miracles 
de Nostre Dame, tome II, 4,1 55 fr. 99 c.; différence en¬ 
tre les sommes encaissées au compte capital (1,110 fr.) 


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- 92 


et le coût de 80 fr. de rente 5 o/o (1,710 fr. 85 ) 1 600 fr. 

85 c.; ensemble : 11,248 fr. 77 c. Nous avons ainsi, dès 
maintenant, avant d’avoir payé l’édition du Débat des 
hérauts d'armes, un déficit de 888 fr. 92 c. Nous 
avons pu faire face à ce déficit, grâce au produit de 
nos rentes en 1878 et aux cotisations déjà encaissées 
pour cet exercice, mais ce n’est là, il faut l’avouer, qu’un 
moyen de trésorerie. 

SOCIÉTÉ DES ANCIENS 


DÉPENSES. 

Rente 5 0/0. 

Achat de 80 fr. de rente 5 0/0. 

Bulletin de la Société des Anciens Textes. 

Dépenses diverses.. 

Guillaume de Palerne. 

Dépenses diverses. 

Sept Sages de Rome. 

Dépenses diverses. . 

Miracles de Nostre-Dame (2 e volume). 

Dépenses diverses. 

Aiol. 

Dépenses diverses. 

Remises aux libraires. 

Dépenses diverses. . 

Frais généraux. 

Dépenses diverses. 


• ANNÉE 

fr. c. 

1,710 85 
2,089 40 
3,765 5 o 
2,888 10 
4,1 55 99 
3,999 78 
532 5 o 
725 25 


19.867 37 



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- 9 3 - 


Les résultats de notre gestion sont résumés dans le ta¬ 
bleau suivant : 

i. Celte différence provient, d’une part, de ce qu’une somme de 
390 fr., qui aurait dû être capitalisée en 1876, avait été dépensée, 
et, d'autre part, de ce que, d’après une décision du Conseil, les 
sommes constituant le patrimoine de la Société sont capitalisées à 
5 0/0. 

TEXTES FRANÇAIS 

1877. 

RECETTES. , fr. c. 

Excédant des recettes pour Tannée 1876. 4*695 55 

Encaissé 4 souscriptions pour Tannée 1875. 100 » < 

— 32 — 1876. 800 » 

— Supplément sur 1 souscription de 5 o fr.. 25 » 

Capital. 

Reçu de 1 membre fondateur. 5 oo ) 

— 1 — perpétuel. 25 o ! 1,110 » 

— 36 droits d’entrée. 36 o J 

Souscriptions de 5 o francs. 

Reçu 27 souscriptions pour Tannée 1877. i, 35 o » 

Souscriptions de 25 francs. 

Reçu 362 souscriptions pour Tannée 1877. 9 ,o5i 65 . 

Compte d’intérêts. 

Encaissé trois trimestres sur rente 5 0/0. 735 » 

Ventes diverses. 

35 exemplaires Chansons du xv* siècle . 218 75 

23 — Album des anciens Monuments ... 345 » 

24 - Brun de la Montagne . 02 5o 

17 — Miracles de Nostre Dame , tome I. 85 » 

22 — Guillaume de Paleme . 110 » 

19 — Sept Sages de Rome . 76 » 

28 — Atol .... 174 » 

8 — Miracles de Nostre Dame, tome II. 40 » 


18,078 45 

Au débit à nouveau, excédant des dépenses pour 1 877.. 888 92 


19,867 3 7 


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— 94 — 

Malgré le déficit que nous venons de constater, nous 
espérons que l’équilibre [ne tardera pas à se rétablir. 
Vous savez déjà, Messieurs, par le discours du président 
de la Société, que M. le Ministre de l’Instruction publi¬ 
que a bien voulu souscrire à trente exemplaires de nos 
publications. Nous avons le droit de compter que cet 
encouragement ministériel nous sera renouvelé chaque 
année et que nos budgets bénéficieront ainsi d’une 
somme de 750 fr. En ce qui concerne spécialement 
l’exercice 1877, il nous reste à encaisser un certain nom¬ 
bre de quittances dont le recouvrement paraît certain; 
enfin le produit de nos ventes de livres sera sans doute 
plus satisfaisant cette année que l’année dernière. 

A ce propos, nous ne devons pas manquer de vous si¬ 
gnaler le succès exceptionnel qu’a obtenu une de nos 
publications les Chansons du xv* siècle, éditées par 


SOCIÉTÉ DES ANCIENS 


Situation au 

COMPTES DEBITEURS. 

Rente 5 o/o fr. c. 

Achat de i,o6ode rente 5 o/o (Cours moyen 105,207) 22,302 70 
Album des anciens monuments de la langue française. 

Dépenses diverses. 3,594 55 \ 

moins vente de 59 exemplaires à 3o fr. s 2,709 5 5 

moins 5 o 0/0. 885 ») 

Brun de la Montagne. 

Dépenses diverses. 1,888 20 \ 

moins vente de 60 exemplaires à 5 fr. / 1,73320 

moins 5 o 0/0. i 5 o » j j 

Id. 1 exemplaire à 10 fr. 5 » j / 

A reporter .. 26,745 45 


i ,733 20 


1 5 5 » 


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M. Gaston Paris. Ce volume est aujourd'hui presque 
épuisé; il n'en reste plus en magasin que quelques 
exemplaires, et votre Conseil a cru pouvoir en élever le 
prix de 5 o o/o. 

Grâce aux ressources nouvelles dont nous venons de 
parler, nous pouvons envisager sans inquiétude l'exer¬ 
cice 1878; peut-être même parviendrons-nous à porter 
de trois à quatre le nombre des volumes qui vous seront 
distribués. 

Nous vous recommandons cependant, Messieurs, de 
faire encore quelques efforts pour nous gagner des sous* 
cripteurs. Il faudrait encore à notre Société une centaine 
de membres pour que son avenir fût tout à fait assuré. 

Je termine ce rapport en mettant sous vos yeux un 
tableau de nos opérations depuis la fondation de la So¬ 
ciété jusqu'à ce jour : 

TEXTES FRANÇAIS. 

20 MAI 1878. 

COMPTES CRÉDITEURS. 

Capital. 

Reçu de 19 membres fondateurs.... 9,5oo » 

— 41 — perpétuels..., 10,252 » 

— 177 drois d'entrée.. 1,770 » 

Droits d'auteur abandonnés par 

M. G. Paris. . 36 o » 

Souscriptions de 5o francs. 

Reçu 86 souscriptions pour les années 1875, 1876 

1877,1878.. 


21,882 » 


4,275 40 


A reporter . 26,157 40 


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— 96 — 

COMPTES DÉBITEURS. 

Report ...... 

Bulletin de la Société des Anciens Textes français. 

Dépenses diverses. 

Chansons du xv® siècle. 

Dépenses diverses. . 4,372 82 

moins vente de 1 33 exemplaires à i2,5o 

moins 5 o 0/0. 83 i 25 

Id. 8 exemplaires à 25 fr.. 100 » 

Miracles de Nostre Dame (i cr volume). 

Dépenses diverses..4,818 75 

moins vente de 3 i exemplaires à 10 fr. 

moins 5 o 0/0... 155 | 

Id. 1 exemplaire à 20 fr... 10 

Sept Sages de Rome 

Dépenses diverses. . 

moins vente de 19 exemplaires à 8 fr. 

moins 5 o 0/0. 

Guillaume de Palerne 

Dépenses diverses. 

moins vente de 22 exemplaires à 10 fr. 


moins 5o 0/0... no » 

Miracles de Nostre Dame. (2 e volume). 

Dépenses diverses... 4,155 99 


moins vente de 8 exemplaires à 10 fr. 
moins 5 o 0/0. 

Aiol. 

Dépenses diverses... 

Moins vente de 27 exemplaires à 12 fr. 
et 1 exemplaire à 24 fr. 'moins 5o 0/0 
A reporter . 


40 » 
4,024 78 

174 » 


2,88810 
76 » 
3,765 5 o 


| 931 25 


26,745 45 
4,205 58 

3,441 57 

4,653 75 

2,812 10 

3,655 5o 

4,1 15 99 

3,85o 78 
53,480 72 


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— 97 ~ 

COMPTES CRÉDITEURS. 

Report .. ... 26,15740 

Souscriptions de 25 francs. 

Reçu 1,110 souscriptions pour les années 1875, 

1876, 1877, 1878. 27,760 40 



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- 9 8 - 

COMPTES DÉBITEURS. 

Report . 53,480 72 

Remises aux libraires. 

Bonifications diverses. .. 1 ^46 » 

Frais généraux. 

Frais divers . . 1,572 25 

56,298 97 

Solde créditeur... 80 08 

56,379 °5 


I 


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— 99 — 

COMPTES CRÉDITEURS. 

Report . 53,917 80 

Compte d'intérêts. 

Encaissements de divers trimestres d’intérêts. 2,461 25 

56,379 o 5 

Solde créditeur au 29 mai 1878 (en caisse chez 
MM. de Rothschild). 80 08 

k 


Le Piiy, imprimerie Mtrcbessou file, boulevard Saint-Laurent, 23 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 

DES 

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 

SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 
Tenue chez M. le baron J. de Rothschild, le 26 juin 1878, 
à 2 h. 1/2. 


Présidence de M. G. Paris, président . 

Nouveaux membres : MM. Aguilô y Fuster (corres¬ 
pondant M. Reinwald); P. Goujon; Eug. Aubry-Vitet ; 
Th. Brooke ; P. de Rencogne. 

M. Nutt, libraire à Londres, souscrit pour un second 
exemplaire. 

État des impressions. — Imprimerie Marchessou : 
Miracles de Nostre-Dame, t. III, 8 feuilles tirées; la 
fin du volume est à l’imprimerie. 

Le Conseil délibère sur divers détails du plan de l’é¬ 
dition des Sotties, farces, moralités, etc., confié à M. de 
Montaiglon, et prie l’éditeur de vouloir bien préparer 
pour l’impression, à titre de spécimen, l’édition de l’une 
des sotties. Ce texte, avec son annotation, sera soumis à 
l’état d’épreuves au Conseil qui statuera sur le plan à 
suivre. 

8 


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102 


SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 
Tenue chez M. le baron J. de Rothschild, le 27 novembre 1878, 
à 2 h. 1/2. 


Présidence de M. G. Paris, président . 

Nouveaux membres : le Séminaire pour l’étude des 
langues romanes, à l’Université de Kœnigsberg; MM. le 
comte Albert Gerbaix de Sonnaz; Daspit de St-Amand ; 
A. Stickney ; G. J. Tamson; Ch. Nisard; G. Recours 
Paul de Saisset; Cocteau. 

État des impressions. — Imprimerie Chamerot : 
Débat des hérauts d’armes; la fin du volume, feuilles 12 
à 14, est en pages ; la préface est à l’impression. 

Imprimerie Marchessou : Bulletin de 1878, le 2 e nu¬ 
méro est tiré et va être distribué.— Eustache Deschamps , 
t. I, entièrement tiré sauf un court avis au lecteur qui 
va être envoyé à Pimprimerie; t. II, 5 feuilles en pages. 
— Miracles de Nostre-Dame, t. III, 12 feuilles tirées, 
3 feuilles en pages et 3 en placards. — Chronique du 
Mont-Saint-Michel, feuille 1 tirée, feuilles 2 et 3 en 
pages. 

M. de Rothschild fait savoir que le t. I du Mystère 
du vieil Testament est terminé quant au texte, et que la 
préface est en pages; l’ouvrage pourra être distribué en 
janvier. Du t. II, 5 feuilles sont tirées. 

Le secrétaire est chargé d’insister auprès de MM. Bon- 
nardot et Longnon, afin d’obtenir que le Voyage en 
Terre-Sainte soit promptement achevé. 


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— io 3 — 

Propositiorç de publication. 

Par M. Constans, professeur au lycée de Nîmes : Le 
roman de Thèbes . M. Constans offre d’adresser au Con¬ 
seil la copie qu’il a faite de ce poëme. D’après la lettre 
dans laquelle est contenue cette proposition, M. le prési¬ 
dent craint que M. Constans n’ait pas utilisé tous les ma¬ 
nuscrits du poëme ; M. l’administrateur se charge de trans¬ 
mettre à M. Constans les observations de M. le président. 
Aussitôt que le travail de M. Constans sera parvenu à la 
Société, une commission sera nommée pour l’examiner. 

Le quatrième mercredi du mois de décembre coïnci¬ 
dant avec la fête de Noël, le Conseil décide que sa pro¬ 
chaine séance aura lieu le jeudi 26. 


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DE QUELQUES CHRONIQUES 

ANGLO-NORMANDES QUI ONT PORTÉ LE NOM DE BRUT 

L’auteur inconnu du Débat des hérauts de France et 
d’Angleterre allègue, à plusieurs reprises l , un « livre 
nommé le Brut », ailleurs « le livre du Brut », dans le¬ 
quel il paraît avoir puisé la plupart de ses notions sur 
Thistoire de l’Angleterre. J'ai dû chercher quel était ce li¬ 
vre; je crois l’avoir trouvé, et j’ai cité, dans le commen¬ 
taire qui fait partie de l'édition, les passages auxquels 
l’auteur a fait allusion 2 . Je me suis vu, à cette occasion, 
entraîné dans des recherches qui, ayant dû être faites en 
des bibliothèques fort éloignées les unes des autres, 
n’ont pas laissé d’être longues et pénibles, et dont je me 
propose de donner ici le résultat. 

Le « livre du Brut », allégué par l'auteur du Débat , 
n’est pas sans^ intérêt pour l’histoire d’Angleterre, au 
moins dans ses dernières pages. Mis en anglais au 
xv® siècle, il a été incorporé dans les Chronicles of En- 
gland, qu’on appelle parfois Caxton's chronicle , ou¬ 
vrage plusieurs fois imprimé depuis 1480. Il a été si sou¬ 
vent copié, au xiv° siècle et au xv°, qu'il n’est guère, en 
Angleterre, de grande bibliothèque qui n’en possède 
au moins une copie. C’est, à divers points de vue, un ou¬ 
vrage d'une certaine importance et qui ne peut manquer 
de trouver quelque jour un éditeur. Il serait regrettable 
que l’édition fut exécutée, comme cela arrive trop sou- 


1. Edition de la Société des Anciens Textes français, SS 29, 45, 1 35 

2. Voy. les notes des SS 29, 42, 45, 5 i. 


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— io 5 — 

% 

vent, d’après le premier manuscrit venu, d’autant plus 
que les nombreuses copies que nous avons de ce livre 
offrent des rédactions très-distinctes. Je crois donc ne 
pas faire une œuvre inutile en indiquant ici toutes celles 
de ces copies qui sont parvenues à ma connaissance, et 
en les groupant selon les rédactions auxquelles elles 
appartiennent. Mon travail n’est qu’un premier essai qui 
ne prétend nullement épuiser la matière. Je suis con¬ 
vaincu que beaucoup de copies ont échappé à mes re¬ 
cherches, et, entre celles dont je connais l’existence, il en 
est que je n’ai pas eu le loisir d’examiner par moi-mème. 
Toutefois, si le classement que j’indique peut acquérir 
plus de précision en certains points et admettre des sous- 
divisions que je n’ai pas faites, il ne me parait pas qu’il 
puisse subir aucune modification fondamentale. 

D’abord, je donnerai quelques renseignements sur 
d’autres ouvrages qui ont également porté le titre de 
Brut. 

Brutus est le titre que porte, dans un grand nom¬ 
bre de mss., YHistoria Britonum de Geoffroi de Mon- 
mouth. Par suite, plusieurs des compilations historiques 
en vers ou en prose où YHistoria Britonum a été em¬ 
ployée portent le titre de Brut l . Tel est notamment le 
Brut de Wace. C’était un titre vague qu’on appliquait 
communément aux histoires d’Angleterre dans lesquelles 
les fables bretonnes occupaient une grande place. Ainsi 
l’url des mss. de la chronique en vers de Pierre de Lan- 
gtoft est intitulé le Brut 2 . Par contre la chronique 


1. De là probablement aussi le gallois brut, brud , « histoire, chronique ». 

2. Bibl. de l’Université de Cambridge, Gg, i, i, fol. 328. Ce ms. (qui 11e 
contient que la troisième partie du poëme) n’est pas mentionné par Th. Wright 
dans la préface de l’édition qu’il a donnée de Pierre de Langtoft dans la collec¬ 
tion du Maître des Rôles. 


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— io6 — 

mentionnée par l’auteur du Débat sous le nom de Brut 
ne porte ce titre dans aucun des mss. qui nous sont par¬ 
venus, ou du moins que j’en connais. C’est pur hasard : 
elle avait droit à ce titre général aussi bien que les autres 
chroniques en vers ou en prose qui prennent l’histoire 
de la Grande Bretagne à ses origines. 

Je connais trois chroniques en prose qui ont porté ce 
nom de Brut . La plus importante est celle qu’a citée 
l’auteur du Débat . Je l’étudierai en dernier lieu. 


I. - LE BRUT D’ANGLETERRE ABRÉGÉ 
(Inc. Escoteç beau seigrturs.) 

Chronique, en effet, très-abrégée, qui s’étend depuis la 
venue du fabuleux Brutus en Angleterre jusqu’à la mort 
d’Édouard I er , et n’occupe pas tout à fait cinq feuillets 
dans un volumineux ms. de l’Université de Cambridge 
dont je publierai prochainement une notice détaillée, le 
ms. coté Gg. i. i. Elle est mentionnée sommairement 
par sir Th. Duffus Hardy dans son Descriptive Catalo¬ 
gue, III, n° 552 . Sir Thomas n’a pas vu le ms. : il ne l’a 
connu que par le catalogue imprimé de la bibliothèque 
de l’Université. Cette chronique, à en juger par l’appel 
du début, Escote% beau seignurs, était destinée à être lue 
à haute voix, comme un ouvrage de jongleur. Elle est 
écrite en un français étrange; il semble qu’on lise un 
poëme mis en prose par une main malhabile. En voici le 
commencement et la fin : 


Ici commence le Brut cCEngletere abrégé . (fol. 484 c.) 

Escotez beau seignurs, vous qe volez oir des reis, e jeo vous cuntc - 
rai cornent Engletere primez comença. Les philosophes nous funt 


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asaver, si corne nous trovoms en escrir, qe ceste tere fust apelée Al- 
bioun avant qe Bruit vint de la bataille de Troie. Mil e .cc. aunz devant 
la nativité nostre Seignur, un grant home vint de Troie, e en cele tens 
fust apelë le fiz Bruit, e ensement un grant seignur vint ove li e out a 
non Corineus. En cele tens en toute cele tere ne fust trové une acre de 
tere arable ne vil[e] ne meison avant que Bruit vint de Troie, mès 
tuit fust boiz e desert; n’i aveient nul (d) bleez creissaunt, mès mau- 
veis esteient geaunz qui furent fortz e granz e longes. Lur roi out 
noun Gogmagog; en nul lu ne fust trové son pere-, home esteit de 
grant force, e si fust .xl. peez de longure e diz peez de son coûte jes- 
kes a sa main e vint peez en leûr. Ilmanei[en]t en grauntmontaines e 
vesquirent par herbes e par bestes sauvages e ne burent que let et 
esve, si corne le Bruit i-nous cunte. E si eurent berbis si granz cum 
chivals e si gros de leine cum cheveuz de chevres, e de ceo firent il es- 
claveines cum pèlerins usent en painime. Quant Bruit vint pur ceste 
tere gaigner, les geaunz qe einz manoient, quant oîrent de la venufe] 
Bruit, si pristrent il ensemble trestuz pur lur meintenant doner la 
bataille e pur euz trestuz ocire. 

... Après lui régna le rey Johanne. En soun tens tut Engleterre 
fust entredite en sa main pur une archevesqe qe fu mut sage home 
e ne my sot, il avoit a nom Estevene de Langdone. Le rey ne le vo- 
droit pas receivre. Il régna .xxij. anz e gist a Wircestre. Après lui 
Henri qui pruz fu e hardi e seint home. En sun tens il i aveit 
grant guerre en Engleterre e estrif entre li e ses barons, par ount 
qe sire Symond de Montefort fut occis, e pur ceo qu’il vodroi[en]t 
aver eü bons leyis. Le rey Henri régna .lvij. aunz efu enteré a Wey- 
moster. 

Après lui régna Edward son fiz k’avoit constrest mainte dure 
houre e meint ennuy par nuit e par jour; bien il tint ceste tere a 
dreiture. Il fut apelee conquerour. Dieu doint s’aime grant honur! 
il ne vint (fol . 489 b) unques en bataille qu’il n’avoit la sovereine 
main. Il régna bien près .xxxv. aunz, e gist a Weimoster 2. 


1. C'est-à-dire YHistoria Britonum de Geoffroi de Monmouth. 

2. Suit immédiatement dans le ms. une pièce de vers sur la mort d'E¬ 
douard I er qui a été publiée, d'après ce même ms., par Th. Wright, Political 
Songs , p. 241 : 


Scignurs oiez pur Deu le grant 
Chançonete de dure pi te... 


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— io8 — 


II. - LE LIVRE DES ROIS DE BRETAGNE; - LE BRUT 
iyANGLETERRE, PAR RAOUF DE BOÜN 
(Inc. Devant la Nativité N.-S.) 

Dans ce chapitre je range deux écrits qui ont certai¬ 
nement une origine commune, mais ne peuvent être 
considérés comme des copies, même très-libres, d’une 
même composition. Le premier est représenté par trois 
mss., peut-être par quatre s’il y faut joindre un ms. du 
Record Office sur lequel je n’ai pas de renseignements 
suffisants ; le second, apparemment postérieur d’environ 
vingt-cinq ans, paraît être un développement du pre¬ 
mier. C’est le second de ces deux écrits qui est donné 
comme l’œuvre de Raouf de Boün. 

1 . — Il a été publié, dans la collection du Maître des 
Rôles sous le titre de Le livere de reis de Brittanie, une 
chronique très-sommaire et sans valeur historique qui 
s’étend de l’arrivée de Brutus en Angleterre jusqu’à la 
mort d’Édouard I er l . Le texte, y compris le titre précité, 
en a été fourni par un ms. de Trinity College, Cam¬ 
bridge (R. 14. 7). Au bas des pages de cette édition sont 
citées les variantes d’un ms. du Vatican. L’éditeur n’in¬ 
dique pas la cote de ce dernier ms., et je ne saurais dire 
si la collation qu’il en donne est complète. Voici le dé¬ 
but d’après le ms. de Trinity : 

Devant la nativité Nostre Seignur mil e deus cenz ans, Brutus 
le fiz Silvii ov Ynogen sa femme e ov ses treis fiz, vint de la ba¬ 
taille de Troye en Engletere ki estoit dunkes sicum un desert. Si fist 
la vile de Lundres e l’apella Trinovant e pus fu ele apeiié Troye 
noeve e pus Karlud e pus Lundin e ore Lundene.... 

1. Le livere de reis de Brittanie e le livere de reis de. Engletere, editcd 
by John Glover, i 865 . 


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Fin (édit. Glover, p. 3 o) : 

Après li Henri sun fiz resçut le régné et régna .Ivj. anz e .xx. 
jors. Si morust e gist a Westmoster. En sun tens furent .ij. grant 
batailes, un a Lewes e l’autre a Evesham. Après li fust Edward 
sun fiz rey e coroné a Westmoster, e conquist tote la seignourie de 
Wales. 

Un troisième exemplaire est fourni par le ms. Tanner 
195, fol. 129*38 (Bodleienne), dont on trouvera la des¬ 
cription dans le catalogue de feu Hackman. Il est pré¬ 
cédé de cette rubrique : « Ici commencèrent le (sic) Bre- 
•c tons a regner. Ceo sunt les nons des roys Bretouns 
< ke primes furent en Bretaine le grande, ke ore est 
« apelé Engletere ». Il a été copié après 1307, car l’avé- 
nement d’Édouard II y est mentionné. Voici la fin de 
l’ouvrage : « Après luy fu rey Edward son fiz (Édouard I) 
« le noble rey prus e sages, e noblement tint le reume 
tut son tens ; si conquist Gales e Escoce, e mult de 
« pruesce fist en la terre seynte e en mult autre luys 
« noblement. Si régna .xxxiiij. anz e demi e .vij. se- 

« mayns, e gist a Weymoster. Après lui. 1 sun fiz ke 

a nasqui en Gales. » 

Il est probable que cette chronique est identique à 
celle que Sir Th. Duffus Hardy mentionne dans son 
Descriptive Catalogue, III, n° 325 , comme se trouvant 
dans un ms. du Record Office, et dont il donne ainsi le 
début : « Devant la nativité nostre Seigneur mil e deus 
cenz anz, Bruth le fitz Silve vint en Engleterre. » 

Un autre exemplaire de la même chronique, différent 
surtout de la leçon qu’a publiée M. Glover par le déve¬ 
loppement donné aux règnes de Henri 111 et d’Édouard I, 
occupe les deux derniers feuillets du ms. du Musée bri- 


1. Le parchemin est déchiré; probablement fu rjy Edward]. 


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I IO 


tannique Old roy. 20. C. VI, ms. du xiv e siècle, exécuté 
en Angleterre, qui contient la fin de Lancelot, le Graal 
et la Mort d 1 Artus l . En voici le commencement (fol. 
18 6 d): 

Ci comence le regn des Bretons , et puis des E[n)gleys. 

Avant la nativité nostre Seingnor mil et .ij. cenz anz ke Brutus 
le fuiz (sic) Silvi vint en Engletere, si fist la vile de Lundres. En 
cel tens Hely fu juge des fuiz Israël. Eborac, le seint roy après 
Brut, fist Everwyke et Anclud et le Chastel de puceles, et lechastel 
de Mont dolerus. En cel tens régna David en Israël. Rudhadribras 
le fuiz Eborac fist Canterberi et Wincestre et Sceptone.Tloec donc 
parla .j. egle. Après ce Bladut si fist Ba et les chaus bains. Après 
lui Leir fist Leycestre *. Après celui, Belin le fuiz Duncual ( corr . 
Doneval?) fist .iiij. reales voies par Engletere : l’un fist de Totenes 
desques a Cattenes, l’autre fist il de Seint David en travers desque 
al port Homonis 8 , et les autres .ij. voies en belif * la terre. Icist 
rois Belins prist France et Lumbardie et Rome. 


1. Lancelot , com 1 (fol. 1). « Or dit li cuntes que quant Agravains li orguel- 
leus se fu partiz de ses compaignons... » Fin (fol. ii 3 a) : « Si en i out tant 
assemblé la veille de la Pentecoste que il n'est nus, se il les veïst qui ne s'en 
peüst merveillier. Si fenist ci mestres Gautiers Map son livre, et commence le 
Graal. — Graal , com 1 (fol. 1 13 b ) : « La veille de la Pentecoste quant li com- 
paignon de la table roonde... * Fin (fol 149 d ) : « et comment la suer Per- 
ceval morrut et fu effoïe el palais esperitel. Si se test ore li contes des aventures 
du S. Graal et commence la mort du roi Artus. » — Mort d ’ Artus, com 1 
(fol. i 5 o a) : a Après ce que mestre Gautier Map ot tretié des aventures du 
S. Gréai.... » Fin (fol. 186 a) : « Ainsi s'en ala li rois Boors tôt seul avec l'ar- 
cevesque et Bleoberis, et usa avec eux la ramenant de sa vie por l'amor de nos¬ 
tre Seingnor. Si se test ore mester Gauter Map de l'istoire de Lanc., quarbien 
a tôt mené a fin selonc les choses qui en advindrent. Et define ci son livre si ou- 
treement que après ce n'en porroit nus raconter chose qui n'en mentist aperte- 
ment. Ci fenist la mort le roi Artus. » 

2. Ici un long développement sur le roi Leir et ses filles dans le ms. de Tri- 
nity. 

3 . Ms. de Trinity : d 3 Amer ; ms. du Vatican : de Hamptoun (éd. Glover, p. 6). 
Voir le texte de R. de Bohon, cité sous le n 3 2. 

4. Ms. de Trinity en velif que M. Glover traduit (p. 7) par « ail round ». Ce 
serait plutôt « aslope » ; beslif, belif, en blason, désigne la direction diago¬ 
nale de la bande; cf. beslivant, Rom. de Troie, v. 201 33 . 


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111 


Fin : 

Après lui fu li rois Henri le fiuz le roi Johan, prodome, e mult 
ama Dieu et seint Yglise; et en son tens fu guerre entre lui et le 
conte Simon de Monford, si que il avoient .ij. batailles ; a l’une fu 
le roi pris et Edward son fuiz, puis eschapa Eadward hors de pri¬ 
son et se conquist ost et se combatist a Evesham o le conte et 
l’ocist, et délivra son pere le roi hors de prison. Et régna .lvj. 
anz e .xx. [jors], puis morust et gist a Westmoster. 

Après lui fu le roy Edward son fuiz, vaillant homme de son cors 
et sage au siecle. En son tens avoit .ij. guerres en Gales. A la pre¬ 
mière guerre fist Newelin Agriffin pès o le roi par certaine forme 
entr’eus fet; pus l’autre must Newelin, par le conseil Davit le frere 
Newelin, encontre le roi en la simaingne penouse, dont il fu honiz, 
car il fust vis (?) et son frere pris. Puis vint il et conquist Snowe- 
done et tote Wales, e pus fist li rey asemler un grant parlement a 
Syrovesbyr (Shrewsbury) e la fu David treyné a le furchysdeho[rs] 
Syrovesbiri, e pus si fu pendu et ses entrailis ars, e fu decopé 
a katre quarters. La teste fust envyé a Lundris, e un de quarters fut 
envyé a Everwyk, le autre a Norhamtoun, le tert a Bristut e le 
quatre a Wynce[st]re en remembronce (sic) de la traysun ke il 
aweyt fet a sun sengur. 

Sir Th. D. Hardy a consacré à cette chronique, dans 
son Descriptive Catalogue , III, 196, un article ainsi 
conçu : « Of no historical value whatever ». 

2. — Les événements rapportés dans les lignes qui 
précèdent se rapportent à l’année 1283. On peut suppo¬ 
ser que la chronique a été rédigée bien peu de temps 
après. On pourra par suite considérer comme un rema¬ 
niement de la même chronique l’écrit dont je vais parler, 
en tête duquel se trouve un prologue où se nomme 
comme auteur un certain Raüf de Bohun 1 — nom que 
je crois nouveau dans l’histoire de la littérature anglo- 


1. Bohun est un 110m de lieu normand; Saint-André-de-Bohon et Saint- 
Georges-de-Bohon sont deux villages voisins du dép. de la Manche, cant. de 


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112 


normande — qui dit avoir rédigé cet abrégé d’histoire 
pour Henri de Laci, comte de Lincoln, personnage fort 
connu d’ailleurs *. Le ms. n’est pas ancien : c’est une 
assez mauvaise copie, faite vers le commencement du 
xvii® siècle, qui est contenue dans le ms. Harleien 902, 
fol. 1-11 (Musée britannique) : 

Cy comence le Bruit d’Engleterre que vous dirra de roy en autre, 
payne et chrestien jekis roy Edward de Carnavan qe ore est, 
selonc la ordinaunce meislre Ra.üf de Boün que a la requeste mons r 
Henry de Lacy, count de Nichole, ceste chose ad novelment ab- 
bregé hors du grand Bruit 2, en l’an du reigne nostre Seignur 
le roy Edward de Carnavan le tiers en entrant. Car vous enten¬ 
drez que cest chose fuit faict par encheson du darrain Edward, 
piere cely roy que ore est, de quy vous troverez playne procès de 
tout sa vie jekis a jour q’il morust. 

Devant la nativité nostre Seigneur Jesu Christ mil et .cc. aunz 
vient Brutus le filz Silu (sic) en Engleterre; si fistla ville de Loun- 
drez. Ainz avoit .iij. nons dount l’un fuistTroye nive (sic), l’autre 
Trinavant, le tierz et le derainer fuist Loundrez, quel non ly est 
tenuz jekis en ça, com après vous dirrons. 

Roy Eboracus fist auxi le Chastel de puceles, que est en Escose, 
et le Chastel Sidemound (sic) dolorous que homme appelle ore le 
Chastel de Notyngham, meis a tel hure ne meint jour après n’avoit 
il point de vile assise jekes a tens le (fol. 1 v°) roy Lucius que 
primes founda cel vile et mult des autres, si com après vous dir- 
roms quant a son tens vendroms etc. (sic). Et pour ceo que plu- 
sours se merveillent pourquoi fuist doné tiel noun « dolorous », 
respound luy auctour Raüf de Boüne, que auctor se cleime de 
ceste chose, que le noun luy fu doné par la reson que en l’an de 
son reigne settante sime, quant il out cest chastel a poy parfourmé, 
si furent sez .ij. amiz teiez (sic, cf. plus bas) tuez en mesme le 


Carentan. Humfrei de Bohon fut l'un des compagnons de Guillaume le Con¬ 
quérant, et le nom de Bohon a été conservé dans les familles des comtes de 
Hereford et des Bohuns de Midhurst; voy. Nichols,.TAe Herald and Genea- 
logist, VI, 429-36 et VII, 289-317. 

1. Voy. Dugdale, The Baronage of England, I, io 3 - 5 . 

2. C'est toujours de G. de Monmouth qu’il s’agit. 


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chastel quant il fù guerroiez de .ij. geauntz, l’un Gog et l’autre 
Gogmagog que sa femme luy raviserunt et ses .ij. ainnez fitz leinz 
tuerent, comme avant est dit. Si s’enfuï meismes a Chastel de 
pucelés qu’est en Escosse, ou il morust, a la testemoinaunce Seint 
Graal que de cel article fait astin (corr. ascun) mencion, dount 
celuy autour prent tel auctorité. 

(Fol. 2, cf. plus haut ti° i, le ms. du Musée). Après ceo vient 
Belin son fitz que fist Nichole, Northamton, Caunteberges et Car- 
doil, et si fist il aux i les quatre royales chemyns parmy Engie- 
terre, dont l’un gist de Toteneys jekis en Kateness, l’autre de Saint 
David en traverce jekis a Portesmouth, et les autrus .ij. chemyns 
ensement parmy la terre, dount l’un gist en long de Rokesburg 
jekis a Dover, et l’autre est un chemyn real que homme appelle 
Walkingstrete. 

Fin : 

... Cel roy Henry le darenier régna .lx. aunz, si gist a West- 
monster. 

Après le roy Henry derayner vint Edward son fitz que en sa ba- 
chelery s’en aloit a la terre seint, et la plus noble chevalier (sic) que 
unkis fit roy Engleys en si po temps, mès tretost se revint quant 
la mort son pere ly fuit noncie.... 

. (fol. 11 v°) par le compassement un Robert de Brus counte 

de Carrik alhoure que cleyma estre roy d’Escoce ; si se fit coroner 
en prejedice son s r , et leva sa guerre frechement en Escoce, en 
quel temps de guere morust cely roy Edward a Burgh sur Sa- 
blouns ; si gist a Westmonstre. 

Cy finist le Petit Bruit. 


III. - LE BRUT ALLÉGUÉ PAR L’AUTEUR DU DÉBAT 
DES HÉRAUTS DE FRANCE ET D’ANGLETERRE 
(Inc. En la noble cité de grant Troye.) 

Cette chronique a eu un succès qui est attesté par le 
nombre et la variété des copies qui nous en sont parve¬ 
nues. 

Ces copies appartiennent à deux rédactions qui se 


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montrent chacune à deux états différents d’avancement. 
Plusieurs des mss. qui seront énumérés dans les pages 
qui suivent sont mentionnés dans le Descriptive Ca¬ 
talogue de Sir Th. Duffus Hardy; mais bien souvent 
cet érudit ne les a connus que par les indications som¬ 
maires des catalogues, et, par suite, il n’a pu ni les com¬ 
parer ni les classer l . Toutefois, M. William Hardy, le 
frère de Sir Thomas et son successeur dans l’office de 
« Deputy Keeper of the Rolls », avait indiqué, dès 1864, 
dans une note de son édition des chroniques de Jean de 
Wavrin 2 , la différence des deux rédactions que je vais 
maintenant faire connaître avec quelque détail. Je n’ai 
pas fait de recherches approfondies sur les sources de la 
chronique. Je l’ai cependant étudiée d’assez près pour 
être persuadé que ce n’est pas une pure traduction du 
latin, mais une compilation faite d’après des sources 
latines, jusqu’au xm® siècle, et assez originale depuis 
Edouard I. En tout cas elle m’a paru tout à fait indé¬ 
pendante des compilations attribuées à Peter de Ickam 3 4 
et à John de Bever 4. 

PREMIÈRE RÉDACTION 

1. Premier état. — Sir Fr. Madden a consacré quel¬ 
ques lignes à notre chronique dans l’introduction de 


1. Il faut ajouter que le plan adopté qui consiste à ranger les ouvrages par 
ordre chronologique, sous la date à laquelle ils s'arrêtent, est très-peu favorable 
ù un bon classement. Deux mss. d'une même chronique, qui par suite d'un acci¬ 
dent quelconque ne finissent pas à la même année, seront mentionnés séparé¬ 
ment à une plus ou moins grande distance l'un de l'autre. 

2. P. lxii. M. W. Hardy, indique au Musée britannique un ms. Reg. 20, 
D. III, n° sous lequel je ne trouve qu'un Lancelot du Lac. 

3 . Tout ce qu'on a écrit sur ce Peter de Ickam est vague et confus; voir 
cependant Th. D. Hardy, Descr. Caiai. III, n** 384, 488, 493, 667. 

4. Harl. 641, cf. Th. D. Hardy, Descr. Catal. III, n° 507. 


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— 115 — 


The ancient english romance of Havelok the Dane 
(Roxburghe Club, 1828), p. xxv et suiv. Il suppose 
qu’elle a été composée au commencement du règne 
d’Édouard III « parce que, » dit-il, <c toutes les ancien¬ 
nes copies s’accordent à conduire l’histoire jusqu’à la ba¬ 
taille de Gaskmore, en i 332 , ou de Halidon-Hill, en 
1 333 . » Un ms. que Sir Frédéric ne connaissait pas ar¬ 
rête le récit à la mort de Henri III, en 1272. C’est le 
ms. n° 14640 du fonds français de notre Bibliothèque 
nationale, petit volume de 49 feuillets, écrit au com¬ 
mencement du xiv® siècle, sinon à la fin du xm°, par un 
scribe anglais. Ce ms. semble parfaitement complet. Il y 
a donc lieu d’admettre l’existence d’un premier état de 
la chronique, conduisant l’histoire jusqu’à 1272 seule¬ 
ment. Voici le début et la fin de l’ouvrage : 

En cest lyvre sunt contenues les bata les et les afferes des roy s 
ke ount esté en Engleterre del tens ke Brut vint primes en ceste 
terre - ocistf?) sa mere *. 

En la noble cité de grant Troye il avoyt un fort chivaler e puis- 
saunt e de grant poer ke avoyt a noun 2 Eneas; e kaunt la cité de 
Troye fu prise et destruite par ceus de Grece, cesti Eneas, ove 
tute sa meygne, s’en fuy d’yleoke e vynt en Lumbardye, une tere 
ke fu en le poeir e la seygnurie le roy Latime. Un autre roy ke 
avoyt a noun Tourn Rotelyn guerra durement sour le rey 
Latyme, & ly fyt sovent granz maus. Latime resceust ove grant 
honur Eneas & le retynt oveske ly pur ceo ke yl avoyt oy e bien 
savoyt ke yl.estoyt noble chivaler e vayllaunt de cors. Cesty Eneas 
eyda le roy Latime en sa guère, e, brevement a dyre, taunt fyst e 
taunt se peyna de bien fere ke yl ocyst Tourn Rotelyn.... 

Fin : 

Le cynkantime quint an del régné le roy Henri, Edward son 


1. Cette rubrique est très-effacée, plusieurs mots restent douteux. 

2. Sans abréviation ; on ne peut pas lire none, mais ce peut-être nonn ; de 
même plus loin. 


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fyz, Joh. de Brutaygne, Joh. de Vescy, Thomas de Clare, Roger de 
Clifford, Otes de Grandson, Robert de Brus, Joh. de Verdone, e 
mult des autres granz seygnours de sa la mer e de la, pristrent 
lur chemyn ove grant compaygnie e ove grant poer des gens en la 
tere seinte, e demorerent ileoke grant tens. £ taunt cum sire 
Edward demora en la tere seinte, son pere le roy Henri se lessa 
moryr a Loundres, quant il aveyt régné bien e noblement .lvj. 
aunz e .xix. jour. Si morust le iour seint Edmund l’erceveske de 
Canterburi, e fut enteré noblement a Wesmunster le jour seint 
Edmund le roy et martir, l’an de l’incarnacioun nostre Seygnur 
Jhesu Crist .m. .cc. e .lxxii. aunz; de ky aime Deu eyt merci. 
Amen. 

2. Deuxième état. — Le même récit que ci-dessus, et 
de plus une continuation s’étendant jusqu’au sac de 
Haddington, en- 1 333 , septième année du règne d’ɬ 
douard III. 

Je connais neuf mss. offrant cet état de notre chro¬ 
nique. 

Londres, Musée britan. Cotton, Domit. A. X (fol. 12- 

87); 

— — — Cleop. D. VII ; 

— — Harley, 200; 

— — — 635 g; 

— — Addit. 18462 (2 e article) 1 ; 

Oxford, Corp. Chr., n° 293 2 ; 

1. Ce n° se compose de deux mss. reliés en un volume; ce sont deux 
rédactions distinctes de notre chronique. J'ai ici en vue le second de ces deux 
mss., celui qui occupe les ff. io 3 à 204; il est incomplet de la fin; le récit y 
est divisé en chapitres par des rubriques, mais ces rubriques ne sont pas numé¬ 
rotées. 

2. Recueil formé de divers mss. ou fragments de mss. Notre chronique y 
occupe les ff. 21 à 87. Elle est incomplète du commencement et de la fin, par 
suite de la perte de plusieurs feuillets, et il y a encore une lacune après les ff. 
21 et 22. La première page conservée commence à l’histoire de Constantin, ne¬ 
veu d’Arthur : « qe si noble et si vaillaunt chivaler n’avoit enfaunt de son corps, 
« mès ceo qe Dieu voet covent qe soit fait, qi noun soit beneit, loé et glorifié 
a en toutz siècles, Amen. — Cornent Constantin neveu le roi Arthur occist 


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Cambridge, Bibl. de l’Université, Gg i. i 5 1 ; 

Dublin, Trinity Coll. E. 2. 33 ; 

Paris, Bibl. nat. fr. i 2 i 56 . 

Il y a probablement lieu de classer ici le n° 8141 de la 
bibliothèque de Sir Th. Phillipps, à Cheltenham, qui 
est, par erreur, l’objet de deux articles dans le Descrip¬ 
tive Catalogue, III, n os 665 et 669. Le début cité sous 
le n° 669 est « En la cité de grant Troie ». Ce mss. n’a 
donc pas le prologue sur les géants dont il sera question 
plus loin. En outre, il s’arrête à la mort d’Édouard II. 
Par suite (si toutefois il est complet), on pourrait aussi 
bien y voir un état particulier de notre chronique. Mais 
il faut, pour décider ce point, attendre des renseigne¬ 
ments plus complets. 

Deux autres mss. qui se rattachent à cette rédaction, 
mais présentent de notables particularités, seront étudiés 
dans un appendice. 

Tous ces mss. ont été exécutés en Angleterre, au 
xiv® siècle ou au commencement du xv°, à l’exception du 
ms. de Paris, qui est une copie de la seconde moitié du 
xv° siècle, exécutée en France, et où l’ouvrage a été dé¬ 
pouillé des formes propres au français d’Angleterre qu’il 
présente dans les autres mss. 

Je vais donner ci-dessous, d’après le ms. de Dublin, 
qui me paraît l’un des meilleurs, et qui a l’avantage 
d’être complet, les dernières lignes du règne de Henri III, 
comme terme de comparaison avec le morceau cité ci- 
dessus d’après le ms. 14640 de la Bibliothèque natio- 


« les .ij fist\ Moddred . Cesti, Constantin que régna après la mort Ar- 

« thur estoit noble chivaler et vaillan.» — Le dernier feuillet, tiès-endom- 

magé, appartient au règne d'Ldouard III. On voit que dans ce ms. le récit est 
accompagné de rubriques, comme dans 1 ’additional. De même que dans ce 
dernier, les rubriques ne sont pas numérotées. 

i. Lacune au règne de Henri III et incomplet de la fin. 

9 


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nale, puis les premières et les dernières lignes des 
règnes d’Edouard I er et de ses deux successeurs. 

Fin du règne de Henri III et commencement du 
règne d’Édouard I er *. 

Et tant corne sire Edward demura en la terre seinte, son piere le 
roi Henri se lessa murrir a Londres, quant il avoit noblement 
régné .lv. aunz et .xix. jours, et feust enterré à Westmostier le 
jour de seint Edmond le roi, et martir, de qi aime Dieu eit mercy. 
Amen. 

Aprè cesti Henri régna Edward son fitz, le plus renomé chivaler 
de monde, qar la grâce de Dieu ove lui estoit, qar touz jours ou 
il estoit si out la victorie de ses enemys. Et tost après qe le roi 
Henri son piere se lessa mûrir, si vint il a Londres ove bele 
companye des prelatz, countes et barons et ove grant chivalerie ; 
et l'em lui fesoit grant honour, car par la ou sire Edward chevau¬ 
cha en Londres, si estoient les rues par amount sa teste encourti- 
nés des riches tapiz de soie et de riches covertures, et pur la grant 
joie de sa venue, les nobles burgeis de la cité getterent hors de 
lour fenestres' or et argent et pleins lour poignes de denirs, en 
signefiance d’amour, honur, service et reverence, et par le Con- 
duyt, en Chepe, corust le vyn blank et vermail corne cretine de 
esve, et chescun y beust a sa volunté. 

Fin d’Édouard I ep et commencement d’Édouard II. 

Cesti roi Edward graciouse hom plein de merci et de pité, que 
partut eù avoit la victorie, qe baudement se combati od ses 
ennemis que lui vole[i]nt guere, car vertue et victorie doné Dieu li 
avoit pur la grant leuté que en lui estoit, cesti bon roi morust le 
jour de la incarnacion (corr . translacion) de sent Thomas de 
Canterbury, l’an de seon régné .xxxv. et gist a Westm., de qi aime 
Dieu ait mercy. 

Après cest bon roi Edward régna son fitz [Edward] de Karner- 
van, beaux home et fort de corps et de membre, et un de plus 

i. Ce ms., comme du reste la plupart des mss. de T. C. D., n’est pas pa¬ 
giné. 


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beaux chivaler du monde, mais il ne fist force de riens fors 
seulement des choses que lui vindrent a qoer, c’est assaver corne 
faire plusours diverses overaignes que [n’]appendoient pas pur lui 
ne pur nul autre que honur et chivalerie voudra quere, par ount 
y avoient plusours destaunces et descordes entre lui et ses bones 
gentz de sa terre. Cesti roi Edward forligna en grant partie les 
maneres de son bon piere, car la ou son piere feut repleny de 
mercy et de la grâce de Dieu, si feut cesti home de grant duresse 
et de vengaunce, car quant il comencea de regner, tost après 
graunt descorde et graunt estrif sourdist entre lui et sire Wauter 
de Langetone, evesqe de Cestre, jadis treserer son piere, et lui 
emprisona pur ceo que le dist evesqe lui escusa a bon roi Edward 
son piere des plusours trespas et mesfès, lequel et des queux le 
bon roi son piere lui reprova et chastiapar dreit et raison i. Cesti 
roi ama chèrement a queor ascuns que son piere sovent foiz lui 
defendi, com un sire Piers de Gavestone que feut par le bon roi, 
son pere et par le[s] per(e)s exilé de la terre; mès cel exile ne 
demora gers, car tost après meisme cel an q’il feut coroné, il fist 
remaunder le dit Piers encountre la defense son pere et sanz 
assent del barnage de la terre, et le fist counte de Cornwayle, par 
ount qe quant qe cesti roi comencea de faire unqes ne prist a bon 
fyn, mès ceux qe feurent bons e leals et sages il ne les ama 
point. 

Fin d’Édouard II et commencement d’Édouard III. 

... et coronnerent sire Edward l’eigné a Westmost. ove grant 
joie et grant honour, et n’avoit que .xiiij. aunz d’age, le jour de 
seint Brice devant. Quant cesti roi Edward estoit coroné le dymenge 
en la veile de la chandelure, corne devant est ditt, il tint parlement 
a Westmoster, enquel parlement le roi granta a les citezeins 


1. Le début de ce règne est un peu différent dans le ms. de Corpus Chr. 293 : 

« Cornent le roi Edward fit\ au noble roi Edward passa la mere et espousa 
la file le roi de France. Après cesti bon roi Edward régna son fitz Edward, 
de Kernervan fust appeliez, beaux homme et fort de corps et de membre, mès si 
tost corne il comença de regner, grant contek (sicJ et graunt descord sourdist 
entre lui et l’evesque de Cestre, jadis tresorer son piere. qe avoit a noun sire 
Wauter de Langetone ; et ceo fu pur Fencheson que le dit evesque lui escusa au 
bon roi Edward soun piere de ascuns trespas et mesfetz dount le roi sou piere 
lui ckastia par droit et rèsou.... » 


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120 


de Londres totes lour franchises avant perdues et autres franchi¬ 
ses de novel; et qe ceux qe furent pris dedeinz les franchises pur 
larcine et félonie deveroient estre jugez devant le meir en la Gi- 
halle, par qei le utisme jour de maii furent trois hommes jugez a 
la mort et penduz, que adonqe fu le vendredi après la feste de 
seint Johan ante portam latinam. En cel temps le roi le piere. a 
cesti novel roi coroné fust remué hors del chastel de Kenilworth 
desqes au chastel de Berkelé pur ço qe grant parlance y feust parmi 
la terre qe ascuns covignes y furent fetes des plusours pur lui aver 
pris a force hors du chastel de Kenilworth, et que frere Thomas 
Dunheved, freres prechour et bon clerk feust assentu ove covignes 
d’ascuns freres de l’ordre, par qei ils et autres furent enprisonez a 
Everwyk. Avint issint tost après que le roi par cas enmaladit en le 
chastel de Berkeleie grevousement de grant dolour, et murust le 
jour de seint Matheu devant la seint Michel. 

Ore régné nostre seignur le roi Edward le tiertz puis le conquest, 
bien et noblement, et ad affermé et graanté tel es franchises et 
(corr. a) lesciteins de Londres qe unques roi devant son temps ne 
granta. En cel temps a la Pentecoste après le roi se appari la d’aler 
sur ses enemis d’Escoce ove tote le poer qu’il purroit a lui atrere et 
ove bele compaignie des Henaudz, pur quei ceux de Londres man¬ 
dèrent au roi a la goule d’Aoust .vijxx. hommes a chival bien ar¬ 
més. En cel temps a Everwyk les Henaudz occirent nutantre multz 
des Engleis. 

Fin de l’ouvrage : 

Et le jeofdy en la feste de Nostre Dame matin comencerent ils 
de ardre et de tuer quant que feust devant eux, et pristrent berbitz 
et autres grosses bestes a graunt foison, et a lour retourner, Wil¬ 
liam Douglas, que feust gardein del dit piel de Langhmaban, et au¬ 
tres ove graunt nombre des gens, a houre de nonne assaillerent 
le dit mons. Antoigne de Lucy et ses gens, et fu la medle graunt; 
mès lesEscoz furent desconhtz, et furent pris ledit William Douglas, 
Will.Barde, et bien cent autres prisons; et mons. Humfrei de Bois, 
mons. Hunfrei de Jardin, chivallers, Will. de Cardoille et plu¬ 
sours autres, bien a la montaunce des .viiixx. vaillantz homes, mortz, 
et le dit mons. Antoigne naufré, et retournèrent salvement a lour 
marches ove lour proie. En cel temps, a la feste de seint Jehan 
ante portam latinam I , si feust une feire a Hadington en les par- 

2. Ms. de Paris : a la feste de saint Jehan en la cité de Latymam (!!). 


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I 2 I 


ties d’Escoce, et illoeques vindrentune compaignie des Engleis, et 
occirent quant q’ils troverent devaunt eux, et pristrent totes les 
bestes et biens d’une chose et d’autre q’ils troverent. 

Telle est la leçon du ms. de Dublin. Des huit autres 
mss. énumérés ci-dessus comme représentant la pre¬ 
mière rédaction de notre chronique avec continuation 
jusqu’en 1 333 , il en est sept qui s’accordent en tout point, 
sauf des variantes insignifiantes, avec cette leçon. Mais 
il en est un qui, pour le règne d’Edouard II, présente une 
rédaction particulière, le ms. Cottonien Domitien A. X. 
Voici, d’après ce ms., le commencement et la fin du cha¬ 
pitre consacré à ce prince : 

(Fol. 80.) Après cesti bon roi Edward régna son filtz Edward, de 
Caernervan fust appelletz, fort homme et vaillant de corps, mès si 
tost corne le bon roi Edward son pere estoit mort, il fist revenir 
en Engleterre un sire Pers de Gavastone qe son pere le bon roi 
avait exillé de la terre, encountre la defense son pere, et sanz as- 
sent del barnage de la terre, si li fist counte de Cornewaile. Cesti 
roi Edward espusa dame Isabelle, la fille de roi de France, od grant 
joie et od grant honur a Boloigne desur la mier. Et le primer an 
de son régné, qe fu l’an nostre Seygnur mille .ccc. et .vij., le uns- 
zime jour de feverel, furent il corounez a Westm. od grant sol- 
lempnité et od grant honur, le dimenche l’endemain de la feste de 
seint Pere in Cathedra, que adonque fust le Dimenche de quaresme 
pernaunt. Et en mesmes cel |an furent les Templiers destruz et 
anientiz.... 

Fin d’Édouard II et commencement d’Édouard III : 

(Fol. 85 .) .... et qe frere Thomas Dunheved, frere prechur et bon 
clerc, fust assentu od coviegnes d’ascuns freres de l’ordre, par quei 
il et altres feurent enprisonez a Everwyke. Et le [dejvant dit roi 
tost après malveisement fust murdré (sic) en le chastel de Berkele- 
leye par ces ennemys qe li eussent en garde, le jour de seint Ma- 
theu l’apostre, et fust sa mort publié a Nichole après la feste de 
Touz Seintz, et fust enterré a Gloucestre, le jour de seint Tho¬ 
mas l’apostre, quant li avoit régné .xx. ans .vij, moys et .v. jours 
de qi aime Dieu eit merci. Amen. 


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122 — 


Ore régné nostre seignurle roy Edward le tierzpuis le conqueste, 
bien et noblement et ad graunté et affermé teles franchises a les 
citizeins de Loundres q’onques roi devant soun temps ne graunta. 

La suite comme dans les autres mss. Je ne tranche 
pas la question de savoir laquelle de ces deux rédac¬ 
tions (dont Tune n’est guère qu’une modification de 
l’autre) est la plus ancienne. Je me borne à faire remar¬ 
quer que le ms. Domitien A X reproduit, au sujet de 
la mort d’Édouard II, l’opinion traditionnelle, à sa¬ 
voir que ce prince aurait été assassiné. L’autre rédac¬ 
tion, au contraire, le fait mourir de maladie. On sait 
qu’une troisième version de la mort d’Édouard II, s’est 
produite dans ces derniers temps. D’après un docu¬ 
ment qui a les apparences de l’authenticité, et qui, 
s’il est faux, ne peut avoir été fabriqué que par un con¬ 
temporain, Édouard II se serait échappé du château de 
Berkeley : le corps enterré à Gloucester, et honoré du 
tombeau magnifique qu’on admire encore dans la cathé¬ 
drale de cette ville, serait celui du portier de Berkeley, 
tué par le roi fuyant, et le roi lui-même, après s’être ca¬ 
ché quelque temps au château de Corfe (Dorset), et en 
Irlande, après avoir erré plusieurs années, sans être re¬ 
connu, en France, en Brabant, en Allemagne, en Italie, 
serait mort enfin, vers i 33 y, près de Pavie i. 

3 .— Le ms. Domitien A. X présente encore une autre 
particularité : c’est qu’il est le seul entre les manuscrits 
énumérés plus haut 1 2 qui n’ait pas une sorte de prologue 


1. Voyez le carieux mémoire de M. Germain intitulé : Lettre de Manuel de 
Fiesque concernant les dernières années du roi d’Angleterre Édouard U, 
dans les Mémoires de la Société archéologique ? de Montpellier, VII, 109-27 
C'S77)- 

2. Le ms. de Gorp. Chr. Oxf. a perdu ses premiers feuillets, le ms. de Paris / 
a le meme prologue rédigé en alexandrins monorimes. 


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en vers octosyllabiques, mais partout copié à lignes plei¬ 
nes, comme de la prose, qui prend place en tête de la 
chronique. En voici le début et la fin d’après le ms. de 
Dublin. Je remarque que le copiste de ce ms. a reconnu 
que ce morceau n’était pas en prose, car souvent il dis¬ 
tingue par une majuscule le commencement du vers : 

Ci poet homme saver cornent, kaunt et de quele gent grauntz 
geauntz vindrent Qe Engleterre primes tyndrent qe lors fu nomé 
Albyon, Et qe premcr y mist le noun. Ore escotcz péniblement 
(corr . pesiblement), vous dirrei brevement Des geauntz tote la 
some. Corne jeo Fol d’un sage homme. Après le comencement del 
moud treis mil et .ix. centz et .lxx. aunz. En Grece estoit un roi 
puissauntz Qe taunt fu prus, noble et feer Qe sur touz rois avoit 
poer ; Reyne avoit bele et gent De qi engendra files trent for(e)ment 
beles qe totes crurent, Nurrys ensemble furent. 

Ce prologue se termine au quatrième feuillet recto 
par ces vers : 

Dy vous ay la vérité corne la geste nous ad counté Kant et co¬ 
rnent ils vindrent k’Engleterre primes tindrent, Et de quel noun 
estoit nomé, Et de qi lui ert doné, Et corne bien la terre tindrent 
A tant corne les Brutons vindrent, Et le premer noun oustierent Et 
Brytaigne la nomerent. Tut est bon a remembrer, Rien [nel grèvera 
de saver Les estilles et les escriptures des auncienes aventures. De 
Jhesu Crist soit beneit q’en escripture les mettroit. 

Cette pièce se remontre isolément dans le mss. Cotto- 
nien Cleop. D. IX, fol. 67, et a été publiée par M. Ju- 
binal, Nouveau recueil , IL 354-71. Dans les mss. oü elle 
sert de prologue à la chronique, elle est suivie d’une sorte 
de sommaire en latin des premiers temps de l’histoire 
fabuleuse de l’Angleterre. Ce morceau latin se trouve 
aussi dans le ms. Domitien A. X (fol. 12) qui n’a pas le 
prologue en vers. Le voici d’après Dublin : 

De potentissimi regis Grcc[i]e null.ifus sub t!omin[i]o subdiii 
progenie sorcribus de .xxx ta . liliabus corporum siaturc maxime 


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— I2 4 — 


exeuntibus (sic, corr . existentibus) quarum primogenita nomine 
vocabatur Albina, Anglie nomine insulam primo [Albion] nomi- 
nando expedivi sub compendio, ex quibus demones [h]or[r]idos 
genuerunt gigantes sibi montibus cavernas subterraneas préparantes 
fossis magnis murisque circumdatas fortissimas ; secundo vero di- 
cendum est de Bruto Albionem nomen deponente, postea Britaniam 
apponente ; tercio de Engisto Saxonio, nomen qui Britannie depo- 
suit, vero Engistlond nominavit, etc. (sic). 


DEUXIÈME RÉDACTION 

4. — La seconde rédaction diffère de la première : i°par 
l’intercalation des prophéties de Merlin à la fin des rè¬ 
gnes de Henri III, Édouard I er et Édouard II; 2 0 par 
une divergence considérable qui se manifeste dans le 
récit à partir du règne d’Édouard II. La tendance du 
récit est beaucoup moins défavorable à ce prince que 
dans la première rédaction. 

Je connais cette seconde rédaction en deux états : 
i° jusqu’à la mort d’Édouard I er ; 2 0 jusqu’à la bataille 
de Halidon-Hill, 1 333 . 

Premier état , jusqu’en 1307. — Cambridge, Bibl. de 
l’Université, Ee 1. 20, Les ff. 1 à 78 recto sont occupés 
par le Manuel de péchés de William de Waddington, 
dont on a tant de copies Les quelques lignes que Sir 
Th. Duffus Hardy a consacrées à ce ms. (Descriptive 
Catalogue , III, n° 55 1) sont tirées de la notice du cata¬ 
logue des mss. de l’Université de Cambridge, avec cette 
addition « apparently the same as ms. Cotton. Cleopat. 
D. ni », qui n’est pas exacte, puisque, comme on va le 
voir, ce dernier ms. conduit l’histoire jusqu’en 1 33 3 . Le 
Brut du ms. de Cambridge Ee .1. 20 n’a pas le prolo¬ 
gue sur les géants et commence (fol. 78 v°) au premier 
chapitre En la noble cité de grant Troye . 


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— 125 — 


Voici la fin du règne de Henri III et le début du rè¬ 
gne de son successeur, avec quelques lignes de la pro¬ 
phétie de Merlin qui prend place entre les deux règnes : 

(Ch. clvj) Le .lv. an del régné le roi Henri, Edward son filz, Johan 
de Brutaigne, Johan de Vescy, Thomas de Clare, Roger de Clif¬ 
ford, Othes de Graunson, Robert le Brus, Johan de Verdone et 
multz des allres par de la la mer pristrent lour chemyn vers la 
terre seinte, et la conquist sire Edward grant honur par chivale- 
rie, quar il conquist Acres par coupe de espée, ou il engendra de 
sa femme Johanne qe puis fu contesse de Gloucestre. E quant le 
roi Henri out regnee .Ivj. aunz .xix. jours, il murust le jour de 
seint Thomas (sic, corr. Edmond) de Pounteneye, et fust enterré à 
Westm. le jour seint Edm. le roi. 

Les prophétie% Merlin alegëe del roi Henri filf le roi Johan, 
cap. .clvij. 

De cesti Henri prophetiza Merlin e dist qe un aignel vendra hors 
de Wyncestre l’an de l’incarnation Jhesu Crist mil .cc. .xvj. od le- 
veres véritables et senteté en son cuer escripte, et dist vérité quar 
le bon roi Henri nasquist en Wyncestre. 

Del rei Edward fil\ le roi Henrie de sa chevalerie, cap. .clviij. 

Après cest Henri régna Edward son filz, le plus renomee cheva- 
ler del mound. 

Fin du règne d’Édouard I er et du ms. : 

De le mort le roi Edward cap. .ciiijxx. Quant le roi Edward out 
conquis Escoce par coupe d’espée graciousement, il enmaladi a 
Burghe sur Sandes en la marche d’Escoce, et appella son baronage 
a lui, et lour chargea en la foi qe lui dévoient q’il feïssent Edward 
son filz tost coroner roi d’Engleterre, et qe lui deïssent de part lui 
q’il, sur sa benesone» ja ne reconsilast a sa pees Perys de Gavastone, 
et il le otrierent. Puis receust le bon roi Edward toutz ses droitu¬ 
res de seint Eglise com bon chrestian, et murust a Burghe sur San¬ 
des le jour del translacione seint Thomas de Canterbire, l’an de son 
régné .xxxv., e fust enterré à Westm. a grant honur, de qi aime 
Dieu eyt merci. 

1. Ici et plus loin, dans des cas semblables, je rends par c le titulus qui 
surmonte Vn ; mais on pourrait prendre Vit pour un u, et la finale serait alors 
-oun, il se peut enfin que cc titulus ne signifie rien du tout. 


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Prophétie Merlin allégée del roi Edward fll\ le roi Henri, 
cap. .cc iiijxxj. 

De cesti bon roi Edward prophetiza Merlin et dist qu’il seroit 
un dragone et le secunde roi de les ,vj. dreins que seroient a ré¬ 
gner en Engleterre. 

... Puis dist Merlin que la gent le dragoun seroit orphanie sanz 
bon pastur, et que plorroit pur sa mort de l’isle deJMotoun tan que 
a Marcile, par quei, alas ! seroit un comun chant de gent orphanie 
en terre gaste ; et ben dist, quar quant le bon roi Ed. fu mort, sa 
gent de Northumberland furent orphanins sanz bon governur qe 
les pout defendre; si ploroient pur sa mort par my la chrestientee 
pur ceo qu’il murust avant son aler en la terre seinte, si com il 
out en pensée. Explicit. 

5 .— Deuxième état, jusqu’à la bataille de Halidon-Hill, 
1 333 . — Les mss. qui vont être indiqués sont tous divi¬ 
sés en chapitres, mais cette division varie d’un ms. à 
l’autre. Les mêmes mss., à l’exception de celui de Paris, 
commencent tous par un prologue que nous n’avons 
pas encore rencontré jusqu’à présent et dont le début 
sera donné plus bas. 

Londres, Musée britannique, Cotton, Cleopat. D. III 
(fol. 74-183), 223 chap. 

— — Old royal, 20. A. III 

(fol. 121 - 236 ), 23 1 chap. 

— — Addit. 18462 (i cr article), 

184 chap. 

— Lincoln’s Inn, lxxxiii. 

Paris, Bibl. nat. fr. I2i55 \ 

Fin du règne d’Édouard I fr (prophétie de Merlin). 

(Coti., Cleop. D III, chap. ciiijxxvj, fol. i 52 b) ; ... et de l’isle 

1. Ce ms. est un magnifique volume visiblement exécuté en Flandre dans la 
seconde moitié du xv- siècle. L'écriture est tout à fait celle des copistes qui 
travaillaient pour le seigneur de la Gruthuyse et pour les ducs de Bourgogne ; 
le récit est divisé en chapitres avec rubriques, mais sans numéros. 


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— 127 — 


de Motone jusques à Marcille firent les gentz graunde dolourpurla 
mort del bone roi Edward, qar il bierent (sic) que le roi Edward deûst 
avoir passés en le terre ssint sur les enemys Dieux, de soi vengere, 
qar ce fuist sone soveraigne purpose, qi aime repose par entre les 
aungels. Amen i. 

Del roi Edward, filti du roi Edward, cap. ciiijxxvij. 

Après cesti roi Edward régna sire Edward sone filz, qui fuist 
neez en Carnarivan (sic); cesti roi ala en Fraunce, et espousa Isa¬ 
belle fille au roi de Ffraunce, le .xxv, jour de janvier, a Nostre 
Dame de Boloigne, l’an nostre S r mill .ccc.vin., et le .xx.* jour de 
feverer, l’an donques proschein ensuans, ert il solempniem (sic) co- 
roné à Westm. par luy ercevesque Robert de Wynchilse, de Can- 
terburys, la ou ert si graunt près que sire [J. de] Bakwel ert 
[moerdris] et mort. 

Fin d’Édouard II et commencement d’Édouard III : 

(Chap. cc x,fol. i65 a) ... Et Mons. Henri de Percy lors sus rendi 
son homage pur luy et pur tous les barons. Lors disoit Mons. 
William Trusselle: « Sire, je vous sus rendi homage pur moy et 
« pur tous chivaler et pur tous ceux que tiegnent par sergiantrie ou 
« par autre chose de vous, si que ceste jour en avaunt vous ne deve- 
« rez claymer de estre roy ne tenuz pur roy, mais de cy en avaunt 
« serez tenuz pur singuler homme delà people ». Et ensi s’en dépar¬ 
tirent ils a Loundres ou les barouns lour attendirent, et sire Ed¬ 
ward le piere remist en prisone desouth bone garde; et ce ert le 
jour del Coversione de seint Paule, le vintisme an de son régné. 

Prophecie de Marlyn déclarée del roi Edward filt% 
du roi Edward, cap. .cc xj. 

De cesti Edward prophetiza Merlyn, et dist que un chevre vien- 

i. Voici la leçon du mss., Bibl. nat. fr. 1 3 1 55 (fol. 174.): * Et de l’isle du 
« Mond’coîi jusques aux portes de Marseille firent les gens grant dueil pour la 
« mort du bon roy Edouart, car ilz attendoient qu’il deüst aler en la saincte 
« terre pour vengier les ennemis de crestienté, car c’estoit tousjours son pro- 
« pos. » Texte anglais (voir plus loin, n® 7) : « From the yle of Shepey unto 
« the yle of Marcyll, the people made moche sorrowe for good king Edwardes 
u deth, tor the wende that king Edward.... * (Ed. de 1328 fol. 87 b). Le pre¬ 
mier des lieux ici mentionnés paraît bien être Pile de Sheppey, Keut, mais je 
doute que le second soit Marseille. 


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— 128 — 


droit hors de kar que averoit cornes d’argent et barbe de neef, et 
que un brûle seroit' dehors ses narrilles, que signifieroit damage, 
faime, mortalité de gent et perde de sa terre i ; et que en le comen- 
cement de son régné leccherie seroit moult usé; et il disoit voir 
allas.... 

(Fol. 166 d) Del roi Edward le tierce puis le Conquest, cap. xc xij. 

Après cesti roy Edward de Carnarivan (sic) régna sire Edward de 
Wyndesore soun filtz, que par assent de tous les graundez d’Engle- 
terre est coroné et ennoient roy a Westm., le diemenge en la rie- 
gle de la purification Nostre Dame, l’an de grâce mil .ccc. xxvj. 
qui lors estoit de âge de .xv. ans, et pur ce que le roy (fol. 167) 
sone piere fuist en garde en le chastelle de Kenelworthe, et après 
il ert mys hors de sa roialté, la roialme d’Engleterre fuist corne 
saunz roy de la feste de seint Katerine Fan susdit jusques a chaun- 
dellure; et ensi furent tous les pleez du bankdu roy estaintz.... 

Fin de la chronique. 

{Fol. 182 dj ch. cxxiiij.) ... Et ensi furent les Escotz desconfitz, 
et nient meins ils âvoient cyrik hommes en leur eschelle encountre 
une homme engleis ; et celle bataille fui ferru a Halydounhille, près 
le ville de Berwik, a quelle bataille furent tuee des Escotz .xxxv. 
millers, et .viij®. et .xij., et des Engleis hommes fors quesoulement 
.vij., et ils furent pedestres. Et ceste victorie escheia as Engleis 
hommes en la viegle de seint Margarete en l’an de nostre S r . Jhesu 
Crist mille .ccc. xxxij.; et durant celle prisure les Engleis garsons 
pristrent le pilfre de les Escotz mortz chescun apres ceo que il 
pooit conquere saunz chalenge de ascuny. Amen, Deo gracias. 

6. — J’ai annoncé plus haut un prologue que présen¬ 
tent la plupart des mss. dans lesquels notre chronique 
est con tinuée jusqu’à la bataille de Halidon-Hill.Voici, 
d’après le ms. Cott. Cleop. D. III (fol. 74), le début de ' 
ce prologue : 

1. Fr. 121 5 5 (fol. 204). « .... ki aroit cornes d’argent et barbe corne nue, 

« et que un bruille vcndroit hors de ses narines qui signifieroit dommage comme 
« faim et mortalité de ses gens et perte de sa terre. » Texte anglais ; « & a 
« berde as whyte as snowe, and a droppe shold corne out of his nosethrylles... » 
i528 , fol. 108 b). 


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— 129 — 


Cornent Engleterre fust nosmée Albion et par quele noun. 

En la noble terre de Sirre ert un noble roy postifs, de très 
graunt renoun qe out a noun Diodicias i, qe si noblement et si bien 
se contynt par sa haute chivalrie, qis conquest toutes les terres 
entour luy, issint que touts les roys pur poy del mounde furent a 
luy entendauntz. Avint issint qe cesti Diodicias espousa une gentis 
damoisele, la hile de son uncle, que out a noun Labana, et luy ama 
tant corne le voloit ; si engendra de luy trent et trois filles dount 
la emesce (sic) ert nommée Albync, et celles damoiscls quaunt vin- 
drent a âge deviendrent si béais que a merveille, par qui le roy 
Diodicias lour piere ûst une somons par ses brieffr a tous les roys 
que tiendront de luy, q’ils venissent a un certein jour en son briefs 
contenuz a un roial fest, a quelle jour tous y viendrent & mesnerent 
ove eux admiralle, princes et dukes et nobles chevalrie. 

Si finist la prolouge de Vidle de Albyon; ore escute\ cornent 
Bruyt feust engendré et cornent il tua primes sa miere et puis 
son piere y et cornent il conquist Albion, quele il nosma après Bru - 
taigne, après son noun, de mesme que ore est appellée Engle¬ 
terre par Engist de Saxoine , cap. primo. 

En la noble citee de graunt Troye.... 

Le récit contenu dans ce prologue se retrouve ail¬ 
leurs, par exemple dans le second chapitre des chroni¬ 
ques de Jehan de Wavrin. On n’en connaît pas la source 
originale 1 2 . 

7. — La seconde rédaction de notre chronique, en sa 
plus grande étendue, c’est-à-dire en son second état, est 
l’original de la chronique anglaise connue sous le titre de 
The Chronicles ofEngland , ou encore de Caxton's Chro - 
nicle , qui poursuit le récit jusqu’à l’avènement d’ɬ 
douard IV, en 1460. Gaxton n’a nullement fait, en ce 


1. Ailleurs Sirie...., Diodicias. 

2. Voy. la note de M. VV. Hardy, t. I, p. 5 oy, de son édition des chronique 
de J. de Wavrin. 


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— 1 3 o — 


cas, œuvre d auteur ni même de traducteur. La chroni¬ 
que anglaise qu’il a'imprimée, d’abord en 1480, puis en 
1482 *, était fort répandue de son temps, et même quel¬ 
ques années avant ses premières impressions. Il en existe 
un très-grand nombre de mss 1 2 qui n’ont pas été suffi¬ 
samment étudiés, et dans quelqu’un desquels on trouve¬ 
rait peut-être sur le traducteur et sur le continuateur, à 
supposer que la traduction de la chronique française et 
la continuation ne soient pas l’œuvre d’une seule et 
même personne 3 4 . 

En 1483, les Chronicles of England furent imprimées 
de nouveau à Saint-Albans. Cette édition est, pour le 
texte, sauf quelques variantes dans la graphie, identi¬ 
que à celle de Caxton. Il y a, de plus, une assez longue 
introduction, datée de Saint Albans 1483, qui a pour ti¬ 
tre a Fructus temporum, » et, à la fin de chaque règne, 
diverses additions concernant l’histoire des papes et des 
empereurs, qui sont tirées de Martin le Polonais et d’au¬ 
tres compilateurs 4 . 

En 1497, enfin, parut la première édition de la « Cro- 
« nycle of Englonde wyth the frute of tymes : Compl¬ 
et led in a booke, and also enprynted by one somtyme 
« scole master of Saynt Albons... And newely in the yere 
« of our lord god M. CCCC. lxxxxvij. enpryntid at 
« Westmestre by Wynkyn de Worde ». Tel est l’inti¬ 
tulé fourni par l’explicit de la première édition de Wyn¬ 
kyn de Worde. Elle se donne pour une réimpression 
du livre imprimé à Saint Albans, et n'est pas autre chose, 

1. Voy. W. Blades, The Life and Typography of William Caxton, II, 
109 et 120 (n°* 39 et 43). 

2. Il y en a un, qui est incomplet, à la Bibliothèque nationale, fonds anglais, 
n° 3 o (anc. suppl. fr. 24992). 

3 . Voy. Fr. Madden, Havelock the Dane, Introd., p. xxxvii. 

4. Voy. Madden, op. cit., p. xxviii, note. 


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sauf que la graphie du modèle a été assez notablement 
modifiée. 

Je vais transcrire, d’après les exemplaires appartenant 
à la bibliothèque de T Université de Cambridge, le dé¬ 
but du Brut dans Caxton (i ro édition) et dans Wynkyn 
de Worde (1497); le texte de Saint-Albans ne diffère 
pour ainsi dire pas de celui de Caxton : 

Wynkyn de Worde, 1497 

Caxton, (1480 a 2 ). [b iiij). 

How the lande of Englonde Afore that I woll speke of Brute, 
was fyrst namd Albyon And by it shall be shewed, how the londe 
what encheson it was so namd. of Englonde, was fyrst namyd 

Albion and by what encheson it 
was so namyd. 

In the nobleland of Sirrie ther Of the noble londe of Sirrie. 
was a noble kyng and myhty & there was a ryall kynge & myghti 
a man of grete renome that me and a manofgrete renommee,that 
called Dioclisian that well and callyd was Dioclisian. that well& 
worthely hym gouerned and ruled worthily him gouerned and ruled 
thurgh hys noble chivalrie. So thrugh hys noble chyvalry : So 
that he conquered ail the landes that he conqueryd ail the londes 
about hym so that almost al the ^bowtehym, sothat almost al the 
kynges of the world to hym were kynges of the worlde, to hym 
entendant. Hit befell thus that were attendaunt. It befell thus, 
this Dioclisian spoused a gen- that this Dioclisian spowsyd a 
till damisell that was wonder fair gentyl damoysel, that was wonder 
that was his Emes doughter La- fayr that was his emys doughter 
bana and she loued hym as reson Labana. And she loued him as 
wolde so that he gâte vpon hir reason wolde, so that he gâte 
.xxxiij. doughtres. upon her .xxxiij. doughters. 

Voici maintenant, d’après les deux mêmes éditions, le 
passage qui correspond aux dernières lignes du français : 

Caxton, 1480 (p 3 ). W. de W-, 1497 (° vj) l . 

And that bataille was donc on And that batayll was donc on 
halydoune hylle besides the toune Halidounc hyll. besyde the towne 

t. Édit. Je i 528 , fol. exx a (Bibl. nat., Rés. Na 3 ,. 


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of Berewyke at the whiche ba¬ 
taille were slayne of the Scottes 
.xxxv. M. vij. C. and .xij. of 
Englisshmen but only .xiiij. and 
tho were fotemen i And this vic- 
torie befell to the Englisshmen 
on seint Margaretes eue In the 
yere of the jncarnacion of our 
lord Jhesu crist M. CCC. xxxij. 
And while this doyng laste the 
Englissh pages toke the pilfre of 
the Scottes that were que lied 
euery man that he myght take 
withoute any chalengyng of any 
man. And so after this gracious 
victorie the kyng turned hym 
ayene vn to the same siégé of 
Berewyke... 


of Berwyk. Att the whyche ba- 
tayl were slayne of the Scottes 
.xxxv. thousande, and .vij. hun- 
dred and .xij. And of the Englys- 
shmen, but only .xiiij. And this 
vyctory befell to the Englysshe- 
men on saynt Margarytes euen 
the holy vyrgyn & martyr. In 
the yere of the Incarnacyon of 
oure lorde Jhesu Crist .M.CCC. 
xxxij. And whyle this doynge 
lastid the Englyssb pages toke 
the pylfre of the Scottes that 
were slayne, euery man that 
he myghte take wythout ony 
chalengynge of ony man. And 
soo after this gracyous victory. 
the kyng tornyd hym agaync 
vnto the same sege of Berwyk... 


APPENDICE 


I 

C. C. C. 7 8, Oxford. 

De la première rédaction de la chronique étudiée au 
ch. III, dérive un ms. qui offre assez de traits particu- 

i. On voit que les mots/* and tho were fotemen » manquent dans W. de 
W. 1497, quoiqu'ils se trouvent dans l'édition de Saint-Albans (1483); ils 
manquent aussi, m’écrit M. H. Bradshaw, dans l'édition de 1 5 1 5 ; mais je 
constate qu'ils se trouvent dans celle de 1528, la seule que possède la Biblio¬ 
thèque Nationale, avec une légère variante fthose au lieu de tho). Il faut donc 
que cette édition ait été revue soit sur Caxton, soit sur l’édition de Saint- 
Albans. 


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— 133 — 


liers pour mériter d’être étudié à part. C’est le n° 78 de 
Corpus Chr. Oxford, petit volume (167 mill. sur m) 
de 214 feuillets (numérotation récente), écrits au xv e siè¬ 
cle, qui présente à partir d’Édouard II un récit différent 
de celui qu’on trouve dans les mss. que nous avons exa¬ 
minés ou qui restent à examiner, et continué jusqu’à 
l’année 1398. Les deux premiers feuillets, et un frag¬ 
ment de feuillet numéroté 2*, sont occupés par des ma¬ 
tières qui n’ont aucun rapport avec notre chronique. 
Puis trois feuillets, dont on voit encore quelques traces, 
ont été coupés. La chronique commence au feuillet ac¬ 
tuellement numéroté 3 par cette rubrique : 

Engleierre, ceo que ore est dist,fust jadis appelle Albion, que avoit 
geauntes lein\ demurants , et pur quelle enchesone 1 fustis 
si appelle jjr cy orref. 

De la commencement de le monde trois mille sept cents et trois 
ans passez estoit un roy de Grece plus vaiiant des autres, que avoit 
engendré de sa femme la roigne, .xxx. filles très beaus, corseus et 
avenants al semblaunce de lour parents, desquelles l’eisné avoit a 
nonne Albine. Et trestouz ensemble furent nurissetz et trestouz 
furent mariez as roy (sic) puis qu'ils eurent àtteintz lour âge. 

C’est, sous une autre forme, le prologue qui a été si¬ 
gnalé ci-dessus (III, 3 ) d’après le ms. de Dublin. En 
voici la fin (fol. 5 v°) : 

....et les géants durèrent peisiblement en ceste terre desque a la 
venu des Britonsen ceste terre qe vindreint leinz devant l’encarna- 
cion, qar puis le venu des Britons desqe la encarnacion furent m.c 
et .xxxij. ans; mès de la venu de lesUites dames en cest terre 
desque le venu de Brut que ousta le nonne Albion et le fist appel- 
1 er Britaigne soloncsone nonede 1 "® (demainer) furent .cclx. ans; et 
en si fust par tant de temps ceste terre la terre de géants, et cetera. 


1. Encheson avec un titulus sur Vn finale; de même plus bas nonn, etc. 

10 


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— i34 — 

Suit une page (fol. 5 v*, 6 r°) de notions générales sür 
TAngleterre : 

Ceste terre, q’ore est Engleterpe nomé, et une de les plus nobles 
idles et plus covenables a vie de homme, ad en longure .viij. c leu- 
ges, commenceant a cel lieu q’est dit Fenwizstrete...... Estre ce, 

Tan de l’encarnacion suisdite m. lxvj., et puis ia conversion des 
Engleis a droit creance .iiij.° Ixx., vient W. duc de Normandie en 
cest terre ove sone hoste, et, occiz Haralz roy des Engleis, sousmist 
ceste terre a sa seignurie, ordeignans cest terre ove les grants sei- 
gnurs de celle, solunc ceo que luy plust. 

Le v° du fol. 6 et le r° du fol. 7 soit blancs ; au v° de 
ce dernier feuillet se trouvent divers dessins à la plume, 
doni l’un paraît représenter le meurtre de Guillaume le 
Roux. 

(Fol. 8j. Cornent et de que Brut fut engendré, et cornent il occist 
son piere et sa miere . 

En la noble cité de grant Troye avoit un fort chivaler.... 

La suite comme dans les mss. examinés ci-dessus, § IlI. 
Voici la fin du règne d’Édouard I (cf. ci-dessus, p. 118) 
et le commencement d’Édouard II, où le mss. offre une 
rédaction particulière 1 : 

(Fol. 164 v° ). Ceste roy Edward, graciouse et homme de mer- 
cie et de pité, que par tout eü avoit la victorie, que baudement ce 
combati ove 'sez fause compassours que lui voileient grever pur sez 
droiz defendre, qar vertue et victorie Dieu l’avoit doné, grant humi- 

1. Je n’ose pas affirmer, faute d’une connaissance suffisante du sujet, que 
ce récit soit jusqu’ici inconnu. S’il l’est, son importance est très-grande. En 
tout cas il est tout différent de ceux qu’offrent Thomas de Walsingham, 
Thomas de la Moor (Camden, Anglica , Norntannica... 1602 et i 6 o 3 , p. 593- 
6 o 3 ) et Galfridus le Baker de Swinbroke (publ. par Giles, Caxton Society, 
1847); l'ouvrage de ce dernier et celui qu’a publié Camden étant, semble-t-il, 
deux exemplaires de la même traduction latine d’un ouvrage français dont 
l’original est perdu. 


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— 135 — 


lrté, pité, mercy, sanz, compassement de faux engine divers (sic] 
■son roialme; eeste bone roy régna ,xxxv. ans et gist a.Wymostier. 

Cornent Edward fil\ a roy suysdit fu coroné y puys déposé 
et ad jaine. en prison tué . 

Après cesti Edward régna Edward sone Hz, nomé Edward Kar- 
narvane, le plus vailant, plus fort et plus avenaunt chivaler de cors 
que home sceust, et en naluresse d’amer il survenquist tous au¬ 
tres gents, qar une soûl devant tous autrez (fol. i 65 ) il soleit amer 
et plus chier tenir, honurere, avauncer, et celle amour desq’a le 
mort afforcere, mès il ne fust pas ewerouse envers ses enemis. Et 
il fist remesner Piers Gaustone sone drue et frere juré que en la 
vie sone pier a cause de ly fust eissillé, pur ce q’il luy avoit doné 
tout le counté de Pontif si pleinnement et fraunchement corne ly 
mesmes la tient. Et quaunt il fust revenuz, cety Edward ly fist 
CQunte de Cornewale, et ly fist espouser sa soer au count de Glouc., 
c’est assavoir la file de sa soer de meisné ; et dune il passa la meer 
et espousa Isabelle file a Philippe roy dé Fraunce a Boleyne i, et 
retourna en Engleterre. Estre cesti Piers devient si orguillouse 
qu’il avoit en despite tous les peres du royaume, et ataunt il 
amesna le roy en Escoce a graund arrissement de la coroune, pur 
quele enchesone il fust ajuggé trectour et mis en eissille par com¬ 
mune counsaille de reiaume. 

Fin cTÉdouard II et commencement d’Édouard 111 . 
Le meurtre d’Édouard II* les.efforts des meurtriers pour 
échapper au châtiment, sont racontés avec de nombreux 
détails qu’on chercherait *n vain chez Thomas de Wal- 
singham et chez Thomas de la Moor : 

Après cest felonnieet horrible tresone le Gourney et Mautravers 
n’oserount remeindre en cest terre pur doute de vengeaunce, mès 
towerount hastifment lour pilrinage a seint Jake, et autres seints 
par delà ; et a Burgs (BurgosJ en Espaigne fust le Gourney pris par 
1 e suite de la dame de Belhouse que meintenant counta a la potes- 
tate cornent les deux treitours avoient lour seignour liege le roy 
tüé, mès f Mautravers s’enfust et Gourney fust (fol. 1 7 o v’) mis en 

1» l&uiogne'Sur-Mer. 


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— 136 — 

fers en le roial chemyn que le poeple deust regarder le treitour a 
graunt deshonur, et la dame hasta en Engleterre et counta le roy 
de ceste affaire, et il manda messagers a Burgs ove letres de creaunce 
et ly deliverer le treitour, et le potestate ly delivera meintenant, 
mès de ly fust toilet par le chemyn par graunt poiar et mandé en 
Arragone, et le messager fist bone pursuite, et la il avoit la deli- 
vraunce, et ly mesna devers Engleterre; et ly fust autre foiz tolet 
par force de lour enemys, et le messager perceust par son espie 
cornent il fust amesné devers Gascoine et lessé à Baone, et le 
messager se hastia de quere Mons r Oliver, un grant S r , et quant 
il ly avoit trové, si ly counta le cas, et tantost chivauchount a 
graunt raundon a Baone, et la troveront le felone treitour, et S f 
Oliver fieraient ly aresna, et ly dit que jamès n’eschapist ne jamès 
nulle pardone n’avereit, et dune il confessa overtement cornent il 
assenti al mort le roy, et counta trestout le maner de cele tresone, 
et meintenant après la confessione, S r Oliver ly fist découper la 
teste, et le manda a roy en Engleterre. Issint suffri le noble roy 
torcenousement le mort, et régna .xix. ans, et gist a Glouc. pur 
amur de qy Deu fet miracles. 

(Fol. 171). Del roy Edward [de] Wyndesore , le tré noble gue- 
reour qe en son temps fu> que bien venga la mort son piere, et 
en checune pais venquist toux ses enemys. 

^ Un graunt piece devant le mort cesti Edward, en l’age [de] .xiiij. 
àns fut Edwarde de Wyndesore sone fiz coroné, le tierce Edwarde 
après le conquest, le plus noble prince que unkes fust, et en 
mesme Tan il espousa Philippe, la file de count de Hennaude, et 
en le tierce an le count de Kent Edmund, uncle le roy, fust arestee 
et en la veile seint Cuthbert fust il mys a mort. En le .v. an fust 
une parlement a Notyngham, oue Roger Mortemere fust aresté et 
envoié a Tour de Loundres, et Pendemein de seint Andrew prochein 
ensuant fust il traîné et suspendu. Le .vij. an, par le suffraunce de 
roy Edward, Bailloif, cleimant droit al roiaume d’Escoce, prist ove 
ly Henri Beaumont et le count d’Angeou et son fiz Warin et un 
poy des autres gents a numbre de deux mille, et entra Escoce a 
Kynborne, et sodeignement lez archers tant soulement venqueient 
le count de Fiffe, Robert Bruz, le fiz au roy d’Escoce, et tuerent 
.ix. cents des enemys, tous les autres mis en (v°) fuyt; auxint .xl. 
mille vindrent après, trestouz prests a combatre en un lieu appellé 
Guaskynmore, mès les Engleis lour reposèrent en un rive, pur 


1 


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— i3 7 — 

travaile q’ils eurent ew (- eü) un poy devaunt en la meer et en 
l’autre bataile, et le nuyt ensuant les Engleis passèrent l’ewe et 
montèrent le lieu oue lez enemis furent, et bien matin a le solail 
levant commencea le batail que durra bien par siz heurs, mès par 
le grâce de Dieux, la furent occiz .v. counts, Robert Bruz le fiz, 
duz barons .viu°. chivaiers, .x. mille gents d’armes et .xx. mille dez 
autres gents, et des Engleis ne furent plusours morts que deux 
chivalers, .xxxiij. esquiers; dont le champe fust plein des corps 
des enemis a la hautesse d’une launce, et plusours assez furent 
agraventeez par charge et encombrement de le host que ne fust 
par coup d’espie. Puis, en le .viij. an de sone régné, il assiégea 
Berewyc ove graunt chivalrie pur dereiner le droit de Edward. 
BaiHiol et la ville fust grauntment assaile par mere et par terre, ou 
touz les gentils et nobles d’Escoce pur rescuer la ville vindrent ov 
très graunt oste el mois d’aoust al mountee appelle Halidone (fol. 
ij 2) près de Berewyk, et furent touz occiz et vencuz par l’eide de 
Dieux, et les Engleis ne furent de rien anentez, forez par un chiva- 
ler et diz archiers. 

C’est à cet événement, comme on l’a vu plus haut, que 
s’arrête la première rédaction du Brut. Voici mainte¬ 
nant la fin du règne d’Edouard III, le commencement 
du règne de Richard II, et la fin de la chronique 
(fol. 188 vo). 

Et cest Edward tust nomé graciouse sur touts princes de terre, 
car il trespassa tous ses predecessours par excellence de coure, 
lequelle tous vois luy dona victorie, si bien sur miere corne sur 
terre. 11 fuist auxi piteuouse, humble, de bon vie, si bien a foreins 
corne as deinzeins 1, si bien a subjettes corne as sovereignes et seinte 
Esglise et ses ministres en très graunt reverence et honour mist 
et tendist, sage et bien afiaitè en counsaille rendre, et grauns pité 
et bounté moustra a ceux que feurent en anguissez, et si graund 
grâce resplendist en sa vite que celuy que la regardas! le jour oue 
de celle soungeast de nuyte, celle jour luy fust avys et ferme espoire 
que, sinonne très bien et graund prospérité, nulle riens luy (foU 
18 g) aviendreit, par ount souz luy viver feust tenu corne S r regner; 
et en tant sa loos aqu[i]st entre estraunges et lointeins nacions que 


1. Ou deni^eins, qui serait plus anglais. 


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138 — 


pour les graunts affairs de luy q’ils affermèrent ils tendrent et 
counterent pur voire que ne fèust souz ciel (terre) unques terre que 
si noble roy, si gentil, si eüerouse, norist n’engendrist (sic) ne que 
solunc lour opinion après sa mort autre luy semblable a nulle temps 
deüst lever i. 

Cy Vem pu et oyer del roy Richarde fil% a Edivardè [de] Wo- 

destoke prince de Galys, cornent il se demena , et de plusours af~ 

feres entre ly et les stignàurs de la terre en son temps . 

Après cèst roy Edwarde, Richarde [de] Burdeux son neveu 
nient pleinegnent (sic) agë de .xj. ans feust coroné a Westm. la 
veile de seint Kenelme ove si graunt solempnité que relement feust 
vewe devaunt. En mesme le jour de sa coronacion il fist .iiij. 
countes, c’est assaver Thomas de Wodestoke, son uncle, de 
Bukyngham, Johne Moubraye, de Notyngham, Vicerarde (sic) de 
Angalisins, de Huntyngdon, Henri Percy de Northumbr. 2. Et en 
ycelle jour les gents d’Escoce mistrent en feue Rokesburghe par 
i’enticement del counte de Dumbare, pour quelle cause le novel 
counte de Northumbr. suisdit ove .x. mille des hommes comba- 
tantz entra les villes et terrez del dit counte et ses villes arda, et y 
demouraunt par .iij. jours les preies de mesme la terre (v°) pristet 
enchacea 3 . En celle an, le .xij. jour des kal. de septembre, les 
Fraunceis pristrent l’idle de Wyghte, horpris le chastielle que feust 
très fortement gardé par mons. Hughe Tirelle, adonques gardein, 
et recuillerent ove eux lour espoilez, et por poy tout la bestaille de 
l’idle ; furent les maisons et autres lieux estre reintz pour mille 
marcz, les queux les gents de mesme Tidle furent constreintz de 
lever de lour amys foreins 4. Par mesme le temps les Fraunceis 
firent assaut al ville de Wynchelsee, mès il furent reboutez de 
lentre, l’abbé de Bataille forci blement lour resteaunt 5 ; etendemen- 
tiers ils envoierent un partie de lour navie, et arderent la ville de 
Hastyns. Puis en mesme cell an ils entrèrent près del ville de 
Rotyngdon en Southsex, joust la ville de Lewes, oue le prior de 
Lcwes, un fraunceis de orine, mès leal engleis de fait, ove eux 
combatant feust pris et amesné a lour niefs, ove mons. Johne Ssal- 

». Cf. Thorrtas dé^Walsingham, éd. Riley, I, 327-8. 

2. Thomas de Walsingham, 1 , 338 . 

3 . Ibid., 340. 

4. Ibid., 340-1. 

5 . Battlc-abbey 


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— i3 9 - 

leslee i et mons. Thomas Chene et une esquier par nonne John 
Bracas. En ycelle meslée furent tuez des Engleis desq’a cent, mès 
des fraunceis moult plusours.... 

Fin (fol. 2i3 v 0 ) 2 . 

Le jour seint Mathieu le conte d’Arundell feust ajuggé en parle¬ 
ment d’estre trayné, suspenduz et décollez, encontre quelle il re- 
cleima tous voirs les benificez des chevalieres, de par done nadgars 
a luy et autres grauntez par le roy, mais tous les altres juggements, 
horpris d’estre décollez, luy feust pardonez de grâce le roy ; et al 
temps de si morne juggement vers luy rendu ne en erraunt al lieu 
de sone tourment et al mesme lieu tanq’il feust en genoilant pour 
attendre sa passione, il ne chaungea unques sine chiere oue co- 
lour, mais il en feust si haité a regarder corne s’il eust a celle 
heure esté prié a mangier entres ses amys; et luy ensuerent 
graund assemblé des gentz de countc de Cestre ove tous maners 
d’armez garniz, et luy amesnerent au mort le conte marschalle 
q’avoit espousé sa fille et le comte de ïÇent, sone neveue de par sa 
autre fille, et le conte de Huntyngdone frere au roy, les queux le 
counte d’Arundelle aresona en ceste guyse : a Certeyn », fïst il, 
« plus beal et avenant vous feust d’estre a ceste bosoigne esloignez 
a que présent, mais il aviendra deinz brief que tants de gentz mi¬ 
te reront des (fol, 214) voz escheauncez corne fount del mien au 
a présent. » Et meintenant il pardona la coupe a cely que luy deust 
décoller, et tasta l’espé ove ses dets, et dist : « Que vous devez faire 
« faitez meintenant » ; et tost a un cope il feust décollez, et le cors 
ove le teste ensevelez. Après qi mort le roy feust tous jours travai- 
lez par visions de l’ymage le counte volant touz foiz al commence¬ 
ment de sone somnioile, et luy menaceant, par ount le roy plu¬ 
sours jours ne porroit (sic) dormir, mais maudist le heure q’il 
conust unques le conte; et puis le roy feust grandement corucez de 
ceo que les gents tiendrent la dicte counte pour martire et a ly 
firent lour pilrinage et offirendez corne a martire 3 . Après qi mort, 
le counte de Warr. feust aresoné en parlement de ce q’il chivacha 
ove le duc de Glouc. et le conte d’Arundelle encontre le roy, le- 
quelle meintenant, pour poour de mort q’il conust al conte d’Arun- 


1. « Johanne de Falleslley Thomas de Walsingham, I, 342. 

2. Ce récit correspond fort exactement à Thomas de Walsingham, II, 224-6. 

3. Quelques lignes de plus dans Thomas de Walsingham, 11, 226. 


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— 140 — 


del, ove lermes meintenant regeia soi mesmes estre traïtour, et 
dunt le roy, après juggement de mort vers luy rendu, luy graunta 
la vie et luy forjuggea d’estre envoieer al prisone pour y demourer 
a tous jours a l’idle de Man, sur la garde de S r William Scrope. 


II 

DOUCE 120, Bodleienne. 


Le ms. Douce 120 est un livre en parchemin de 
0 , 225 ' sur o,i 5 o, auquel manquent plusieurs feuillets au 
commencement et à la fin. Il renferme, jusqu’à la fin du 
règne de Henri III, la première rédaction de la chroni¬ 
que étudiée ci-dessus au chapitre ni (En la noble cité de 
grant Troye), avec quelques différences de rédaction à 
la fin du règne de Henri III. Puis, après quelques mots 
sur le couronnement d’Édouard I er , le récit continue à 
l’aide de la chronique en vers de Pierre de Langtoft l . 
Le ms. incomplet, comme je l’ai dit, s’arrête à l’année 
1293. Une note de l’érudit anglais H. Petrie, inscrite 
sur Un feuillet de garde, constate la ressemblance de la 
partie en prose avec le ms. Domitien A. X. qui, en effet, 
appartient à la même rédaction (voir plus haut, p. 116), 
et l’emploi, à partir d’Édouard III, de la chronique de 
Pierre de Langtoft. Le ms. Douce 120 n’a pas de rubri¬ 
ques, mais il y a, au haut des pages, des titres courants ; 
pour la première page : « Brenne, Elfinges, Güthlac. 
Commencement : 


1. Ce ms. n’a pas été mentionaé par Th. Wright dans son édition de Pierre de 
Langtoft. Ce n’est pas le seul qu’il ait omis d’indiquer : voy. Revue critique, 
1867, II, 198, n. 1. Parmi les huit mss. que signale Th. Wright, deux ne con¬ 
tiennent, de même que le ms. Douce 120, que le règne d’Édouard l« r . 


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... com son pere feut alé en Norwage, seisist tote la terre de 
Northumberland en sa meyn, et prist chastels, et les fist garnir par 
tut, et fist garde[r] de tote[s] partz la marine que Brenne son pere 
ne ariveroit nule part s’il ne feut pris. Le roi Elfinges fist assembler 
grant poer et livera sa fille a Brenne. 

Fin du roi Jean et commencement de Henri III : 

Cesti roi Johan, quant il avoit régné .xvij. aunz et .v. mois et 
.y. jours, il morust, com avant est dit, en le chastel de Neuwerke, 
mais il gist à Wircestre. 

Après cesti roi Johan, Henry son fitz, enfaunt de .ix. aunz feut co- 
ronné le jour de saint Simond et de seint Jude a Gloucestre, del 
légat Gualo, par le consail de grantz seignurs que touz jours se tin- 
drent ove son piere le roi Johan ; et ces furent le comte Randulfe 
de Cestre, William le mareschal counte de Strogoil et de Pene- 
broke. 

Fin de Henri III et commencement d’Édouard I er : 

Et sire Edward pur ses plaies suffrit grant turment et grant do- 
lour et sojourna illoques bone piece, et sa femme Elianore que feut 
fiille le roi de Espayne enfaunta illoqe une fille que feut ap¬ 
pelé dame Johane de Acre, la plus bele qu’em savoit. Et le jour 
seint Edmond de Pounteneye, le bon roi Henri se lessa morir a 
Loundres, quant il avoit régné bien et noblement cynquante siz 
aunz et dis et noef jours, et feut noblement enterré et gist a Westra., 
de qui aime Dieux eit mercy. 

Après la mort cesti bon roi Henri, sire Edward son fiz vint en 
Engleterre hors de la terre seinte et comensa de regner. Et le di- 
mange après la feste de l’assumpcion Nostre Dame en l’an secund, 
il feut coronné a Weymoster de l’ercevesque Robert de Kilwardely 
et la reigne Elianore sa compaigne, la fiille le roi d’Espayne 
qele il out espusé vivant son piere, et par son assent feut coroné 
mesme le jour. 

Immédiatement après suit le texte de Pierre de Lang- 
toft écrit à lignes pleines, comme de la prose : 

L’an primere après que Edward feut corouné Lewlyn pfince de 


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— 142 


Gales en Ffrauhce ad maundé qe la fille le counte de Mountfort 
norpé venist en Snoundone ou seroit espusez. 

Le textç imprimé de, Pierre de Langtoft (édit. Th. 
Wright, II, 170) porte : 

T,e prjmer on après ke le ray fu corouné 
Lewlyn prince de Wales en France ad mandé 
Ke la feyfie le counte de Moqqfort nomez 
Vendrait en Snaudpn ou sçrraynt esposez 
Li e la damoyselle. 


III 

Musée Brit., Old royal , 20 A. xvm. 


34.3, ff-, dont il faut retrancher les deux feuillets de 
garde du début, fin du xiv° siècle. Ce ms. a été signalé 
-de la façon la plus sommaire par Sir Th. Duffus Hardy, 
Catalogue, III, n° 666 . La chronique qu’il renferme 
se compQse de deux parties bien distinctes. La pre¬ 
mière partie, s’étendant des origines au début du rè¬ 
gne d’Édouard II, est une compilation sans originalité 
que je n’ai rencontrée en aucun autre ms. ; la suite est 
empruntée à la seconde rédaction du Brut , étudié ci- 
dessus au ch. in. Commencement : 

(Fol. 3 .) Plusures choses et ayentures qe ount esté avaunt ces 
houres sount hors de memoyre par enchesone q’ils ne furent mys 
en escript, dunt autres après poeynt aver esté enseniez. Et pur ceo 
vous voluns dire cornent Engleteçe, qe primes fut appellé Albyon, 
et pusBretaine, fut primes par le noble cumbatour Brute conquis; 
et nomement vous volons dire primes de quele nacionne cil descen¬ 
dit. Ore est a savoir quay en aunciens escripts est troré. Noé, de¬ 
vant qe chescune créature par la volonté et comaundment de Dieu 


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pur lour pecché fut annenti etdefet, estre les trois fis Noe, Sem, 

Cham et Japhet.(v°) . . . Devant la bataille de Troye. 

c’est a savoir .cccliiij. aunz devaunt que la cité de Rome fust foun- 
dée, c’est a dire devaunt la incarnacione nostre sengnur Jhesu Crist 
.Mccvij. aunz, cestÿ Enye oveson fitz Ascange, après la bataille de 
Troye, s’en fuyste, ove.xx. nefs, en la reaime de Italye, et en siglaynt 
ly fut dit en avysioune q’il alast au roy Evander. 


(Fol. 283 , v") Henry engendra : 


Edward. 


Margarette, I 
reine d'Ecos¬ 
se. 


Edmerond, 
comte de 
Leicestre 


Betrice, du¬ 
chesse de 
Bretaigne. 


Katerine 

virgine. 


Edward régna après son pere le roy Henry. U fust coronné roy 
de l’ercevesque de Cantuarbire, Robert de Kilwardbi, le .xiiij. 
kal. de décembre, l’an Jhesu Crist mil .cc. lxxiiij. 11 fust vailliant 

chevaler en armes et un des plus sageaguerreour du monde. 

(Fol. 3 il.) Edward de Caernavan. 

Icestuy Edward régna après le roy Edward son piere ; il fust fort 
homme, mes il ne fust pas si coragous en armes comme le roy Ed. 
son piere. Icestuy Ed., le xxij. jour de Janever, passa la mcer en 
Fraunce et vynt a Hostre-Dame de Boloigne ou le roy de Fraunce 
estoit, et illoek il esposa Isabele la fille le roy de Fraunce, et le 
.v. jour de feverer il revynt en Engleterre, et puys, le .xx. jour de 
feverer il fust coronné solempnement à Westmoustier, a Londres, de 
l’ercevesque de Cantuarbury, Robert de Wynchelse, ou la prese es¬ 
toit si graunt que S r . Joseph de Bakwell morout en ladite prese. 


Les derniers mots, depuis Robert y sont d’une autre 
écriture, qui a continué la copie jusqu’à la fin du vo¬ 
lume. A partir d’ici, le récit est celui de la deuxième 
rédaction du Brut, avec la division en chapitres : 

(Fol. 3 j i v°.) Cornent le roi Edward Jist revenir Per es de Gavestone 
hors de Gascoin et li jist counte de Cornewaille. .c’ c iiijxxviii. 

Cestu roi Edward, si tost com son pere fust mort, maunda pur 
Peres de Gavestone qe ert demorant en Gascoyne, et mainctenant 
lui dona Walyngford ou tote le honour, et lui tient si chere qu’i le 
apela son frere. 


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— 144 ~ 


La chronique se termine ainsi (fol. 335 v°, cf. Cleo- 
patra D. III, fol. 172 d , 173 a) : 

Mesmes le temps commune famé se leva en Engleterre par les 
frers prechours que sire Ed. de Carnarevan, que fadys ert roi d’En¬ 
gleterre fust en vie, par que la commune de la terre furent en 
awer 1 si ceo fust veritee ou none, car ils ne savoint donqes co¬ 
rnent le Mortimer traiterousement lui aveit fait occire par moer- 
dre. 

Suivent (fol. 336 - 43 ) des chapitres contenant les pro¬ 
phéties de Merlin qui, dans cet exemplaire, sont reje¬ 
tées à la fin de la chronique. Ils portent les numéros 
74-9, 160, 186. 


LISTE DES MANUSCRITS CITÉS 


Cambridge, Bibliothèque de l’Université, Ee. 1, 20. 111 , 4 

— — — Gg. 1, 1. I, 

- - - Gg. 1, i 5 . III, 2 

— Trinity Coll. R. 14,7. II, 

Dublin, > Trinity Coll. E. 2 ,33 . III, 2 

Londres, Musée britanique, Cotton, Domit. A. X.. III, 2, 3 

— - — Cleop. D. III. III, 5 , 6 

- - — Cleop. D. Vil. III, 2 

— — Old royal, 20, A. III. ïll 5 

- - — 20, A. XVIII. Append. III 

- - - 20, C. VI. II, 1 

— Harley, 200. III, 2 

— — 902.. . II, 2 

- - - 635 q. III, 2 

— Addit. 18402 (r art.). III, 5 

— — — — (2, art.). III, 2 

- - Lincoln’s Inn LXXXIII. III, 5 

— Record Office. .. II, 1 


j. Cleop. D III : furent engrant poure si ce/uist voirs. 


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- 145 — 


Oxford, Bodleienne, Tanner, ig 5 .*... II, i 

— — Douce, 120.Append. II, 

— Corpus Chr. — 78..Append. I. 

— - - - 2 9 3 . III, 2 

Paris, Bibliothèque nationale, fr 12(55.. . III, 5 

— — — I 2 i 56 .. III, 2 

— — — 14640. III, 1 

Paul Meyer. 


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TABLE DES MATIÈRES 


DU BULLETIN 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 

POUR L’ANNÉE 1878 


Statuts. i 

Règlement. 5 

Liste des membres de la Société au i #r mars 1878. 9 

Liste des membres du Conseil d’administration. 35 

Procès-verbaux des séances. 36 , 69, 101 

Discours de M. H. Michelant, président. 7 3 

Rapport de M. P. Meyer, secrétaire. . 81 

Rapport de M. le baron de Rothschild, trésorier. 90 

Notice du ms. F. 149 de la Bibliothèque nationale de Madrid, 

par M. P. Meyer. 38 

Notice du ms. Fr. 2039 de la Bibliothèque nationale de 

Paris, par M. P. Meyer. 60 

De quelques chroniques anglo-normandes qui ont porté le 
nom de Brut, par M. P. Meyer. . 104 


Le Puy, typographie Marchessou fils, boulevard Saint-Laurent, ai 


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